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Plasmabiotics, la désinfection propre

Florence Martinache

Sujets relatifs :

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Financement

50 € d'apport personnel (2009-2010)

40 € d'avances remboursables de la part de l'incubateur IncubAlliance (2009-2010)

20 000 € d'aide à la création de la part d'Oseo (2009)

280 000 € de subventions en tant que lauréat du Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (2011)

20 000 € de prêt d'honneur de la part de Scientipôle Initiative (2011)

Plasmabiotics, la désinfection propre

Daniel Vinteler, p-dg de Plasmabiotics

© Plasmabiotics

Grâce à sa technologie de plasma froid d'azote monoatomique, la jeune société propose une solution de désinfection à la fois écologique et pratique.

Ingénieur support technique dans une société éditrice de logiciels, Daniel Vinteler ne semblait en rien destiné à la désinfection. Pourtant, ce docteur en mécanique des fluides est aujourd'hui à la tête de Plasmabiotics, une jeune société développant une solution de désinfection innovante basée sur l'utilisation d'un plasma froid d'azote. « J'ai lancé ce projet suite à des infections nosocomiales dans mon entourage proche, explique-t-il. J'ai fait des recherches bibliographiques et trouvé un brevet sur la génération d'azote monoatomique, un produit aux propriétés biocides intéressantes ». Le brevet, dont l'inventeur principal est le docteur Mihai Ganciu, est issu du LPGP (Laboratoire de physique des gaz et des plasmas), une unité CNRS située à Orsay (Essonne) travaillant depuis dix ans sur le sujet. Deux ans de congé pour création d'entreprise plus tard, en mars 2011, Plasmabiotics naissait. Durant cette période, entre fin 2008 et fin 2010, Daniel Vinteler a fait mûrir son projet au sein de l'incubateur IncubAlliance, à Orsay, avant d'être accompagné par l'équipe Genopole Entreprises dans la période de post-incubation.

L'un des gros avantages de la solution de Plasmabiotics réside dans la matière première utilisée : l'air. « L'azote est extrait de l'air ambiant dans lequel il existe en proportion de 78 % sous la forme moléculaire N2 », précise Daniel Vinteler. Le générateur de plasma dissocie une partie des molécules en rompant les liaisons à l'aide de décharges électriques créées par deux électrodes. Pour ce faire, ces décharges ont des fréquences et des tensions bien spécifiques, respectivement quelques kHz et quelques kV. Le plasma froid ainsi généré permet une désinfection à pression atmosphérique et à température ambiante, des caractéristiques constituant à la fois un gain de temps (pas de phase de mise en température ou sous vide) et une compatibilité avec les appareils thermosensibles.

Générateur d'azote monoatomique injectant du plasma dans un tube.


Deux applications sont actuellement ciblées par la société : la désinfection des endoscopes et celle des dispositifs médicaux thermosensibles dans une enceinte fermée. Pour la première, le plasma froid est injecté dans les tubes. Parce qu'il n'est pas sous forme liquide, le produit est efficace dans la profondeur du biofilm et permet ainsi de le désactiver. « Il est compatible avec l'ensemble des matériaux, des revêtements et des colles utilisés pour les dispositifs médicaux », précise Daniel Vinteler. Par ailleurs, il n'est pas toxique et ne laisse aucun résidu après son passage.

Actuellement, Plasmabiotics travaille sur deux aspects en parallèle, les validations réglementaires d'une part et l'optimisation de son produit d'autre part. « Nous avons déjà plusieurs prototypes mais ils évoluent », témoigne le p-dg. Le but étant de trouver une combinaison capable d'inactiver chacun des sept agents pathogènes requis par la réglementation, en faisant varier les différentes caractéristiques du plasma. « On peut jouer sur la température, la géométrie des électrodes, la forme de la décharge... Il y a beaucoup de paramètres », poursuit-il.

La petite entreprise a choisi de se positionner sur ces marchés mais pas de s'y enfermer. « Si nous avons l'opportunité de faire des codéveloppements sur d'autres applications, nous n'hésiterons pas », affirme Daniel Vinteler. Mais dans un premier temps, Plasmabiotics adopte une stratégie « opportuniste » pour s'insérer sur le marché. « Notre technologie pourra s'intégrer dans des équipements existants déjà sur le marché : les enceintes de stockage d'endoscopes ou les laveurs désinfecteurs d'endoscopes », détaille le dirigeant. Et pour l'année à venir, les objectifs de Plasmabiotics sont bien définis. Poursuivre le travail de R&D pour l'optimisation du plasma et la validation réglementaire, mais aussi finaliser la recherche de financements, privés cette fois, et enfin renforcer l'équipe. La société actuellement constituée de Daniel Vinteler, Nicolas Moreau, docteur en physique des plasmas, et d'un consultant issu du monde de l'industrie devrait ainsi être enrichie d'un docteur en microbiologie. À long terme, l'entreprise se montre plus ambitieuse : « Nous avons une méthode plus efficace que les procédés de désinfection courants et plus tard, nous allons essayer d'aller vers la stérilisation qui se fera avec un gaz et pas un autoclave à pression et température élevées », projette Daniel Vinteler.

La partie commerciale devrait débuter au quatrième trimestre de l'année 2013. Pour le moment, Plasmabiotics propose sa technologie à quelques sites pilotes et partenaires académiques du monde de la recherche. L'entreprise devrait grâce à cela générer un premier chiffre d'affaires dès 2012.

 

 

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Fiche d'identité

Création : mars 2011

Effectif : 3 personnes

Nombre de brevets : un brevet pris en licence auprès du CNRS et l'université Paris-Sud

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