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Prix Nobel 2008 : Des chercheurs français à l'honneur

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Les prix Nobel de Médecine font honneur à des découvreurs de souches virales dont la caractérisation a abouti à un vaccin dans un cas et à des traitements dans l'autre.
Les prix Nobel de Médecine font honneur à des découvreurs de souches virales dont la caractérisation a abouti à un vaccin dans un cas et à des traitements dans l'autre. Le premier fait référence au vaccin prophylactique des souches de papillomavirus humain (HPV) corrélées au cancer du col de l'utérus, le second au virus de l'immunodéficience humaine (VIH), cible de plusieurs thérapies développées en un temps record. Le prix Nobel de chimie, lui, récompense le découvreur d'une protéine fluorescente devenue incontournable pour la science moderne. Le prix Nobel de médecine place la recherche française sous les feux de la rampe. Alors que la pandémie de Sida est loin d'être circonscrite et que les développements de vaccins se soldent par des échecs, la souche virale est connue depuis 1984. Et les découvreurs sont désormais sans conteste Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier. Le syndrome de l'immunodéficience acquise (Sida) démunit les médecins quand il apparaît en 1981. S'engagent alors des travaux pour identifier l'origine de ce Sida. Sans se perdre dans les détails, les recherches de Françoise Barré-Sinoussi et de Luc Montagnier ont commencé par la mise en culture les cellules d'un ganglion lymphatique caractéristique des étapes précoces de la déficience acquise. Ils ont ensuite détecté l'activité d'une enzyme rétrovirale, la transcriptase inverse, signe de la réplication d'un rétrovirus. Vient ensuite une foultitude de découvertes sur le mécanisme d'action de ce virus, notamment sur ce qui fait sa grande particularité. Contrairement à d'autres rétrovirus humains oncogéniques, le virus de l'immunodéficience humaine n'induit pas de croissance cellulaire incontrôlée. Il a plutôt besoin d'une activation cellulaire pour la réplication de lymphocytes T, sa cible préférée qui explique la déficience du système immunitaire. D'autres publications ont conforté la découverte française, en faisant le lien entre le virus de l'immunodéficience et le syndrome de l'immunodéficience acquise. Le clonage du génome de la souche HIV-1 a accéléré les possibilités de diagnostic puis de dépistage qui sont des outils indispensables pour contrôler l'expansion de la pandémie. Le développement de plusieurs classes d'anti-rétroviraux aura été atypique en recherche biomédicale. Ces médicaments développés très rapidement offrent aujourd'hui aux patients de vieillir avec la maladie. Malheureusement, les efforts dans le domaine restent colossaux, en terme de prise en charge d'accès aux traitements pour les patients des pays pauvres mais aussi en recherche. Le plus grand espoir repose sur la mise au point d'un vaccin. Une gageure, semble-t-il. Le prix Nobel récompense également le découvreur des souches de papillomavirus à l'origine du cancer cervical, l'Allemand Harald zur Hausen. Ces dernières années, ces virus sont sortis de l'anonymat. Deux laboratoires pharmaceutiques ont commercialisé des vaccins efficaces contre les souches virales associées au cancer du col de l'utérus. Au cours de ces recherches, Harald zur Hausen est allé à contre-courant de ce qui était admis à l'époque. Il a suivi l'hypothèse selon laquelle des souches oncogéniques de ce virus étaient à l'origine du cancer. Il a recherché les ADN des souches virales et ainsi pu démontrer qu'il existait une diversité de souches de papillomavirus (plus d'une centaine), dont certaines étaient associées au cancer. En étudiant des biopsies de cancers cervicaux, il a identifié les souches 16 et 18, corrélées à plus de 70 % des cancers, en 1983. Cela a conduit à la caractérisation de l'histoire naturelle de l'infection et à la compréhension des mécanismes de la carcinogenèse induite par le HPV. Aujourd'hui, deux vaccins prophylactiques existent. Des vaccins thérapeutiques sont en développement. Une protéine fluorescente omniprésente Cette année, le prix de Nobel de chimie a été attribué aux Américains Roger Tsien et Martin Chalfie, ainsi qu'au Japonais Osamu Shimomura. Ils sont à l'origine de la découverte d'une protéine fluorescente issue de méduses et aujourd'hui utilisée comme biomarqueur dans la détection de tumeurs cancéreuses, par exemple. C'est l'une des protéines les plus utilisées en recherche. Par exemple, elle a permis aux chercheurs de comprendre le développement de cellules nerveuses dans le cerveau ou encore la prolifération de cellules cancéreuses. Ce marqueur permet de suivre les mouvements, les positions et les interactions des protéines labellisées, visualiser les dommages engendrés par la maladie d'Alzheimer ou suivre la formation de cellules sécrétrices d'insuline dans le pancréas d'un embryon. Osamu Shimomura a été le premier à isoler la protéine de la méduse qui vit au large de la côte ouest d'Amérique du Nord. Il a découvert qu'elle s'illuminait en vert sous ultra-violets ; Martin Chalfie a, quant à lui, démontré l'intérêt de cette protéine comme un marqueur génétique de divers phénomènes biologiques. Au cours de ses premiers travaux, il a réussi à colorer six cellules individuelles du vers Caenorhabditis elegans. Les recherches de Roger Tsien ont permis de comprendre comment la protéine fluorescait. Il a aussi élargi la palette de couleurs possibles avec cette protéine, ce qui permet aux chercheurs d'attribuer des couleurs différentes aux cellules et aux protéines. Une prouesse qui autorise le suivi de plusieurs mécanismes biologiques concomitants. N.T.

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