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Edito : PLFSS, le feuilleton de l'automne

Sylvie Latieule
Edito : PLFSS, le feuilleton de l'automne

© D.R.

Tous les ans à cette époque, c'est la même rengaine. Le gouvernement publie son Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) avec confirmation du déficit et « serrages de ceinture » en perspective. Et lorsque le projet est déposé à l'Assemblée nationale, pour y être amendé et discuté, on n'échappe pas à la valse des communiqués. À tour de rôle, les acteurs de la santé s'insurgent sur tel ou tel aspect du projet en fonction de leurs intérêts. Cette année, le Leem a réagi le premier pour souligner que « les orientations font une nouvelle fois du médicament la principale variable d'ajustement des comptes de l'Assurance-maladie ». La Cour des comptes n'a pas dit le contraire, les objectifs de baisses des prix des médicaments ont crû significativement depuis 2012 et atteindront 970 M€ en 2018, contre 810 M€ en 2017. S'y ajoutent des baisses de volumes et des remises consenties aux pouvoirs publics. Au total, l'effort des laboratoires pharmaceutiques représentera 1,8 milliard d'euros en 2018, selon les données du Leem qui lui sont communiquées par la Direction de la sécurité sociale. Un chiffre certes stable, mais qui déçoit l'industrie pharmaceutique. « Les orientations de PLFSS font une nouvelle fois du médicament la principale variable d'ajustement », a estimé le syndicat. « On espérait que le logiciel du nouveau gouvernement allait changer sur notre secteur. Mais il n'a pas changé ».

L'intersyndicale des prestataires de santé à domicile s'est également indignée pour « un effort de 100 millions d'euros d'économies pour le secteur des dispositifs médicaux ». D'autant plus qu'est introduit un nouvel outil de régulation qui vise à définir une enveloppe maximale de dépenses au-delà de laquelle une baisse des tarifs des dispositifs médicaux et des prestations associées est mise en place. L'outil est qualifié d' « injuste et arbitraire » par la profession qui estime que cela constituerait une menace pour la prise en charge des malades à leur domicile.

Dernier exemple avec la répartition pharmaceutique. La profession, en très grande difficulté, relate que des députés montés au créneau pour la défendre se sont fait rabrouer par le rapporteur du PLFSS. Aujourd'hui, la rémunération des répartiteurs est connectée aux prix des médicaments, et à mesure que les prix baissent, la profession s'enfonce dans la crise. La position n'est plus tenable.

Dans cet exercice convenu, toutes les doléances ont pour effet de faire sortir du bois le ministre de la Santé. Cette année, Agnès Buzyn s'est exprimée dans le Journal du Dimanche. À l'image du pavé lancé dans la mare qui crée une onde au fil de l'eau, l'interview a fait des remous dans les médias. Suivant les spécialités des uns ou les orientations politiques des autres, toutes les mesures de la ministre sont décortiquées, analysées, interprétées... Prix des médicaments ou des cigarettes, remboursement des lunettes, taxes sodas, vaccination des enfants, le tout agrémenté de commentaires sur le harcèlement sexuel, l'info tourne en boucle jusqu'à son épilogue : l'adoption de la loi par le Parlement pour une mise en application, début 2018. Game over ! Et la partie va pouvoir recommencer. Les lobbyistes auront un an pour faire entendre leurs voix dans l'espoir d'un texte plus favorable sur la prochaine édition, qui sera publiée à l'automne suivant, et cetera.

 

« Les orientations de PLFSS font une nouvelle fois du médicament la principale variable d'ajustement ».

 

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