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Pharmacie/SmithKline Beecham : nouvelle baisse du prix du Clamoxyl

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C'est l'heure du deuxième bilan pour SmithKline Beecham, après sa décision d'aligner le prix de son antibiotique Clamoxyl, forme par forme, sur celui de l'amoxicilline - la moins chère en juillet 1996. La première année avait été positive, du point de vue médical et économique. En janvier 1999, ces acquis apparaissent menacés, entraînant un effritement des parts de marché de Clamoxyl : Clamoxyl compte pour 12,3% des prescriptions d'antibiotiques en 1997/98 (les amoxicillines pour 25,9%) contre 14,5% en 1996/97 (26,8%), chiffre qui avait fait un bond par rapport à l'année précédente suite à la décision de SB (8,8% en 1995/96 dont 25,9% pour l'ensemble de la classe). Le médicament de SB avait donc réussi, en plus de sa propre croissance, à tirer toute une classe pharmaceutique par rapport aux autres antibiotiques : macrolides, céphalosporines et autres, dans les cas d'infections à pneumocoque. Ce ralentissement dû à la pression gouvernementale pour l'emploi des génériques, a conduit SB à effectuer un deuxième alignement en janvier 1999 (qui correspond à une baisse moyenne des prix de 17%) tout en maintenant ses services attachés à ce produit. Mais derrière cet acte "mécanique" de baisse des prix, repose tout l'engagement de SB pour défendre la valeur médicale de l'amoxicilline : "tout le sens de cette démarche vient de notre conviction que l'amoxicilline est le traitement de choix dans ce type d'infections" explique Olivier Bohuon, le président de SB. Un effort "considérable" accompli par la compagnie destiné à poursuivre le développement d'une classe de médicaments d'une efficacité incontestée, ce que ne permettent pas les génériques. Clamoxyl s'est ainsi vu accorder un nouveau libellé (pour l'éradication de l'Helicobacter pylori dans le cadre d'une trithérapie) et une AMM supplémentaire (dans le cas du traitement court de l'angine aiguë streptococcique chez l'adulte et chez l'enfant en juin 1998), sans que ces nouvelles prescriptions bénéficient de protections légales. Du point de vue économique, la Sécurité sociale a pu réaliser des économies importantes : 240 MF en 1997 (contre les 170 MF attendus suite à la décision du CNAM concernant les génériques), et 240 MF en 1998, grâce à la baisse du prix mais aussi de la substitution qui a eu lieu entre les différentes classes (le traitement de l'angine par macrolides coûte trois fois plus cher que celui par amoxicilline). Un argument de plus pour justifier la démarche de SB, qui veut éviter la substitution en pharmacie préjudiciable à la relation patient-médecin, et précise que son action évite "un laisser-aller vers le "tout générique", qui peut être
malsain et pose un véritable problème dans le cas de maladies chroniques". Sans condamner les génériques dans leur ensemble mais la focalisation sur les économies attendues des génériques, SB s'est engagé dans une lutte difficile : malgré son alignement, Clamoxyl se trouve pénalisé par des taxes sur les ventes directes, sur la promotion, par une remise légale différente des génériques... tout en sachant que la société aurait subi un manque à gagner trois fois supérieur si elle n'avait rien fait, soit 150 millions de francs par an entre 1996 et 1998. Mais le groupe ne peut se résoudre à ce système qui avait annoncé la mort programmée d'un princeps dont la qualité justifie un développement actif. n

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