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Politique de santé : PLFSS: la colère gronde autour des annonces sur le médicament

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Les annonces successives sur le volet médicament présentées par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) ont suscité une levée de boucliers dans la profession: associations d'industriels et de pharmaciens protestent depuis des semaines contre ces mesures mettant en péril, selon elles, leurs secteurs respectifs.
Parmi les premiers à être montés au créneau, l'industrie française du médicament – via le Leem (Les entreprises du médicament) – s'était immédiatement inquiétée des conséquences sur l'emploi et la recherche du déremboursement annoncé de 156 médicaments et de 62 veinotoniques pour service médical rendu insuffisant. Les industriels ont d'ailleurs proposé d'instaurer un taux de remboursement de 0 % pour ces 156 produits qui permettrait, selon eux, de maintenir les prix et éviter qu'ils ne soient libres sur le marché. Assurés que les tarifs de ces médicaments ne s'envolent pas, les médecins pourraient continuer à les prescrire, a expliqué le Leem.
De son côté, l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa, branche OTC des grands laboratoires pharmaceutiques) a profité de l'occasion pour plaider en faveur d'un développement de l'automédication en France, grâce notamment à la publicité et au mécénat. Une opération qui permettrait, selon elle, de faire économiser 2,5 Mrds€ à l'assurance maladie.
Impact économique évalué à 800 M€ La colère gronde aussi chez les pharmaciens qui se disent « touchés de plein fouet » par les mesures d'économies sur les médicaments. Les trois syndicats de la profession (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, Union nationale des pharmacies de France et l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine) ont même appelé au boycottage des médicaments génériques. Deux d'entre eux (FSPF et UNPF) menacent même d'arrêter la substitution par les génériques. Ils protestent notamment contre deux mesures annoncées mi-octobre par Xavier Bertrand. La première consiste en une baisse de 13 % du remboursement des médicaments de marque qui ont un générique, ainsi que de leur générique. La deuxième vise à rembourser un médicament de marque sur la base du prix de son générique (TFR, Tarif forfaitaire de responsabilité) passé un délai de 24 mois après la mise sur le marché de ce dernier.
« Toutes ces mesures ont un impact économique de 800 M€ pour la profession », a affirmé à l'AFP Claude Japhet, président de l'Union nationale des pharmacies de France, selon lequel « 4000 à 6000 officines sur 22000 vont être en situation de cessation de paiement en 2007 ». Le Collectif des groupements de pharmaciens chiffre quant à lui l'impact à 680 M€. Même constat à l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine, où l'on estime à 25 % la perte pour une profession qui « n'a jamais été autant touchée ». En outre, selon les syndicats, la mesure concernant les TFR aura pour conséquence un lissage des prix des médicaments, rendant la différence de prix de moins en moins attractive en faveur des génériques et freinant donc, à terme, leur essor.
Les trois organisations de pharmaciens ont été reçues le 24 octobre par le directeur de cabinet du ministre de la Santé Xavier Bertrand. Une réunion que l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine a qualifiée de « constructive ». Claude Japhet a également indiqué à l'AFP que « le ministère est prêt à revoir la mesure concernant le TFR et à trouver une solution moins pénalisante pour les officines ».
Autre groupement inquiet: l'association Générique même médicament (Gemme), qui regroupe 11 laboratoires pharmaceutiques fabriquant des génériques. « La baisse annoncée de 13 % du remboursement des médicaments génériques et de leurs princeps représente une perte de marge de 195 M€ pour les industriels du générique, alors que les résultats des entreprises ayant développé le médicament générique en France avec les pharmaciens ne s'établissent qu'à un quart de ce montant », déplore le Gemme. L'association « considère cette baisse excessive, alors que le prix des médicaments princeps et génériques actuellement commercialisés est un des plus bas d'Europe ». Le Gemme précise qu'il « dévoilera prochainement un plan d'économies alternatif » censé générer « des économies conséquentes pour l'assurance maladie, tout en respectant les équilibres indispensables des différents acteurs ».
À l'heure où nous écrivons ces lignes, l'examen du PLFSS est en cours à l'Assemblée nationale. Il a pour objectif de ramener le déficit du régime général de la Sécurité sociale à 8,9 Mrds€ en 2006, au lieu des 11,5 Mrds€ sans mesures correctrices.
Avec AFP

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