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Polepharma émet des propositions

À DREUX, AURÉLIE DUREUIL

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Le cluster pharmaceutique a présenté les trois axes de travail pour mobiliser tous les acteurs autour de la filière santé. Une stratégie qui passe par le développement du made in France, d'une filière du générique et une forte collaboration avec les instances locales.

Agir avant qu'il ne soit trop tard, tel pourrait être le résumé des propositions présentées par Polepharma fin juin 2014. Le cluster qui représente les industriels des régions Centre, Normandie et Île-de-France entend « montrer à quel point la filière santé est importante pour nos territoires », selon Guillaume Clément, son président. Il ajoute : « si ensemble nous ne nous mobilisons pas pour cette filière, nous aurons un problème certain pour les prochaines années ». C'est dans cet objectif que le cluster a présenté trois axes de travail pour les prochaines années qui visent « à favoriser le made in France », « développer une filière industrielle du générique » et accompagner « une prise de conscience commune entre nos territoires et la filière sur le fait que nos destins sont liés », a indiqué Guillaume Clément.

Sur le premier point, le cluster évoque la possibilité de créer un « crédit d'impôt production », selon son président qui souligne le succès du Crédit d'impôt recherche (CIR) et voudrait appliquer la même logique afin d'« être une terre attractive, avec les compétences, les sites industriels, les universités »... Le dirigeant du cluster avoue que le projet reste « embryonnaire ». « Nous comprenons qu'il est difficile de jouer sur les prix pour valoriser le made in France. En revanche, pour une société qui investit en France, comment peut-on faire pour la valoriser ? Nous avons vu les côtés positifs dans le cadre du CIR. Dans le cas de l'industrie pharmaceutique, nous pensons qu'il faut aller plus loin », précise Guillaume Clément.

Sur le point des génériques, si les industriels ont « parfaitement conscience du besoin sur la maîtrise des dépenses de santé, ils aimeraient que les génériques soient plutôt fabriqués en France », soulignant l'échec de la mesure prise lors d'un des précédents Conseils stratégiques des industries de santé (Csis). « À la création de Polepharma, nous nous posions la question : faut-il se battre contre les génériques ? Aujourd'hui, nous avons bien conscience qu'ils sont de plus en plus consommés. Mais il faut qu'ils soient fabriqués chez nous », souligne Jacques Lemare, vice-président du Conseil général d'Eure-et-Loir et vice-président de la Communauté d'agglomération du Pays de Dreux). Avant d'ajouter : « Nous avons des laboratoires avec des capacités de production, de bonnes productivités. Dans ces usines, il y a la possibilité de produire des génériques ».

Enfin, le dernier axe vise à souligner l'importance du territoire et de son écosystème pour l'industrie pharmaceutique tout en valorisant l'impact de ce secteur comme contributeur au niveau régional. Polepharma s'appuie notamment sur les résultats d'une étude réalisée sur l'industrie pharmaceutique dans la région Centre présentée à cette occasion. Centréco, agence de développement et de promotion économique de la région Centre, et la Direccte, Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, ont réalisé une étude sur la filière santé locale. Avec plus de 9 300 emplois dans l'industrie pharmaceutique, elle se place à la 3e place au niveau national derrière l'Île-de-France et Rhône Alpes et au 1er rang en termes de production. Alors qu'un salarié sur cinq a plus de 50 ans, environ 2 000 postes seront à pourvoir dans la région d'ici à 2022. La région compte 58 laboratoires dont 13 façonniers. Si le nombre de sites détenus par des façonniers a augmenté ces dernières années, le nombre d'emplois et d'établissements est resté stable. La région Centre compte par ailleurs pour 18 % des exportations françaises de médicaments et 12, 6 % des importations. 28 % des produits exportés par la région sont des produits pharmaceutiques. La filière pharmaceutique tient ainsi la première place des exportations et des importations régionales. Fort de ces chiffres, le cluster entend « jouer (son) rôle de filière de santé dans un partenariat avec le territoire », indique Guillaume Clément. Une collaboration portée également par Jacques Lemare, vice-président du Conseil général d'Eure-et-Loir : « Il s'agit tout à fait du modèle développé par le Conseil général afin de faire en sorte que notre territoire soit le plus accueillant possible, à l'écoute des industriels pour essayer de répondre aux questions qui nous sont posées. Et avec la possibilité de les faire remontrer au plus haut du pouvoir » mais aussi porter au niveau national « le débat sur le médicament » sur ce que « représente la fabrication du médicament en terme d'emploi, d'exportations... », précise-t-il. Et l'étude de Centréco détaille également le montant des investissements : « depuis 2000, plus de 600 millions d'euros ont été investis par l'industrie du médicament en région Centre, dont 250 M€ entre 2009 et 2012 », indique Caroline Ducroq. Selon l'étude, ces investissements s'inscrivent dans les enjeux liés aux moyens de production mais aussi ceux liés aux portefeuilles de produits du site et à son renouvellement. Un point stratégique pour l'industrie pharmaceutique, comme le souligne Guillaume Clément : « aujourd'hui, en moyenne dans nos usines les molécules ont 18 ans. Cela signifie que les décisions ont été prises à un moment où les réglementations étaient différentes. Quand nous voyons aujourd'hui les capacités industrielles, nous aimerions un vrai dialogue. Nous arrivons à des années charnières ». À travers son président, le cluster pharmaceutique tire donc la sonnette d'alarme pour une filière qui représente « un secteur stratégique en danger, proche du décrochage ». Le débat organisé par Polepharma vise donc à faire émerger des propositions autour de ses trois axes de développement.

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