Nous suivre Industrie Pharma

R&D : Servier se recentre sur 5 axes majeurs pour innover

Hélène Bour

Sujets relatifs :

, ,

À l'occasion de sa conférence annuelle, Servier a présenté ses programmes de Recherche et Développement pour les années à venir. Le groupe se concentre sur 5 domaines thérapeutiques et mise sur des partenariats pour accélérer ses différents projets.

Avoir moins de projets de recherche pour mieux les mener à terme. Telle est, en substance, la nouvelle stratégie de R&D du groupe pharmaceutique français Servier, dévoilée lors de sa conférence annuelle, le 1er décembre 2016. Considérant que les résultats des essais cliniques n'étaient pas suffisants en termes d'efficacité, le groupe a abandonné certains projets de recherche très ciblés, notamment sur le cancer du sein (inhibiteur de kinases), pour se focaliser sur cinq grands axes que sont les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers, les maladies immuno-inflammatoires et les maladies neurodégénératives. À l'heure actuelle, Servier, qui consacre 25 % de son chiffre d'affaires de 4 milliards d'euros à la R&D, possède 23 candidats-médicaments en développement clinique, dont 17 nouvelles entités moléculaires (NEM), réparties dans ces cinq domaines thérapeutiques. Chaque domaine comprend également un nombre limité de processus biologiques étudiés, pour « agréger les compétences » et « focaliser les expertises », notent Emmanuel Canet, vice-président exécutif de la R&D de Servier et Éric Falcand, vice-président Business Development et licensing. Ainsi, par exemple, dans le domaine des maladies cardiovasculaires, Servier a choisi de se focaliser uniquement sur l'insuffisance cardiaque et sur les approches physiopathologiques et régénératives. Dans le domaine neurologique, Servier met fin à sa recherche sur la psychiatrie pour se concentrer sur les maladies neurodégénératives dites « protéinopathiques » comme Alzheimer, Parkinson et la sclérose en plaques. Concrètement, le groupe pharmaceutique possède actuellement neuf nouvelles entités moléculaires en phase I, cinq en phase II et trois en phase III. Et sur ces 17 NEM, huit concernent l'oncologie, trois les maladies cardiovasculaires, trois les maladies neurodégénératives, deux les maladies immuno-inflammatoires et une le diabète.

Une stratégie de partenariats gagnant gagnant

Et pour arriver à une mise sur le marché rapide de ces différents candidats-médicaments, le groupe parie sur un important réseau de partenariats. « Aujourd'hui, pour répondre aux besoins de spécialisation, d'innovation et de rapidité de mise sur le marché de nouveaux médicaments, plus aucun laboratoire ne peut faire cavalier seul », assure Servier. « Il n'est plus possible, étant donné la complexité et l'évolution rapides des domaines comme l'oncologie ou les maladies neurodégénératives, de maîtriser seul l'ensemble des connaissances récentes et des technologies. » L'accent est donc mis sur la collaboration et la coparticipation aux différentes étapes du développement, ce qui permet, outre le fait d'accélérer le développement, de partager les compétences et de mutualiser les risques entre partenaires. Servier a ainsi noué une quarantaine de partenariats à travers le monde, notamment avec Amgen, Pfizer, Novartis, Cellectis, Intarcia, mais aussi avec des start-up et des biotechs plus petites. Servier, qui n'est pas présent au niveau commercial aux États-Unis et au Japon, préfère pour l'instant passer par ces partenariats plutôt que de s'y implanter, même s'il avoue être en réflexion sur ce point. Car son absence dans ces deux pays est pour l'instant plutôt un atout, qui lui permet de nouer des alliances importantes à l'international, en leur accordant les droits commerciaux sur ces marchés clés. C'est par exemple ce que Servier a fait avec l'ivabradine, un médicament contre l'insuffisance cardiaque dont les droits commerciaux aux États-Unis ont été cédés à Amgen. À terme, Servier se fixe pour objectifs d'enregistrer une nouvelle entité moléculaire tous les trois ans, et d'être en capacité de lancer tous les ans une dizaine de programmes de recherche. Un but ambitieux, mais le groupe estime avoir les atouts pour y parvenir. Il met ainsi en avant la réactivité de sa gouvernance, placée dans la Fondation Servier, l'ampleur de son réseau de collaboration et de son équipe de R&D constituée de 2 200 collaborateurs de par le monde.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition  »

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition »

Créateur du Genopole d'Evry, qu'il a dirigé de 1998 à 2017, Pierre Tambourin nous livre ses réflexions sur l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans la traitement du Covid-19. La pandémie de[…]

27/03/2020 | Coronavirus
Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Bioproduction : Les propositions du Leem pour renforcer la filière

Bioproduction : Les propositions du Leem pour renforcer la filière

Plus d'articles