Nous suivre Industrie Pharma

Pierre Fabre fait aussi rayonner la Corrèze

Pierre Fabre fait aussi rayonner la Corrèze

© Pierre Fabre

Le site logistique international Pierre Fabre d'Ussel en Corrèze fête, cette année, ses 20 ans. Un centre d'envergure pour le groupe, qui distribue les produits issus de ses usines françaises. Reportage en images et visite guidée d'un site duquel sortent près de 1,3 million de colis de médicaments par an.

Se rendre en Corrèze en ce début d'octobre, c'est la garantie de croiser le portrait de Jacques Chirac, qui s'affiche sur les vitrines des commerces d'Ussel, accompagné d'une simple inscription : « merci ». Une rencontre présidentielle qui se mérite. Le site logistique de Pierre Fabre se niche à quelques kilomètres de la troisième ville du département, à proximité d'une bretelle d'autoroute qui le place à plus d'une heure de route de Clermont-Ferrand. Le centre se distingue par son architecture tout en rondeur, pas banale pour un centre de stockage, qui lui donne des faux-airs de stade moderne. Le site vient de souffler ses 20 bougies. Sous ses toits, pas de tribunes mais 11 500 m2 dédiés au stockage des médicaments dont un espace grande hauteur pour le stockage avec des palettes qui culminent à 12,5 mètres de hauteur.

Le centre est l'un des trois sites de distribution du groupe Pierre Fabre, le seul dédié aux médicaments, alors que les deux sites en région toulousaine se consacrent uniquement aux produits dermo-cosmétiques du laboratoire. « Nous réceptionnons les produits finis produits par Pierre Fabre et par ses façonniers. Nous distribuons en France et à l'international, pour tout type de clients et de tailles de commande, cela va de quelques palettes aux échantillons destinés aux médecins », présente Yvan Pons, directeur du site d'Ussel qui souligne la polyvalence du centre. À l'écart des grandes métropoles, la pertinence du choix de la Corrèze pour un site logistique peut cependant interroger. « Le site est facilement accessible par l'autoroute, il est au barycentre de l'activité de production de Pierre Fabre, de ses sites de Gien, de Cahors, Aignan, Pau et Muret », précise le directeur.

Depuis la Corrèze, le centre rayonne sur toute la France et expédie à l'international par camion, par voie maritime avec les ports du Havre et de Marseille et en aérien avec l'aéroport de Toulouse et de Paris Charles-de-Gaulle. Côté prestataires, Pierre Fabre travaille principalement avec Géodis pour les gros volumes, par palette. Ce type d'expédition part ainsi vers la plateforme du transporteur située à proximité d'Ussel, à Brive. Pierre Fabre collabore également avec TNT pour les plus petits lots et les anticancéreux, à température dirigée. Le groupe TNT est également proche, puisqu'il dispose d'un site à Clermont-Ferrand. Pierre Fabre travaille aussi depuis peu avec Star Service pour les envois à température dirigée 15-25°C. Enfin, une navette est aussi mise en place avec la plateforme du répartiteur OCP, basée à Orléans. Des solutions pour distribuer les milliers de boîtes qui sortent chaque jour du site.

Certifié ANSM, le centre d'Ussel traite, chaque année, quelque 152 millions de boîtes de médicaments destinées pour 51,5% au marché français et 48,5 % à l'export. « Sur le marché français, nous expédions principalement directement aux pharmacies et aux grossistes, dans une moindre mesure, aux hôpitaux et médecins », détaille Yvan Pons. Avec cette solution de stockage internalisée, Pierre Fabre peut mettre en avant la réactivité du centre avec des commandes pour les grossistes ou les hôpitaux traitées dans la journée, et un délai maximum de 48 heures pour les expéditions directes vers les pharmacies. À l'heure de la sous-traitance tous azimuts, le groupe français se félicite de disposer d'un tel outil pour entretenir une relation directe avec ses clients. Mais au-delà des chiffres et du volume de commandes traitées, le centre est une mécanique bien huilée. Sa visite guidée se démarre sur une coursive à quelques mètres de hauteur qui donne une vision panoramique sur le parcours d'un colis.

En contrebas se trouve la transitique que l'on suit tout au long de la visite et qui est chargée de transporter les cartons, depuis la préparation des colis jusqu'au filmage sur les palettes. Chaque commande est lancée par un système automatisé qui va composer le détail de la commande, soit en palette, soit en colis complet ou en colis détails, constitués de plusieurs boîtes de médicaments. L'étiquette imprimée et collée sur le carton, sous forme de code-barres, sera régulièrement scannée pour adresser le colis au bon endroit du site, en fonction des impératifs de préparation.

Le bâtiment comprend ainsi plusieurs gares de préparation. À chaque gare, des opératrices réceptionnent le colis et scannent l'étiquette au moyen d'un pistolet radiofréquence. L'appareil sans fil affiche alors des informations sur la référence du médicament à récupérer et le nombre de boîtes à inclure dans le carton, jusqu'à ce que la commande soit terminée ou que le colis soit prêt pour être transféré vers une autre gare. Le système vérifie dans le même temps la validité du numéro de lot. Cet automatisme a été mis en place sur le site en 2014. Les seuls types de colis à ne pas être inclus dans ce système sont les lots d'anticancéreux Braftovi et Mektovi. Ceux-ci sont préparés sur un atelier spécifique.

Des palettes à plus de 12 mètres de haut

Au total, 73 personnes travaillent sur le site, avec autant d'hommes que de femmes. Contrairement à une idée reçue qui voudrait qu'un territoire rural soit forcément sinistré économiquement, le territoire d'Ussel bénéficie de bonnes conditions pour l'emploi. Pour pouvoir recruter, il faut alors mettre en avant les conditions de travail intéressantes du site. L'activité est lissée sur l'année et le centre est ouvert 250 jours par an. Yvan Pons souligne les horaires de travail raisonnables et des métiers « attractifs », dans un environnement pharma traditionnellement plus propre que d'autres industries du bois ou du métal présentes dans le département. Le relatif isolement géographique reste cependant un problème pour faire venir des emplois qualifiés. « C'est quelque chose que l'on voit apparaître depuis deux ou trois ans », indique Yvan Pons au sujet des difficultés de recrutement.

Pas de quoi décourager le directeur qui nous accompagne jusqu'au coeur du site, l'espace de stockage grande hauteur. Ici les palettes culminent à plus de dix mètres de hauteur, 12,5 mètres pour être précis. Et la différence est sensible, lorsque l'on se trouve en haut de l'une des cabines d'un chariot grande hauteur, chargé de déplacer les palettes arrivantes et sortantes sur les rayonnages. 250 à 300 palettes sont ainsi transportées chaque jour. C'est notamment sur cette zone que vont être stockées les palettes en « quarantaine » en attendant leur libération par le site de production.

Sur cette partie de stockage, la réglementation pourrait bientôt faire évoluer le métier. Pour prévenir les ruptures de stocks, les industriels pourraient ainsi être contraints de prévoir des stocks de 2 à 4 mois pour des produits qui représentent un intérêt thérapeutique majeur. « Cela pourrait générer des immobilisations supplémentaires, mais il faudrait que le nombre de produits concernés soit vraiment conséquent pour que cela impacte notre métier », souligne Yvan Pons.

Nous quittons la partie grande hauteur pour arriver à la fin de la chaîne logistique. Une étape qui marque le terminus pour le parcours des colis, la transitique débouche sur un atelier où un automate va positionner une cale en carton pour maintenir les différents produits en place et refermer les colis. C'est aussi sur cette dernière étape que sont vérifiés, une dernière fois, les colis par un contrôle pondéral pour s'assurer que le poids corresponde à la composition théorique du carton. Les palettes filmées seront ensuite adressées vers les quais qui voient transiter une dizaine de camions par jour.

Des efforts pour maîtriser la consommation énergétique

En complément de cette partie en surface, le centre comprend un sous-sol qui héberge une zone réfrigérée, de même qu'un espace de stockage pour les emballages isothermes et les installations liées à la production d'utilités. L'occasion d'aborder avec le directeur la question de la maîtrise de l'énergie. Le site de Pierre Fabre est chauffé une grande partie de l'année pour respecter les critères liés au 15-25 °C. La problématique environnementale a cependant fait passer le site à un éclairage led qui a, depuis, été réduit, avec deux leds sur trois allumées, pour économiser de l'énergie. La partie en sous-sol constituera la dernière halte de notre exploration du site avant de regagner la coursive.

L'avantage d'une visite dans un bâtiment rond, c'est que l'on revient à son point de départ, sans même s'en rendre compte. À l'accueil du site, une vitrine présente les différents produits du laboratoire en transit sur la plateforme. Le portrait de Pierre Fabre n'est pas loin. Nul doute que son amitié avec Jacques Chirac n'a pas dû souffrir du choix du fondateur d'installer son centre logistique en Corrèze. Un site qui participe à faire rayonner le laboratoire Pierre Fabre en France et à l'étranger.

LE SITE LOGISTIQUE INTERNATIONAL D'USSEL EN CHIFFRES

  • Inauguré en 1999
  • 11 500 mètres carrés de surface
  • 5 400 colis par jour, 1,3 million par an
  • 1 700 expéditions par jour
  • 2,67 millions de lignes de commandes
  • 120 pays à l'international

 

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Produire au temps du coronavirus

Produire au temps du coronavirus

Garantir la sécurité des collaborateurs et assurer la continuité de la production de médicaments : depuis le début de la crise sanitaire, l'industrie pharmaceutique remplit sa mission au prix de nombreux[…]

Entrepôt : « Construire un site autant logistique qu'industriel »

Entrepôt : « Construire un site autant logistique qu'industriel »

Transport : « La crise a renforcé notre relation avec les industriels »

Transport : « La crise a renforcé notre relation avec les industriels »

[Dossier logistique] : Tirer les leçons de la crise

[Dossier logistique] : Tirer les leçons de la crise

Plus d'articles