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Polémique autour des prix des anticancéreux

A.F.

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Le prix des médicaments anticancéreux fait actuellement débat.

Un collectif de 110 cancérologues, emmené par Dominique Maraninchi, l'ex directeur général de l'ANSM et président de l'Inca, et Jean-Paul Vernant, auteur des recommandations du 3e Plan cancer, ont dénoncé l'inflation des prix des anticancéreux innovants dans une pétition publiée dans Le Figaro.

Selon les médecins, aux États-Unis, des dizaines de millions d'Américains ne peuvent avoir accès à ces innovations car ils ne bénéficient ni d'une aide de l'État, ni d'une assurance santé personnelle. Le prix de ces produits serait passé de 10 000 à plus de 12 000 dollars par patient et par an en une quinzaine d'années.

En France, la situation est différente puisque les patients bénéficient d'un régime de santé solidaire. « Mais pour combien de temps ? Et jusqu'à quel niveau d'inflation ? », s'interrogent les médecins. Cette tribune n'a pas manqué de faire réagir Les Entreprises du Médicament. « S'agissant du prix proprement dit, le Leem considère toute comparaison du système français (à prix administrés) avec le système américain (à prix libres) comme non pertinente », a dénoncé l'association. Le Leem a rappelé que le prix d'un nouveau médicament est aujourd'hui fixé par l'État sur la base de la valeur thérapeutique et de l'efficience.

Le collectif de médecins déplore aussi le fait que les prix des nouveaux médicaments explosent alors que leur coût de R&D diminue. « Les nouvelles molécules commercialisées par les industriels visent des cibles définies a priori, et le plus souvent fournies par la recherche publique », expliquent-ils. Avant d'ajouter : « En réalité, les prix des nouveaux traitements du cancer sont déterminés par l'idée que les industriels se font de ce que les marchés sont capables de supporter ».

Les cancérologues ont donc proposé diverses mesures, notamment de définir le prix des anticancéreux sur la base des sommes investies dans la R&D auquel s'ajouterait un retour sur investissement raisonnable. Ils veulent aussi rendre le système d'arbitrage des prix plus transparent et démocratique et restreindre dans certains cas les extensions de durée des brevets. Enfin, ils préconisent d'autoriser l'utilisation de licences obligatoires pour les pays en développement qui leur permettraient la production et l'utilisation de génériques avant même que les brevets tombent dans le domaine public.

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