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Quelle prévention des risques pour les entreprises de la santé ?

PROPOS RECUEILLIS PAR SYLVIE LATIEULE

CHIFFRES CLÉS DE BIOMÉRIEUX

- 1,427 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2011

Diagnostic clinique : 82 % du chiffre d'affaires

Microbiologie industrielle : 18 % du chiffre d'affaires

- EMOA (Europe, Moyen-Orient, Afrique): 53 %, Amérique du Nord : 22 %, Amérique latine : 9 %, Asie Pacifique : 16 %

- 7 000 collaborateurs (salariés en équivalent temps plein, au 31/12/2011)

- 87 % du chiffre d'affaires réalisés à l'international

- Présence dans plus de 150 pays au travers de 39 filiales

- 21 sites de production

- 16 sites de R&D (plus de 1 000 collaborateurs)

- 15 000 clients formés chaque année localement et dans les centres de formation de bioMérieux partout dans le monde (France, États-Unis, Brésil, Chine...

Quelle prévention des risques pour les entreprises de la santé ?

BERTRAND GIBERT, RESPONSABLE HSE CORPORATE EMEA.

© © BioMérieux

Avant de produire des tests de diagnostic in vitro pour le secteur de la santé, bioMérieux est une entreprise industrielle soumise aux mêmes risques que l'industrie en général. S'ajoutent néanmoins des contraintes liées à la manipulation de substances chimiques et biologiques. Détails avec Bertrand Gibert, responsable HSE Corporate - EMEA.

Industrie Pharma : Quels types de risque de nature à mettre en danger la santé ou la sécurité des salariés rencontre-t-on sur un site pharmaceutique ?

Bertrand Gibert : bioMérieux n'est pas un industriel de la pharmacie classique dans la mesure où nous ne produisons pas de médicaments. En revanche, nous sommes spécialisés dans le diagnostic in vitro, ce qui nous amène à manipuler un ensemble de substances chimiques ou biologiques qui entrent dans la composition de nos réactifs. Nous produisons en parallèle des solutions automatisées pour le diagnostic (instruments et logiciels). Pour ce qui est des risques encourus, nous rencontrons les mêmes problématiques que l'industrie en général. Des opérations manuelles, avec ou sans utilisation d'outils, peuvent entraîner des blessures. On assiste aussi à des chutes de plein pied. Nos statistiques en matière d'accidentologie sont très proches de celles de l'industrie en général. Néanmoins, la manipulation de substances chimiques ou biologiques nous impose une vigilance toute particulière et la mise en place d'actions de prévention le plus en amont possible pour sécuriser nos activités.

 

Comment travaillez-vous pour prévenir ces risques chimiques et biologiques ?

B. G. : Notre démarche est classique. Nous disposons d'un inventaire de toutes les substances entrant dans la composition de nos produits. Ces substances sont classées par dangerosité et nous appliquons les différentes réglementations auxquelles elles peuvent être soumises : directive Reach, règlement CLP, classification des produits biologiques. Pour les substances les plus à risque, nous essayons systématiquement de recourir à la substitution. Si cela n'est pas possible, nous mettons en place des mesures de protection collective, telles que des hottes ou des systèmes d'aération. Et si cela ne suffit pas, nous utilisons des équipements de protection individuelle, avec des ports de gants, de lunettes ou de masques faciaux. Et dans ce domaine, nous sommes bien armés. Par ailleurs, nous suivons de près les réglementations qui évoluent sans cesse. Ceci nous amène à réévaluer régulièrement le risque au niveau des postes de travail. Au-delà de la prévention de risques aigus de contamination, nous travaillons sur d'éventuels risques chroniques qui seraient liés à une exposition répétée à certaines substances. Pour cela, nos collaborateurs font l'objet d'une surveillance médicale régulière et réglementaire. Nous disposons d'ailleurs d'un service médical qui travaille en étroite collaboration avec le service HSE.

 

Est-ce que votre service HSE joue un rôle important dans l'élaboration de nouveaux projets ?

B. G. : Notre stratégie est de faire intervenir le plus en amont possible les services HSE dans la réalisation d'un nouveau projet, afin d'évaluer très tôt les risques et de mettre en place les mesures de prévention adéquates. Il faut veiller à protéger l'homme au niveau de son poste de travail, mais en même temps il faut protéger l'environnement des activités industrielles que l'on va mener. De ce fait, nous prévenons les risques dès la conception de tout nouveau projet. Cela demande beaucoup de travail, mais nous capitalisons chaque fois sur notre expérience.

 

Ces dernières années, le risque TMS a fait beaucoup parler de lui. Est-ce une problématique que l'on peut rencontrer chez bioMérieux ?

B. G. : Le risque TMS (pour troubles musculo-squelettiques, ndlr) est un des paramètres à étudier le plus en amont possible. Les postures, les gestes répétitifs, les manutentions peuvent entraîner des troubles musculo-squelettiques. C'est notamment le cas au niveau des postes d'emballages qui font l'objet d'études très fines. Dans le cas de l'implantation de nouvelles lignes, nous avons souvent recourt à des ergonomes extérieurs pour évaluer ces risques et mieux concevoir les postes de travail et les flux de produits. Encore une fois, si un risque de TMS est avéré, la démarche de prévention la plus simple consiste à supprimer le risque pour qu'aucune personne ne soit exposée. Si ce n'est pas possible, on peut chercher à automatiser les opérations ou encore à aménager les postes de travail et les gestes des opérateurs.

 

Le thème du stress au travail est apparu plus récemment. Est-ce que vous vous intéressez à ce sujet ?

B. G. : C'est un thème qui est discuté depuis longtemps avec chaque employé dans le cadre du suivi médical. Mais ce qu'il y a de nouveau, c'est que l'on voit émerger des réglementations sur le thème du stress au travail. Nous suivons de près ces débats et en discutons en interne avec les partenaires sociaux.

 

Quelle est votre organisation en matière de santé et sécurité au travail ?

B. G. : Le groupe bioMérieux est doté d'un service central HSE basé à Marcy-l'Étoile. Il est chargé de définir et de déployer la politique de prévention des risques pour l'ensemble du groupe. Pour cela, au niveau des 21 sites industriels, des correspondants assurent le relai dans le cadre de comités de pilotage HSE. Ces comités se réunissent régulièrement pour faire le point. Pour définir leurs actions, ils s'appuient sur le document unique qui transcrit les résultats de l'évaluation des risques et liste les solutions à mettre en œuvre. Les évolutions sont mesurées à l'aide d'indicateurs classiques tels que le taux de fréquence des accidents avec ou sans arrêt de travail. Mais nous nous appuyons aussi sur d'autres indicateurs, par exemple le « near miss » (presque accident, ndlr), qui rapporte le taux de situations dangereuses que l'on a réussi à éviter par la vigilance des collaborateurs. Cela peut être une chose mineure, comme un simple nid de poule dans une allée qui va être signalé pour ne pas entraîner une glissade, voire une entorse. L'avantage de cette méthode est qu'elle permet de créer un engagement au niveau de tous en matière de prévention du risque sur un site.

 

Avez-vous des programmes de formation particuliers pour sensibiliser vos collaborateurs aux problématiques HSE ?

B. G. : Pour chaque nouvel arrivant, nous avons un module de formation sur les procédures et consignes de sécurité au poste de travail. La formation est certes plus approfondie pour les opérateurs de production que pour les personnels administratifs, mais tous suivent le même processus.

 

Peut-on pour autant parler d'homogénéité en matière de HSE lorsqu'un groupe opère sur plusieurs continents ?

B. G. : Justement, au plan mondial, l'objectif du service central HSE est de diffuser les programmes et d'homogénéiser les bonnes pratiques pour permettre de supprimer certains risques partout dans le monde. En Europe, tous les pays se ressemblent car tous sont régis par les réglementations édictées par Bruxelles. Ailleurs dans le monde, ce qui peut changer, c'est le suivi des autorités au niveau local, qui est plus ou moins strict. Dans ce cas, nous veillons à répondre aux politiques locales, mais nous nous efforçons d'appliquer également les standards bioMérieux. La politique HSE de la société s'inscrit dans notre politique globale d'entreprise. La direction HSE est rattachée au directeur des opérations industrielles, qui rapporte directement au Président-Directeur Général. D'ailleurs, nos indicateurs santé/sécurité sont examinés tous les mois au niveau du Comité de Direction.

 

« Homogénéiser les pratiques partout dans le monde. »

 

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PROFIL DE BIOMÉRIEUX

Acteur mondial dans le domaine du diagnostic in vitro depuis plus de 45 ans, bioMérieux offre des solutions de diagnostic (réactifs, instruments et logiciels) qui déterminent la source d'une maladie ou d'une contamination pour améliorer la santé des patients et assurer la sécurité des consommateurs. Pour les applications de diagnostic clinique, la stratégie de la société repose principalement sur les maladies infectieuses, ainsi que sur les tests à forte valeur médicale pour les cancers, les maladies cardio-vasculaires, les tests réalisés « au chevet du patient » (Point of Care) et le théranostic (thérapeutique + diagnostic). En microbiologie industrielle, bioMérieux propose aux industries agroalimentaires et biopharmaceutiques des solutions pour le dénom brement de la flore microbienne, la détection de bactéries pathogènes spécifiques, le contrôle de la qualité de l'air et des surfaces et les tests de stérilité.

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