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Proconseil : Libérez le libre arbitre !

La rédaction

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Les chroniques de Gilbert Lippmann - président de Proconseil

« La liberté de l'homme consiste dans son pouvoir d'agir », nous disait Voltaire en 1766 dans « Le philosophe ignorant ». À l'aune de cette citation, peut-on approcher de plus près notre représentation des organisations responsabilisantes ?

Lorsque ce directeur de centre de profit d'environ 1 000 personnes m'appelle, c'est pour me dire qu'il est surpris d'un paradoxe qu'il ne sait pas décrypter. D'un côté, ses équipes de terrain sont particulièrement autonomes et prennent en charge de très nombreux sujets. De l'autre, et sur des points un peu plus lourds de conséquence ou sortant de l'habitude, la décision semble lui revenir, à lui qui est le plus loin du terrain et se sent le moins à même de décider. Un diagnostic s'impose...

Au premier abord, les équipes semblent en effet très autonomes car traitent beaucoup de sujets échappant habituellement au seul processus opératoire. Mais en me rapprochant de la réalité, je constate que cette autonomie provient d'un ensemble de règles très strictes encadrant chacune de leurs actions. Les décisions apparemment prises par les équipes sont donc issues de l'application directe de standards dictant la conduite à tenir à tout moment « au cas où ...» et détaillant chacun des faits et gestes à réaliser.... En un mot, en lieu et place de l'autonomie, les règles ont totalement instrumentalisé les acteurs.

Je découvre, par ailleurs, que certaines d'entre elles, a priori sans raison objective, ne sont pas les mêmes d'une équipe à l'autre. Elles y sont pourtant strictement respectées dans chacune. Et quand un salarié passe d'une équipe à l'autre, il applique alors les règles de son nouveau port d'attache. Creusant un peu plus le sujet, je m'aperçois même que certaines règles semblent n'avoir aucun intérêt concret pour le travail à effectuer. Elles proviennent d'une culture du « tout-standard », privant « de facto » les salariés du besoin de réfléchir ensemble. La confrontation des positions, l'esprit critique nécessaire à l'amélioration et à l'invention, donc à la responsabilisation, ont ainsi très largement disparu de ce lieu de vie.

Revenons à Voltaire. Avoir le « pouvoir d'agir », comme il nous dit, consiste bien, devant une alternative, à pouvoir exercer un libre choix, à le transformer en décision et à agir ensuite dans ce sens en assumant les conséquences. Une explication qui ne nie pas pour autant le besoin de règles, bien évidemment nécessaires pour fixer le cadre, poser l'interdit ou limiter les risques. Comment pourrions-nous en effet, dans un autre contexte, être par exemple Citoyens, sans une législation d'État ?... Mais les lois ne nous disent pas comment agir, et c'est ce qui nous rend « Hommes ».

Dans l'entreprise, nos systèmes d'Assurance qualité et nos démarches Lean génèrent, quant à eux, avec insistance pléthore de standards, d'instructions, de procédures. Loin de moi l'idée de vouloir supprimer toutes ces règles, mais leur confrontation avec la notion de responsabilité nous impose de redéfinir l'espace de liberté nécessaire pour permettre aux salariés de grandir et de s'épanouir.

Pour développer des comportements responsables au sein de vos équipes, ne craignez donc pas de faire appel à l'intelligence et au libre arbitre et libérez-vous de « trop » de règles.

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