Nous suivre Industrie Pharma

Prédire le succès des FIV

Aurélie Dureuil

Sujets relatifs :

, ,

Une équipe Inserm du CHU de Montpellier a identifié des biomarqueurs qui pourraient permettre d'améliorer les taux de succès des FIV. Un diagnostic rapide et peu coûteux permet de choisir l'ovocyte à fort potentiel et le bon moment pour implanter l'embryon.

« Faire moins de tentatives mais avec un taux de succès bien meilleur », c'est ce vers quoi tendent les recherches menées par Samir Hamamah, chef de service de Fécondation in vitro à l'hôpital Arnaud de Villeneuve de Montpellier et directeur de l'unité Inserm Développement embryonnaire humain précoce et pluripotence. Son équipe a identifié un biomarqueur qui pourrait permettre de mieux prédire les chances de succès de la fécondation in vitro (FIV). Une avancée importante pour les couples qui font aujourd'hui appel à la médecine. « Un couple sur six a besoin d'aide médicale pour faire un enfant », rappelle Samir Hamamah. Et cette aide médicale à la procréation s'appuie sur plusieurs techniques dont la FIV. Si cette technique repose sur la rencontre en laboratoire entre l'ovule et le spermatozoïde, elle implique différentes étapes pour le couple. Tout en sachant que le taux de succès est relativement bas. « En France, il faut environ 3 tentatives de FIV pour aboutir à une naissance vivante. Aujourd'hui, le taux de naissances vivantes par tentative est de l'ordre de 20 % », signale Samir Hamamah. Avec l'aide du biomarqueur identifié par son équipe, ce taux pourrait être porté à 88 % selon le directeur de recherche.

Dès le début d'un processus de FIV, il faut mettre en place un traitement hormonal afin de stimuler les follicules et ainsi réaliser un prélèvement. Samir Hamamah détaille : « Dans le cadre d'une FIV, nous n'utilisons pas le cycle menstruel naturel des femmes. Le cycle est induit par un traitement médical ». Et avant de commencer ce traitement, l'idéal serait de savoir si c'est le bon moment pour stimuler le cycle menstruel. Un des biomarqueurs identifiés par les chercheurs de l'Inserm porte sur cette étape de la FIV. « Il va nous permettre de choisir le ou les cycles auxquels on sait que la femme va le mieux répondre », précise le directeur de recherche. Ce biomarqueur repose sur l'ADN libre, que l'on trouve dans le sang et les liquides biologiques. Les chercheurs effectuent un prélèvement afin de connaître le taux d'ADN libre, qui « provient des cellules en apoptose qui ont été stressées et détruites. Ce taux nous donne des indications sur la réserve ovarienne de la patiente. Or on sait que plus une femme a une réserve ovarienne diminuée, plus elle aura des difficultés à procréer avec ses propres cellules », souligne le chercheur. Le taux d'ADN libre dans le sang diffère en fonction des femmes. Et certains facteurs comme l'âge augmentent ce taux.

 

L'ADN libre, un biomarqueur déterminant

 

C'est toujours le taux d'ADN libre que les chercheurs vont regarder à une autre étape de la FIV pour améliorer les chances pour le couple de procréer. Une fois la stimulation hormonale effectuée, au moment du prélèvement des ovocytes, les chercheurs analysent à nouveau le taux d'ADN libre dans le liquide folliculaire prélevé avec les ovocytes. « Nous avons constaté que si le taux d'ADN libre est moindre, les chances de succès de la FIV sont multipliées par trois. En effet, si l'ovocyte a été exposé à un stress excessif, l'embryon court un très grand risque d'évolution pathologique dégénérative, entraînant un échec de grossesse. Nous déconseillons alors de tenter la FIV », indique Samir Hamamah. La recherche de ce taux d'ADN libre offre ainsi un moyen de privilégier un ovocyte plutôt qu'un autre en fonction « d'une analyse objective », souligne le directeur de recherche, opposant ce test aux méthodes de sélection d'embryons viables qui reposent « sur la morphologie et sont donc des choix subjectifs (opérateur dépendant) ». « En revanche, la quantification de l'ADN libre dans le liquide folliculaire permet de choisir un embryon issu d'un follicule où le taux d'ADN libre est le plus faible. À terme, le dosage de l'ADN libre dans le sérum sanguin devrait également nous apporter des informations quant au bon cycle pour stimuler la FIV et donc anticiper la stimulation ovarienne systématique qui affiche un 15 à 20 % de taux d'échec de stimulation et donc de tentative », ajoute le chercheur.

Et c'est encore l'ADN libre que les chercheurs détectent dans le sang avant l'implantation de l'embryon, car plus le taux est élevé, moins la femme a de chance de mener une grossesse. « Ce marqueur varie au cours des cycles et indique qu'il faut décaler la tentative de deux ou trois mois pour tenter d'obtenir des ovocytes de meilleure qualité », souligne Samir Hamamah. Le suivi de l'ADN libre à différents moments du processus de FIV pourrait ainsi permettre d'améliorer ce protocole. Et le directeur de recherche souligne la facilité de ce test : « Cela nous permet d'avoir des outils objectifs et fiables. Avec ce test, nous avons des résultats en moins de trois heures et le test coûte moins de 50 € ». Si Samir Hamamah applique déjà ce protocole pour ces patientes du CHU de Montpellier, il est aujourd'hui à la recherche de partenaires pour commercialiser ce test, dont les brevets ont été déposés par l'Inserm.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Un gel fait passer la culture de neurones à la 3D

Un gel fait passer la culture de neurones à la 3D

Une équipe du CNRS et de l'Inserm a développé un gel facilitant la culture cellulaire des neurones. Une découverte qui pourrait ouvrir de nouvelles voies de recherche, jusqu'à présent[…]

09/07/2018 | NeurologieCellules souches
La start-up qui veut réparer l'oreille cassée

La start-up qui veut réparer l'oreille cassée

Au coeur des sites d'Amgen en Nouvelle-Angleterre

Au coeur des sites d'Amgen en Nouvelle-Angleterre

Comment un simple polymère aide à réparer le vivant

Comment un simple polymère aide à réparer le vivant

Plus d'articles