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Patrick Hibon de Frohen : Quelles interactions des perturbateurs endocriniens avec les médicaments ?

La rédaction

La chronique de Patrick Hibon de Frohen.

Nous devons reconnaître que les lobbyings de l'agro-alimentaire et de la grande distribution sont bien plus puissants que celui de l'industrie pharmaceutique. Et ce, bien que le ministère de l'Économie ait annoncé récemment avoir assigné le distributeur Carrefour devant le tribunal de commerce de Paris pour des pratiques commerciales présumées « illicites ». Mais il s'agit là de pratiques et non de la nature même des substances chimiques qui envahissent nos aliments et qui posent problème.

La Commission européenne a en effet échoué pour la troisième fois à mettre d'accord les États membres de l'UE sur la définition à donner aux perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques présentes notamment dans les pesticides, les cosmétiques ou encore les matières plastiques, et susceptibles de modifier notre système hormonal. Et on peut rajouter à la liste : colorants, édulcorants, conservateurs, insecticides, herbicides, OGM, additifs alimentaires, etc. qui se cachent la plupart du temps sous des codes du type E suivis d'un chiffre. Il est largement admis que ces produits s'accumulent durablement, voire définitivement dans notre organisme, comme vient de le montrer une étude récente qui a analysé les phanères de sujets témoins.

 

Et pourquoi pas une fusion ANSM et ANSES ?

 

Alors on est en droit de se poser la question de savoir si toutes ces substances présentent ou non des incompatibilités, des synergies néfastes, des interactions, voire des contre-indications avec les médicaments que nous prenons pour telle ou telle pathologie. Il est indéniable de penser que si notre système endocrinien est perturbé par des substances chimiques présentes dans notre alimentation, cela impacte forcément les actions des médicaments que nous prenons. Or à ma connaissance, aucune enquête scientifique n'a, à ce jour, abordé cette question cruciale. Et jusqu'à preuve du contraire, si le dicton dit que « l'on creuse sa tombe avec ses dents », il n'en est pas de même avec les médicaments qui eux, bien que présentant des effets secondaires trop souvent décriés, alors que l'on devrait s'appuyer uniquement sur le rapport « bénéfice/risque », sont là pour prévenir ou soigner. A contrario et à titre d'exemple, des sujets dits allergiques au gluten ne le sont plus dès qu'ils absorbent des aliments dépourvus de tout « additif ». Curieux non ? Ne serait-ce pas plutôt des allergies ou des intolérances à ces diverses substances chimiques ? Au lieu d'incriminer systématiquement, voire uniquement, les médicaments, il serait judicieux d'étudier scientifiquement et médicalement les impacts de ces substances présentes dans notre alimentation quotidienne et leurs interactions avec les médicaments. À quand une fusion ANSM et ANSES, type FDA ?

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