Nous suivre Industrie Pharma

Quatre biomarqueurs pour prédire un risque de mort prématurée

Aurélie Dureuil
Quatre biomarqueurs pour prédire un risque de mort prématurée

Mieux qu'une boule de cristal. Des chercheurs estoniens ont identifié quatre protéines dont le niveau de présence dans le sang donne une prédiction sur le risque élevé de mortalité. L'étude menée sur deux cohortes, estonienne et finlandaise, ouvre des perspectives de recherche sur l'implication de ces quatre biomarqueurs dans l'incidence de maladies.

Difficile de parler de « quarté gagnant ». Et pourtant, il s'agit bien d'une combinaison cruciale de quatre biomarqueurs dans la prédiction du risque de mortalité à court terme. Des chercheurs estoniens ont en effet établi un lien entre l'expression de quatre biomarqueurs spécifiques et la capacité à prévoir un risque de mort dans les cinq années suivantes. Le but initial des recherches visait à « étudier l'association entre des données du génome et d'autres biomarqueurs de maladies humaines pour soutenir la progression de la médecine personnalisée », selon Krista Fischer, chercheuse senior au Centre estonien du génome de l'université de Tartu (Estonie) et auteure de l'article paru dans PLOS Medicine. Les chercheurs ont d'abord quantifié par spectroscopie à résonnance magnétique nucléaire (RMN) 106 biomarqueurs dans le sang sur la cohorte Estonian Biobank. Cette cohorte comportait plus de 9 800 personnes âgées de 18 à 103 ans. Durant les cinq ans et demi de suivi, 508 personnes sont décédées. Quatre biomarqueurs se sont détachés du lot. Les chercheurs ont alors analysé les données du Finnish Institute for Molecular Medicine qui disposait de données sur ces biomarqueurs pour une cohorte de personnes équivalente (7 500 personnes, 176 morts durant les cinq ans de l'étude). Là aussi, les mêmes quatre biomarqueurs sont pointés du doigt par les chercheurs. Il s'agit du plasma albumine, l'alpha-1-acide glycoprotéine, la lipoprotéine de très basse densité (VLDL) et le citrate. « Leur niveau était étonnamment fort. Dans la cohorte Estonian Biobank, il était plus fort que tout le reste, même les facteurs de diagnostic de cancer », indique Krista Fischer.

La population de la cohorte a été répartie en cinq groupes en fonction de leurs résultats de concentration de ces biomarqueurs. « La mortalité dans les cinq ans était 20 fois plus élevée dans le groupe avec le niveau le plus élevé par rapport au quintile avec celui le plus bas ». Ainsi, les individus avec la plus forte concentration de ces quatre protéines ont 20 fois plus de risque de mourir dans les cinq ans à venir que ceux avec la concentration la plus faible. Dans la cohorte estonienne, 20 % des individus dans le groupe avec les plus hauts niveaux sont décédés au cours des cinq ans. Les chercheurs ont néanmoins tempéré ces résultats en retirant de leur panel « tous les individus avec une maladie chronique existante sérieuse ». Les résultats sont alors moins marqués. Néanmoins, la différence entre les deux groupes des extrémités reste encore à une occurrence de mortalité prématurée de 8 à 9 fois plus élevée pour les individus avec l'expression génique de ces quatre biomarqueurs la plus forte. Et sur ces quatre biomarqueurs, deux semblent jouer un rôle plus important encore. « Les deux biomarqueurs les plus forts pour prédire le risque sont le plasma albumine et l'alpha-1-acide glycoprotéine, tandis que les deux autres, la lipoprotéine de très basse densité (VLDL) et le citrate, renforcent la prédiction seulement quand les deux premiers sont pris en compte », détaille Krista Fischer. Elle note par ailleurs que « ces biomarqueurs ont un pouvoir similaire de prédiction quelle que soit la cause du décès (cancer, maladie cardiovasculaire ou autres maladies) ». Sur les 508 décès de la cohorte estonienne, 241 étaient dus à des maladies cardiovasculaires, 151 à des cancers, 74 d'autres maladies, 28 de causes extérieures et 14 de causes inconnues. Tandis que pour la cohorte finlandaise, sur les 176 morts durant la période, 51 l'ont été de maladies cardiovasculaires, 68 de cancers, 49 d'autres maladies, et 8 de causes extérieures.

Si l'équipe estonienne a identifié ces quatre biomarqueurs, les recherches doivent maintenant se poursuivre. L'équipe de Krista Fischer continue le suivi des individus à haut risque en fonction de leur niveau de biomarqueurs afin de « comprendre quelles sont les conditions de santé sous-jacentes qui causent de telles valeurs extrêmes dans les biomarqueurs », indique la chercheuse. Elle suggère également de réaliser des études sur ces biomarqueurs « pour comprendre les voies réelles menant à des maladies mortelles. Cela pourrait conduire à de meilleures mesures de diagnostic et potentiellement aussi à des traitements plus efficaces ». Si quatre biomarqueurs ont été identifiés, leur relation avec des maladies mortelles doit encore être étudiée pour permettre un diagnostic fiable et précis et donc un traitement adapté...

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Un gel fait passer la culture de neurones à la 3D

Un gel fait passer la culture de neurones à la 3D

Une équipe du CNRS et de l'Inserm a développé un gel facilitant la culture cellulaire des neurones. Une découverte qui pourrait ouvrir de nouvelles voies de recherche, jusqu'à présent[…]

09/07/2018 | NeurologieCellules souches
La start-up qui veut réparer l'oreille cassée

La start-up qui veut réparer l'oreille cassée

Au coeur des sites d'Amgen en Nouvelle-Angleterre

Au coeur des sites d'Amgen en Nouvelle-Angleterre

Comment un simple polymère aide à réparer le vivant

Comment un simple polymère aide à réparer le vivant

Plus d'articles