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R&D : Novartis ouvre son premier centre en Chine

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A partir de 2008, ce site hébergera 400 chercheurs qui travailleront sur les causes infectieuses des cancers, notamment du foie.
Novartis va investir près de 100 millions de dollars (80 M€) dans un centre de recherche et de développement à Shanghai, en Chine. Dédié dans un premier temps à l'étude des virus oncogènes – notamment sur les hépatites virales et les cancers du foie –, il emploiera quelque 400 chercheurs qui seront recrutés sur place d'ici à 2008, date de son ouverture. Ils commenceront à travailler dans un centre temporaire de 5000 m2, puis sur un site de 38000 m2, dont la construction débutera en juillet 2007. Mark Fishmann, responsable de la recherche du groupe, a déclaré, lors de l'annonce du projet, qu'il s'attendait à « un retour massif des scientifiques chinois qui ont étudié et résident actuellement à l'étranger ». En Li, chercheur chinois travaillant actuellement chez Novartis à Boston, donnera l'exemple, en prenant la direction du nouveau centre de R&D. Le groupe va ainsi profiter de coûts de R&D réduits et renforcer sa présence sur un marché dans lequel il a enregistré une croissance moyenne de ses ventes de 30 % en cinq ans. Selon le patron de Novartis, Daniel Vasella, ce centre « combinera les méthodes de recherche habituelles avec celles de la médecine traditionnelle chinoise ». Si Novartis a décidé d'axer les travaux de ses chercheurs chinois sur les causes infectieuses des cancers, c'est notamment parce que la Chine est le pays le plus touché au Monde par l'hépatite B. Cette maladie touche près de 130 millions de personnes et cause 300000 décès par an dans ce pays. « Le niveau d'expertise scientifique en Chine progresse rapidement. En même temps, les besoins en matière de santé grandissent », a précisé Daniel Vasella. Mais au-delà de cet objectif scientifique, le laboratoire veut aussi préparer son expansion sur le marché domestique. Selon IMS Health, il s'élevait en 2005 à 11,7 Mrds $ (9 Mrds €), et devrait doubler d'ici à 2010 pour atteindre 25 Mrds $ (19 Mrds €), d'après Boston Consulting. Avec ce centre, Novartis suivrait les traces des quelques autres laboratoires qui ont décidé de se doter d'un centre de recherche dans le pays. Novo Nordisk en 2002, puis Roche en 2004, ce dernier possède le plus grand site du pays, ainsi qu'Eli Lilly et Pfizer, ont déjà ouvert des centres. AstraZeneca a annoncé en mai dernier qu'il prévoyait d'en ouvrir un pour 100 M$ (80 M€). Par ailleurs, c'est aussi un moyen d'inciter le gouvernement chinois à continuer ses efforts pour le respect de la propriété intellectuelle, l'un des principaux obstacles à l'investissement massif des laboratoires occidentaux dans le pays. Pour Novartis, « ce centre témoigne de notre volonté de faire confiance au gouvernement et à nos associés, notamment sur le respect de la propriété intellectuelle », a affirmé Daniel Vasella. La Chine a dernièrement fait preuve de bonne volonté pour rassurer les investisseurs. La SFDA, l'entité qui régit les autorisations de mise sur le marché des médicaments depuis 1998, vient de lancer un plan sur six ans pour renforcer le système de réglementation et lutter contre la contrefaçon. Les 38 groupes pharmaceutiques opérant en Chine ont également lancé une campagne pour encadrer plus strictement les acteurs du secteur et augmenter la transparence du marché. La tâche s'avère complexe, dans un pays où la majorité des 4000 fabricants de médicaments appartient à l'Etat et où 95 % d'entre eux produisent des génériques. « Dans les cinq ou dix années à venir, les sociétés pharmaceutiques chinoises devraient arriver à maturité. Elles manquent pour l'instant d'expertise légale et de projets d'envergure mondiale », estime Yiyou Chen, directeur scientifique et cofondateur de Starvax, une société de biotechnologie chinoise créée en 2003.

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