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Polepharma fête ses dix ans

Propos recueillis par Sylvie Latieule

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LEO PHARMA, UN ADHÉRENT QUI INVESTIT

Pour les 10 ans de Polepharma, l'entreprise danoise se présente comme un bel exemple de société qui investit sur le territoire du cluster. L'usine de Vernouillet créée en 1964 n'a cessé de s'accroître, ces dernières années. Le site, qui fait partie des 6 usines de Leo Pharma dans le monde, a bénéficié de 80 millions d'euros d'investissement depuis 1998. D'abord, dans le cadre d'une politique du groupe de spécialiser ses sites de production, l'usine de Vernouillet s'est vu allouer une enveloppe de 35 M€ afin de produire des produits stériles conditionnés en seringues pré-remplies ainsi que pour les formes sèches. Cet investissement terminé en 2003 a été suivi sur la période 2006-2008 par 20 M€ pour accroître les capacités de production. Enfin, entre 2009 et 2011, 25 M€ ont concerné une extension du site. Aujourd'hui, le site produit 37,5 millions de seringues et 115 millions de comprimés chaque année. Ces augmentations de capacités se sont accompagnées de création d'emplois. L'effectif est passé de 164 en 2008 à 318 en 2012. « L'usine est présente en France depuis 50 ans. Nous avons su nous adapter en termes de performance et de qualité et avec des coûts tout à fait compétitifs », souligne Guillaume Clément, président de Leo Pharma France. Des facteurs extérieurs ont également permis le choix du site français pour ces investissements. Le dirigeant cite notamment : « Les compétences dans le domaine de la main-d'œuvre et l'importance de fournisseurs tout à fait compétitifs ». L'usine devrait, cette année, bénéficier d'une dizaine de millions d'euros d'investissement avant une phase d'intégration. 2014 pourrait être une nouvelle année d'investissements pour l'extension du laboratoire de contrôle qualité, comme le confie Luc Levasseur, directeur du site de Vernouillet.

À VERNOUILLET, AURÉLIE DUREUIL

Polepharma fête ses dix ans

Jean-Pierre Dubuc, président de Polepharma, vice-président opérations industrielles, médecine générale du groupe Ipsen.

© © Polepharma

Cinq ans avant les pôles de compétitivité, Polepharma a su fédérer des acteurs de la production pharmaceutique sur trois régions limitrophes représentant la moitié de la production de médicaments en France. Bilan et perspectives avec Jean-Pierre Dubuc, président de Polepharma.

Polepharma vient de fêter ses 10 ans. Pouvez-vous revenir sur la genèse de ce cluster en tant que membre fondateur ?

Jean-Pierre Dubuc : Polepharma a été lancé en 2002 par quatre pionniers : les groupes Ipsen, Norgine, Leo et Abbott. A cette époque, la ville de Dreux souffrait de désindustrialisation dans certains domaines industriels comme l'électronique. Il restait cependant des secteurs qui continuaient à bien marcher, comme celui de la production pharmaceutique. D'où l'idée de réunir tous les acteurs locaux, laboratoires mais aussi fournisseurs, au sein d'une même filière pour être plus forts collectivement face à la mondialisation. Très vite, nous avons reçu le soutien du député Maire de Dreux, Gérard Hamel, puis du Conseil Général d'Eure et Loir, de Dreux Agglo et du Codel. Il faut dire que sur ce territoire, ce concept de cluster industriel avait déjà été expérimenté avec la création de la Cosmetic Valley qui a largement contribué à la montée en puissance d'une filière cosmétique. Finalement, nous avons eu l'idée de fonctionner en mode cluster, cinq ans avant les pôles de compétitivité, même si ces derniers sont davantage orientés vers la R&D.

 

Combien y a-t-il d'adhérents au cluster et qui sont-ils ?

Jean-Pierre Dubuc : A nos débuts, nous avions une quarantaine d'entreprises adhérentes. Aujourd'hui, nous comptons 150 adhérents et nous souhaitons aller plus loin. Ces adhérents sont à la fois des laboratoires pharmaceutiques et des fournisseurs. Par ailleurs, Polepharma étend désormais son influence sur trois régions limitrophes : Centre, Normandie, Île-de-France. Ce bassin pèse plus de 50 % de la production de médicaments en France.

 

Comment gérez-vous les mises en relation entre tous ces acteurs ?

Jean-Pierre Dubuc : Notre objectif est d'arriver à mettre des hommes en relation pour connecter leurs compétences. C'est ce que nous appelons la « coopétition ». C'est ainsi que nous organisons tous les ans un événement où l'on balaye les enjeux de notre profession de façon globale. Nous avons créé des « business club » pour rapprocher des fournisseurs de leurs donneurs d'ordres. Plus récemment, nous avons lancé la MarketPlace qui est une place de marché nationale et bientôt internationale. Nous organisons aussi des ateliers ou workshops sur l'innovation industrielle. Nous accompagnons des PME sur des salons à l'international comme le salon CPhI, pour accroître leur visibilité. Nous proposons des mutualisations d'audits fournisseurs, ce qui profite à tout le monde en termes de coût et de gain de temps. En résumé, nous faisons travailler nos entreprises ensemble et nous les aidons à s'ouvrir vers l'extérieur pour capter de nouveaux marchés.

 

Comment mesurer le succès d'un cluster tel que Polepharma ?

Jean-Pierre Dubuc : Le succès se mesure avec le niveau des investissements, notamment dans les sociétés étrangères qui sont implantées depuis longtemps sur le territoire. Pour une maison mère qui souhaite installer une nouvelle usine, il peut être rassurant de choisir un territoire où l'on va trouver des compétences, du personnel. Et puis, il faut aussi regarder le marché. La France reste idéalement localisée pour servir les marchés européens et africains et du Moyen-Orient.

 

Sur quels sujets souhaitez-vous vous appesantir dans les prochaines années ?

Jean-Pierre Dubuc : Nous souhaitons favoriser l'innovation, en particulier en galénique et en production. Ceci pour renforcer notre savoir-faire dans la production de médicaments issus de la chimie fine. Car il y a un lien étroit entre l'innovation et le maintien de la production.

 

Vous avez évoqué les compétences de Polepharma dans la production de médicaments issus de petites molécules, avez-vous des adhérents qui s'intéressent à la bioproduction ?

Jean-Pierre Dubuc : En dehors d'une usine de production de vaccins à Louviers, notre cluster n'a pas de compétences particulières dans le domaine des biotechs. Mais nous pensons pouvoir nous intégrer dans la chaîne de valeur de la production, en particulier dans le conditionnement primaire et secondaire. Certains adhérents ont déjà démarré des opérations de remplissage d'injectables ou de lyophilisation sur des produits issus des biotechnologies. Ces nouveaux médicaments représentent dès à présent 50 % des AMM. Il y a donc une réelle opportunité de développement et nous ne devons pas rater le virage.

 

Sentez-vous une menace peser sur la production en France ?

Jean-Pierre Dubuc : Aujourd'hui, la croissance sur le marché européen est atone, alors que le marché mondial enregistre une forte croissance, notamment dans les Bric. Le problème que l'on rencontre est que ces pays favorisent la production locale. Du coup, cette croissance des Bric ne nous profite pas pleinement. Cette production locale est légitime de leur point de vue. Nous devons partager. C'est pourquoi nous cherchons à faire évoluer nos usines pour qu'elles restent compétitives et qu'elles s'orientent vers des produits plus techniques. Et nous cherchons à innover pour garder de l'avance. Mais c'est un challenge difficile à relever car la concurrence n'est pas partout équitable. Pour l'instant, notre système tient la route, mais nous sommes à la croisée des chemins. Nous avons besoin d'une vraie politique industrielle pour assurer la pérennité de notre industrie.

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UNE NOUVELLE FORMULE POUR LE CONGRÈS

Pour sa 10e édition, le congrès Polepharma a changé de formule. Après le lancement de Polepharma Market Place en début d'année, les rencontres d'affaires ont été abandonnées. Une centaine de participants s'est donc réunie pour une seule journée de conférence, le 19 septembre, à Dreux. « Le congrès est devenu un événement de référence », s'est félicité Jean-Pierre Dubuc, président de Polepharma. Avant d'ajouter : « C'est une rencontre annuelle plus que nécessaire dans un contexte où l'image de l'industrie pharmaceutique est dégradée ». L'occasion d'analyser la position de l'industrie pharmaceutique en France sur un marché mondialisé. Stéphane Sclison, directeur de la stratégie d'IMS Health, a ainsi souligné que le taux moyen de croissance entre 2012 et 2016 est estimé pour la France à -2 %/+1 % tandis que dans les pays émergents, les prévisions s'établissent à +12 %/+15 %. Une note positive a néanmoins été apportée par la présentation des premiers résultats de l'Observatoire des investissements Leem/Polepharma. Cette initiative lancée par le cluster a recueilli des informations sur les entreprises, les sites de production et les investissements sur les quatre dernières années. Sur les 431 questionnaires envoyés, un peu plus de 70 ont été retournés et exploitables. L'étude relève des investissements de 2,6 Mrds € entre 2008-2011.Des investissements qui ont notamment concerné la zone géographique couverte par Polepharma, comme le rappelle Jacques Lemare, vice-président du Conseil général d'Eure-et-Loir. « Depuis que le cluster est actif, nous avons vu un renforcement de l'industrie pharmaceutique sur notre territoire. Elle est devenue la 1e industrie sur le département. Il s'agit de création de richesse sur le territoire. D'abord par l'emploi, et bien entendu, pour l'image du département », se félicite-t-il.

À DREUX, AURÉLIE DUREUIL

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