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« Pour Novasep, il faut savoir écouter ce que souhaite le client »

Se développant en synthèse à façon et sur des technologies de pointes comme la thérapie génique ou les ADC, Novasep espère croître plus vite que le marché pharmaceutique mondial. Détails avec Thierry Van Nieuwenhove, président de la division Synthesis de Novasep.

Industrie Pharma : Vous présidez depuis janvier 2014 la Business Unit Synthesis de Novasep, dédiée à la synthèse à façon. Quel est le poids de cette activité au regard du groupe ?

Thierry Van Nieuwenhove : Cette activité génère la majorité du chiffre d'affaires de Novasep, de l'ordre de 160 millions d'euros sur un total de 250 M€ en 2014. Elle emploie par ailleurs 800 personnes sur un total de 1100 personnes. Elle regroupe les services de synthèse à façon de petites molécules pour les secteurs de la pharmacie, de l'agrochimie et de la chimie fine. Son activité s'inscrit dans l'offre CMO du Groupe Novasep qui comporte également de la production à façon de biomolécules, comme les anticorps monoclonaux ou les médicaments de thérapie génique. Cette offre CMO est complétée par une offre d'équipements et de procédés de purification de haute performance avec des applications en pharmacie et biopharmacie, agroalimentaire, ou en chimie biosourcée.

 

Combien de sites industriels travaillent pour votre Business Unit ?

T. V. N. : Notre siège est basé à Lyon et nous disposons de 5 sites de production, 1 en Allemagne et 4 en France dont le site du Mans, ex Seripharm, qui vient de faire l'objet d'un investissement de 10 M€ dans la bioconjugaison pour la production d'anticorps monoclonaux conjugués (ADC). Mourenx est un site dédié à la pharmacie avec de la production d'API et de la synthèse à façon. Nous avons récemment investi dans des opérations de purification d'oméga 3 à usage thérapeutique. À Chasse-sur-Rhône, nous disposons d'un site de production entièrement intégré avec des installations à l'échelle du laboratoire, du kilolab, du pilote et de la production industrielle. Il s'agit de notre deuxième site en termes de taille. Il produit à la fois pour la pharmacie et la chimie fine. Enfin, Pompey est notre site historique dédié à la purification de petites molécules. Notre site allemand de Leverkusen (ex Dynamit Nobel) est le plus gros de nos sites en termes de capacité et d'effectifs. C'est un site qui est complètement intégré, de la R&D à la production industrielle, qui travaille pour la pharmacie et la chimie fine. Quant à la production de biomolecules de la BU Biopharma, elle est localisée sur notre site en Belgique, depuis l'acquisition d'Henogen en 2009. Il est entièrement dédié à la production de biomolécules.

 

Qui sont vos clients ?

T. V. N. : Nous réalisons environ 70 % de notre activité dans le secteur pharmaceutique dans le domaine des petites molécules. Dans la pharmacie, notre portefeuille client est assez équilibré entre des big pharma qui se classent dans le top 10 de la pharmacie mondiale et des start-up. Mais il ne s'agit que d'une vision globale. Par exemple, aux États-Unis, nous avons davantage de clients parmi les start-up. Ceci est le reflet du dynamisme du marché américain. En Europe, nous avons davantage de clients parmi les big pharma.

 

Qu'en est-il du marché asiatique et des autres marchés émergents ?

T. V. N. : Nous avons peu de clients asiatiques ou dans les pays émergents en direct. Nos marchés prépondérants sont l'Europe, les États-Unis et le Japon. En revanche, nous y sommes présents de façon indirecte au travers de nos clients qui trouvent des relais de croissance dans ces zones.

 

Percevez-vous un regain d'intérêt de vos donneurs d'ordre pour des fournisseurs européens au détriment de producteurs asiatiques, après avoir été échaudés par des problèmes de qualité ?

T. V. N. : l est vrai que dans les années 2000, nous avons observé ce basculement « tout à l'Est » où beaucoup de sociétés sont parties s'approvisionner vers des marchés à plus faible coût, principalement en Chine et en Inde. Mais plusieurs sociétés s'y sont brûlé les doigts. Aujourd'hui, on observe un retour vers les producteurs européens grâce à une focalisation sur le coût total des actifs qui englobe les coûts de production, ainsi que le coût des aléas et la sécurisation de la supply chain. Dans ce cas, le différentiel de prix entre les producteurs européens et asiatiques a tendance à se réduire drastiquement. Certes, il y a encore un différentiel de prix sur la production de matières premières. Mais plus on avance vers la production des ingrédients actifs, plus ce différentiel s'amenuise car les demandes en termes de qualité sont les mêmes pour tous.

 

Du coup, comment se positionne Novasep ?

T. V. N. : Sur des produits de base et des technologies établies, nous sommes encore de l'ordre de 20 % plus cher. En revanche, pour des technologies de pointe, nous sommes parfaitement compétitifs. C'est pour cela que Novasep se positionne sur des applications comme les biomolécules, dont la croissance du marché est supérieure à 10 %, ou sur les ADC dont le marché croît de plus de 20 %. Au bilan, la croissance de Novasep est supérieure à celle du marché pharmaceutique mondial qui progresse de 7 à 8 % par an.

 

Vous évoquez le positionnement de Novasep sur des activités en croissance. Pourtant, l'an passé, la société a enregistré un recul de chiffre d'affaires...

T. V. N. : L'an passé, nous avons redéfini la stratégie de Novasep afin de replonger l'entreprise dans son coeur de métier qui est celui de la synthèse à façon. C'est ainsi que nous avons procédé au désinvestissement d'une usine monoproduits basée aux Bahamas. Cette opération a contribué à un recul de chiffre d'affaires, mais dans le même temps, la profitabilité du groupe s'est améliorée. Par ailleurs, nous avons remis en route le processus d'innovation au sein de notre entreprise. Nous développons des projets en thérapie génique et dans les ADC. Nous nous intéressons aux procédés continus et dans ce domaine, nous avons investi dans des capacités à l'échelle du développement et de l'évaluation pilote. Mais au-delà de notre offre technologique considérable et de notre réputation dans ce domaine, notre différence s'opère au niveau de la satisfaction client et de l'excellence du service. Il faut savoir écouter ce que souhaite le client et y répondre positivement. C'est la clé du succès.

 

Ces derniers mois, plusieurs opérations, comme la reprise des activités de BASF par Siegfried ou celles de CU Chemie Uetikon par Novacap, ont laissé à penser qu'une consolidation du secteur était peut-être en marche. Partagez-vous ce point de vue et comptez-vous y participer ?

T. V. N. : Il y a eu en effet quelques tentatives dans ce sens. Néanmoins, en ce qui concerne Novasep, nous restons dans une optique de croissance organique sur l'ensemble de nos sites où nous avons choisi d'investir. J'ai déjà mentionné de récents investissements au Mans et à Mourenx, mais nous avons également renforcé nos activités de support de purification aux États-Unis. Cependant, à terme, nous n'excluons pas de mener des opérations de croissance externe.

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