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Polepharma se penche sur la mutation des pratiques des acheteurs

Sylvie Latieule

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Le cluster pharmaceutique organise une journée de débats autour de l’évolution du métier d’acheteur dans le secteur de la pharmacie.

« Du cost killer au couteau suisse ». C’est l’intitulé que propose cette année le cluster Polepharma pour la deuxième édition de son colloque national des acheteurs de l’industrie pharmaceutique qui se tiendra le 11 juillet au Trianon Palace à Versailles.

Au cours de ces vingt dernières années, la fonction achat a beaucoup évolué et elle s’est surtout complexifiée. Visible dans tous les secteurs industriels, cette tendance est particulièrement prégnante dans l’industrie pharmacie. « C’est un métier exigeant et pimenté car le métier d’acheteur se retrouve à la convergence de beaucoup d’enjeux » analyse François Collineau de L2S Agency, agence spécialisée dans l’optimisation des achats non stratégie dans le domaine des sciences de la vie. Ainsi, l’acheteur doit être au fait des évolutions réglementaires. Dans le domaine des API et des excipients par exemple, on attend pour 2013 la transposition européenne de directive de mai 2011 sur les médicaments falsifiés. La fabrication de substances actives destinées à être utilisées dans des médicaments devra être soumise à de bonnes pratiques de fabrication, que ces ingrédients soient fabriqués en Europe ou dans des pays tiers. Cela va impacter les achats de matières premières dans la mesure où 80% des API et des excipients sont sourcés en Asie. Auparavant, ce sont les notices qui ont fait l’objet de modifications réglementaires récentes. Les acheteurs doivent comprendre et anticiper ces mouvements, d’autant qu’ils impliquent souvent en bout de chaîne leurs fournisseurs. Et il faut parfois pouvoir les convaincre de réaliser les investissements nécessaires, explique François Collineau.

Une autre évolution notoire porte sur le nombre de critères qu’il faut prendre en compte pour évaluer un fournisseur. Il y a quelques années, on apprenait aux acheteurs qu’un fournisseur se choisissait sur la base de trois critères : la qualité, le coût et le délais. « Le QCD était la « sainte trinité des achats » » ajoute François Collineau. Mais aujourd’hui, il faut aussi intégrer le développement durable, le RSE (responsabilité sociétale des entreprises), l’hygiène sécurité environnement, l’innovation, la sécurité, la réglementation… « Le nombre de critères a augmenté et le choix d’un fournisseur se fait à l’aune de critères plus complexes » analyse F. Collineau. Typiquement, pour améliorer leur empreinte carbone les entreprises de la pharmacie se tournent vers les achats pour trouver des solutions. Toutes les familles d’achats ne sont pas susceptibles de participer à cet effort, mais les acheteurs ont déjà obtenus quelques résultats. François Collineau note par exemple une tendance à diminuer les grammages des cartons en emballage secondaire et tertiaire, ainsi que la consommation de matières plastiques au niveau de certains emballages et dispositifs médicaux.   

Dans la pharmacie, les acheteurs ont aussi tendance à devenir des acteurs de l’innovation, surtout dans des domaines qui touchent à l’emballage ou aux systèmes de délivrance. « Un de nos clients acheteur a récemment capté une innovation fournisseur en imposant en interne une seringue à 3 biseaux au lieu de 5, ce qui est moins douloureux pour le patient lors de l’injection » illustre François Collineau.   

Et comme si tout cela ne suffisait pas, les acheteurs doivent aussi se faire une place en interne dans leurs propres entreprises et trouver toute leur légitimité lorsqu’il s’agit de procéder à des achats stratégiques comme les matières premières ou les prestations d’essais cliniques. « C’est une vraie bataille en interne pour arriver à se positionner au cœur des choix fournisseurs, car le poids des prescripteurs qui, sont des médecins et des pharmaciens, est souvent très lourd » explique le consultant. Bien entendu, s’ajoute à toutes ces nouvelles obligations la nécessité de faire des économies, tendance qui s’est accélérée ces dernières années avec la montée en puissance des génériques.

Pour faire face à cette complexité, le colloque organisé par le cluster Polepharma a vocation d’apporter des informations et diffuser de bonnes pratiques sur la réglementation, sur l’utilisation des systèmes d’information pour un meilleur pilotage de la fonction, sur la prise en compte des concepts de RSE… François Collineau évoque par exemple la piste de l’externalisation des achats non critiques que prône son agence L2SA. Du matériel de bureau, aux consommables de laboratoire, en passant par des prestations techniques ou de formation, ces familles d’achats non stratégiques peuvent aujourd’hui être traitées par des tiers pour permettre aux acheteurs de l’industrie pharmaceutique de se concentrer sur leurs achats critiques : matières premières, sous-traitance de production, essais cliniques, emballages…

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