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Photo inédite de la chimie francilienne

Julien Cottineau

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C'est une première. L'UIC Ile-de-France a présenté le 13 décembre une étude sur la situation du secteur dans la région. Le rapport, concocté avec le cabinet Assembly Conseil, dresse une photographie relativement complète de l'évolution de la chimie en Ile-de-France entre 2006 et 2010 à travers un panel de 340 sociétés de toute taille, de la TPE à la multinationale. Si aucune grande plateforme chimique ne garnit le territoire, cette région pèse pourtant lourd dans le paysage sectoriel. L'Ile-de-France recense 52 800 salariés sur les 156 000 de la chimie en France et près de 1 300 établissements. Certes, la région concentre de nombreux sièges sociaux avec des fonctions administratives et support, ainsi que des fonctions commerciales. Toutefois, les sièges abritent parfois R&D et production, laquelle est malgré tout loin d'être absente du paysage. L'Ile-de-France concentre aussi les plus grands groupes et entreprises de taille intermédiaire, qui se taillent la part du lion : les acteurs générant un chiffre d'affaires annuel de plus de 100 millions d'euros ne comptent que pour 21 % des entreprises mais pèsent pour 88 % des ventes totales. En comparaison, celles qui génèrent entre 1 et 10 M€ de ventes annuelles, comptent pour 40 % des acteurs mais ne pèsent que pour 2 % du total des ventes. Au niveau de l'origine, 41 % des entreprises sont détenues par des groupes étrangers.

« Un chiffre d'affaires en faible progression »

L'étude dresse trois constats. En cinq ans, malgré la crise, le chiffre d'affaires a progressé. Certes, faiblement. Sans mentionner de chiffre précis mais à l'aide d'une évolution en base 100, l'étude observe de fortes disparités entre les 7 grands segments d'activités identifiés. Celui du traitement des déchets s'affirme comme un champion, avec un chiffre d'affaires doublé sur la période. Pour autant, cette performance correspond plus à l'émergence de ce type d'activités et à la faiblesse inhérente de son point de départ. Il ne compte d'ailleurs que pour 3 % des sociétés sondées. Sans surprise, la chimie de base (7 % des sociétés), le commerce chimique (34 %), les savons et détergents (2 %) ont vu leur chiffre d'affaires régresser ou tout juste se stabiliser. Ceux des autres spécialités (30 %) et de la parfumerie (12 %) ont progressé de près de 20 %, tandis que celui du commerce de parfumerie (12 %) affiche une progression deux fois plus importante.

Le second constat porte sur la rentabilité, laquelle a évolué en moyenne de 7 %. Selon cet indicateur, les segments des savons et détergents, de la parfumerie et du commerce de parfumerie ont tous progressé et sont au-dessus de la moyenne. Celui des spécialités a perdu près de dix points pour se situer juste au-dessus de la moyenne, tandis que celui de la chimie de base n'avait pas retrouvé en 2010 son niveau de 2006 et n'a jamais évolué au-dessus de la barre des 4 %. Enfin, du côté de l'emploi, l'étude note un léger recul des effectifs, avec une érosion continue annuelle de -0,5 % à -1,5 % depuis 2008. A l'exception du commerce de parfumerie, aucun segment n'y a échappé, en premier lieu ceux du commerce chimique et des savons et détergents.

Malgré ces chiffres en demi-teinte, l'étude estime que la chimie francilienne dispose de deux atouts majeurs pour son avenir. La diversité des activités et des acteurs et la capacité d'innovation permettent d'équilibrer la donne et de favoriser l'essor d'activités émergentes, en particulier la chimie verte, qui promettent des ouvertures vers de nouveaux marchés.

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