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Pharmacie/Sida : l'industrie fait face aux critiques dans le cadre du procès sud-africain

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La Fédération internationale de l'industrie du médicament (FIIM) a déploré que le procès sur les médicaments génériques antisida en Afrique du Sud soit " utilisé pour décrire l'industrie pharmaceutique comme un obstacle à l'accès durable aux médicaments " pour les plus pauvres. " L'industrie pharmaceutique est en fait un partenaire engagé dans la recherche de solutions ", et le procès en Afrique du Sud porte sur " un différend quant à la constitutionnalité de mesures législatives choisies par un gouvernement ", affirme la FIIM. Selon la Fédération, la seule manière d'améliorer vraiment l'accès aux médicaments sera l'augmentation du budget national pour les traitements antisida et un plus grand soutien des gouvernements et des pays donateurs de l'OCDE. " L'industrie pharmaceutique croit fermement que l'affaiblissement et l'atteinte aux droits de propriété inscrits dans les accords commerciaux internationaux revient à décourager l'investissement, la recherche et le développement (de remèdes), et que des facteurs autres que les droits de propriété intellectuelle sont à la racine des problèmes de l'accès aux médicaments ", selon la fédération. Rappelons que la loi sud-africaine de 1997, actuellement bloquée, qui favorise l'accès à des médicaments génériques, via l'importation parallèle ou la production locale, est attaquée en justice par 39 firmes pharmaceutiques estimant qu'elle enfreint les règles de la propriété intellectuelle aux termes des accords sur la propriété intellectuelle (TRIPS) de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le mouvement de la Croix-Rouge a estimé que " l'OMC a son rôle à jouer dans la recherche d'une réponse humanitaire adaptée à l'ampleur du défi. Si les poursuites engagées contre le Brésil et l'Afrique du Sud devaient aboutir, les mesures d'urgence adoptées par l'OMC au bénéfice de la santé seraient alors sans effet ". Début février, les Etats-Unis ont obtenu que l'organe de règlement des différends de l'OMC examine la conformité aux règles des accords TRIPS de la production de médicaments génériques brésiliens dont les brevets sont d'origine américaine. Par ailleurs, Boehringer Ingelheim a réaffirmé son opposition à la loi sud-africaine favorisant les génériques, contre laquelle elle a porté plainte avec 38 autres firmes. " Boehringer Ingelheim ne retirera pas sa plainte ", a martelé le groupe, soulignant la nécessité de défendre ses brevets. Bayer qui, contrairement à Boehringer Ingelheim, ne fabrique pas de médicaments contre le sida, s'était lui aussi montré inflexible dans son opposition à cette loi sud-africaine, au nom lui aussi du droit de propriété. " Il s'agit de défendre nos brevets. Si nous cédons en Afrique du Sud, cela peut s'étendre au niveau mondial. Ce serait autant d'argent de perdu pour la recherche. Et nous ne pouvons pas nous le permettre vis-à-vis de nos actionnaires ", a déclaré Michael Diehl, porte-parole du groupe. Pour le gouvernement sud-africain, ces accusations sont infondées. Un porte-parole du ministère de la Santé, Sibani Mngidi a donné l'exemple de l'accord passé entre l'Afrique du Sud et la firme pharmaceutique Pfizer, qui ne fait pas partie des compagnies pharmaceutiques engagées dans l'action en justice contre l'Afrique du Sud. De son côté, le ministre kenyan de la Santé, Sam Ongeri, a annoncé qu'il allait introduire au parlement une législation permettant d'importer à moindre prix des médicaments antirétroviraux (ARV) contre le sida, conformément, selon lui, aux accords internationaux de commerce. La ministre allemande de la Coopération et du Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, a quant à elle appelé les groupes pharmaceutiques à retirer leur plainte contre l'Afrique du Sud : " L'Afrique du Sud doit prévenir une catastrophe nationale ". La propagation de l'épidémie du sida constitue selon la ministre allemande " une situation nationale d'urgence ", situation qui justifie l'application de la clause d'exception prévue par les accords internationaux TRIPS (Trade Related Intellectuel Property Rights). " Il nous faut coopérer plutôt que nous affronter ", a estimé H. Wieczorek-Zeul. Selon Ulrich Bock, porte-parole de la société allemande Boehringer Ingelheim " Le retrait de la plainte ne peut être une action isolée. C'est une décision qui doit être prise de concert avec les autres groupes soutenant la plainte ". Pour sa part, le président sud-africain, Thabo Mbeki, a regretté que la question des médicaments bon marché " finisse au tribunal ", mais a mis en garde contre une " lutte permanente " si les besoins des malades des pays pauvres et les impératifs commerciaux ne sont pas conciliés. De son côté, Novo Nordisk a déclaré que le groupe " ne comptait pas retirer sa plainte, car il s'agit d'une question essentielle de protection de nos droits non seulement en Afrique du Sud, mais ailleurs dans le monde ", alors qu'environ un millier de Danois a manifesté devant un laboratoire du groupe pharmaceutique pour protester contre le procès contre l'Afrique du Sud. " Nous exigeons la protection de nos droits de brevets. Ce qu'on a fait en Afrique du Sud c'est de l'expropriation, de la piraterie, et c'est inacceptable " a affirmé Lars Rebien Soerensen, directeur de Novo Nordisk. Les accords de réduction de prix semblent devenir la seule issue, comme le prouve le gouvernement ivoirien, qui a obtenu une baisse de 80 à 90 % du prix des antirétroviraux pour le traitement du sida. " Le coût de la thérapie passe ainsi de 300 000 FCFA (3 000 FF, 457,35 €) à 75 000 FCFA (750 FF, 114,34 €) par mois et par malade ", estimant une baisse de " 80 à 90 % du prix du traitement par les antirétroviraux ". Cette amélioration de l'accès aux soins pour les malades du sida en Côte-d'Ivoire via une baisse du prix du traitement a été accordée par les laboratoires Merck Sharp et Dohme (filiale du groupe américain Merck), Bristol-Myers Squibb et GlaxoSmithKline, précisant que " des négociations sont en cours avec d'autres laboratoires ". La Côte-d'Ivoire est le pays d'Afrique de l'Ouest le plus touché par le virus, avec un taux de prévalence nationale de 10 %.

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