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Patrick Hibon de Frohen : Pour une R&D française efficace : développons les PPP

La rédaction

La chronique de Patrick Hibon de Frohen Membre du CSIO du groupe IMT et administrateur du BIO3 Institute p.hibon@groupe-imt.com

Si les grands découvreurs de vaccins du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle proposaient aujourd'hui leurs découvertes, celles-ci n'auraient aucune chance de voir leurs industrialisations et leurs diffusions à l'échelle mondiale se faire. Louis Pasteur ne pourrait pas aujourd'hui vacciner Joseph Meister, Albert Calmette et Camille Guérin, à la demande du pédiatre Benjamin Weill-Hallé et du Dr Raymond Turpin, ne pourraient tester leur vaccin sur un nouveau-né dont la mère était morte de la tuberculose, quelques heures après l'accouchement, et qui était appelé à vivre dans un milieu contaminé. Il en va de même plus récemment, en 1975, lorsque le professeur Philippe Maupas expérimente son vaccin contre l'hépatite B sur le personnel des services d'hémodialyse et de réanimation de l'hôpital Bretonneau de Tours.

La législation actuelle, tant en France que dans le reste du monde, doublée du fameux « principe de précaution » (devenu chez nous constitutionnel !), qui amènent la mise en oeuvre de financements considérables en R&D et en mesures préventives sur le volet judiciaire, et il faut bien le dire, sous l'influence bienveillante des grands laboratoires pharmaceutiques qui en ont les moyens, ne permettent plus ces avancées scientifiques aussi spectaculaires de la part de chercheurs « indépendants ». Ph. Maupas fut sans doute un des derniers « universitaires indépendants », sans contrat avec l'industrie pharmaceutique, à expérimenter sa découverte d'une façon non « conventionnelle ». De surcroît, l'étape vers l'industrialisation du vaccin contre l'hépatite B trouva sur son chemin de curieuses pressions d'un laboratoire américain sur les laboratoires Pasteur de l'époque, formulées sous la menace de plusieurs dizaines de millions de francs finançant une armée d'avocats, et ce afin d'obtenir l'industrialisation et la commercialisation dudit vaccin.

À quand un M.I.T ou un Berkeley à la française ?

Seuls, au XXIe siècle, les puissants laboratoires pharmaceutiques détiennent en quelque sorte le privilège, ou l'exclusivité de la recherche et de la mise sur le marché de nouveaux médicaments et de vaccins en particulier. Dans le même temps, on ne peut que constater que les équipes académiques bien que parfois brillantes, en particulier en France, qui ne sont pas financées par de grands groupes pharmaceutiques, à l'inverse de celles américaines ou anglo-saxonnes dont c'est la culture, n'ont aucune chance de faire des découvertes innovantes et commercialisables.

Quant à la formule de « Mon Général », « des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche », elle est devenue, en France, faute de supports financiers conséquents et de partenariats publics-privés (PPP) qui peinent à se développer, une réalité dont on ne peut se satisfaire. À quand des M.I.T ou des Berkeley à la française ?

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