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Portrait : CellProthera régénère le cœur

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Portrait : CellProthera régénère le cœur

La start-up, spécialisée dans la régénération du myocarde après un infarctus sévère commercialisera dans les quatre ans un automate d'extension cellulaire. Pour des cellules souches « prêtes à être greffées ».
La start-up, spécialisée dans la régénération du myocarde après un infarctus sévère commercialisera dans les quatre ans un automate d'extension cellulaire. Pour des cellules souches « prêtes à être greffées ». Les premiers patients traités avec la thérapie cellulaire mise au point par les chercheurs de la société CellProthera, créée en avril 2008, vont très bien, avec un recul de six ans. Ces essais de phase I ont été réalisés chez des sujets victimes d'un infarctus sévère, au pronostic très mauvais et qui devaient subir soit une opération de pontage, soit une greffe de cœur. « En six mois voire un an, nous avons pu démontrer la régénération du tissu cardiaque grâce au Pet-scan qui permet de distinguer un tissu mort d'un vivant. Nous proposons donc une innovation thérapeutique de rupture », explique Philippe Hénon, président de la start-up. Les résultats de ces essais devraient bientôt être publiés dans la revue Cytotherapy. Trois brevets ont été déposés sur cette thérapie. Ces résultats sont le fruit de décennies de recherches. « Cette thérapie donne de très bons résultats que je souhaite voir se démocratiser. C'est pourquoi nous la valorisons en la rendant la plus simple possible », raconte Philippe Hénon, président de l'Institut de Recherche en Hématologie et Transplantation de Mulhouse. Restées dans l'ombre, les recherches de ce professeur en hématologie portent sur des cellules souches sanguines adultes. « La population de cellules sanguines est plus hétérogène qu'on ne le pensait. Il existe des sous populations cellulaires, notamment des cellules aux propriétés endothéliales – capable de régénérer des vaisseaux sanguins – et d'autres cellules progénitrices cardiaques, capables de se différencier en cellules du cœur », décrit-il. L'identification de ces cellules souches adultes prélevées dans le sang du patient n'est pas sa seule longueur d'avance. CellProthera a déjà imaginé le process pharmaceutique de la thérapie cellulaire. Un process automatisé
Le protocole implique chez le patient une phase d'induction pour pousser hors de la moelle les cellules souches qui seront recueillies dans le sang du patient. Pour simplifier la collecte et la multiplication des cellules thérapeutiques, la société développe un automate, avec des kits à usage unique (tubulures, poches, milieux de cultures et autres facteurs de croissance). Habituellement, le prélèvement des cellules se fait par cytaphérèse, une technique lourde qu'un patient cardiaque ne peut supporter que six semaines après un infarctus. « Or, nous savons qu'il est plus intéressant de faire la greffe dans le mois qui suit l'accident », explique Philippe Hénon. À partir de 200 ml de sang, les cellules progénitrices se multiplient sans se différencier. À la fin de cette phase de croissance, les médecins disposent de 15 à
25 fois plus de cellules. « Nous avons signé un contrat avec Bertin technologies avec lequel nous partageons une licence d'exploitation exclusive sur le process de multiplication cellulaire dans la greffe cardiaque. Ils sont en train de développer les prototypes que nous évaluerons sur trois sites, Mulhouse, Paris, et New York », détaille le président. La greffe intracardiaque devrait se faire avec des systèmes de
Finances ? 150 000 euros : Lauréat du concours d'aide à la création d'entreprises innovantes, juin 2008 ? 10 000 euros prix Start-Est, novembre 2008 ? 1,6 millions d'euros pour une première levée prévue en 2009 (Région Alsace, Oséo, Communauté de communes, fonds d'investissement, business angels, Conseil régional, la CDC, entre autres) ? 6 et 12 millions d'euros pour une deuxième levée prévue en 2011, pour les essais de phases II/III

délivrance, actuellement en développement, ou ceux utilisés aujourd'hui pour poser un stent. Outre le brevet sur le process d'expansion cellulaire, la start-up a déposé deux demandes au niveau de l'institut : un brevet sur un milieu culture, bientôt conforme aux conditions cliniques et un brevet sur le process clinique pour les États-Unis et le Japon. Le modèle d'affaires est fondé sur la vente de l'équipement mais la start-up tente de réunir les moyens de prouver l'efficacité de sa thérapie. Un essai clinique avec 180 à 200 patients sur deux ans est déjà programmé en Europe et aux USA. « Nous travaillons avec l'EMEA et la FDA sur les conditions de ces essais. Nous espérons arriver d'ici à quatre ans sur le marché. Les prototypes seront prêts dans un an (février 2010) », ajoute-il. A la mi-mars, la société comptera sept personnes. Nadia Timizar

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