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Pharmacie/Roche enregistre en 99 une hausse de 31% de son bénéfice

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Roche, un des derniers groupes pharmaceutiques à n'avoir pas cédé aux sirènes de la fusion comme AstraZeneca, Rhône-Poulenc/Aventis ou Glaxo/SmithKline, poursuit sa course avec un taux de croissance supérieur au marché et se maintient dans le top ten mondial. Le groupe suisse a enregistré en 1999 un chiffre d'affaires à 27 567 millions de francs suisses (17,2 Mrds €), en hausse de 12 % (à comparer avec une croissance du marché mondial de l'ordre de 8 à 9 %). Son bénéfice net consolidé, en croissance de 31 % a atteint à 5 764 MFS (3,6 Mrds €) malgré des provisions de 2,4 Mrds FS destinées à couvrir l'ensemble des amendes et indemnisations liées à l'affaire de fixation des prix des vitamines. Cette charge exceptionnelle a en en fait été largement compensée par des plus-values dégagées sur la cession d'actions de sa filiale biotechnologique Genentech à hauteur de 4,5 Mrds FS. Hors éléments exceptionnels, la hausse du résultat est ramenée à +15 %. " Genentech a passé une période difficile dans les années 1995 à 2000 ", souligne Franz B. Hummer, chief executive officer du groupe, " mais l'an dernier ses ventes ont augmenté de 50 % à 1,5 Mrd FS, sans compter les revenus de licences, c'est-à-dire grâce à la seule vente de produits. Dorénavant Genentech va enregistrer une croissance de ses ventes supérieures à celles des dépenses ". Genentech a notamment bénéficié du lancement de deux produits l'Herceptin, pour le traitement du cancer du sein, et le Mabthera contre le lymphome non hodgkinien Le groupe " s'est fixé comme priorité une croissance interne ", souligne F. Humer qui estime que " rien ne prouve qu'en doublant ses dépenses de recherche et développement, on multiplie par deux le nombre de nouveaux produits ". Cependant, le président du groupe n'est pas opposé à des acquisitions " si celles-ci entrent dans la stratégie et ajoutent de la valeur ". La stratégie actuelle de Roche est surtout basée sur d'importants efforts en matière de recherche et développement qui ont augmenté de 11 % à 3,8 Mrds FS (soit 14 % du chiffre d'affaires) et dans le marketing. Les investissements destinés au lancement de nouveaux produits ont augmenté de 1 Mrd FS à 7,8 Mrds FS (28 % du CA), afin de favoriser l'entrée sur le marché de l'antigrippal Tamiflu et du Xenical, un médicament contre l'obésité. La division pharmaceutique (60 % des ventes du groupe) a conforté sa position sur le marché mondial grâce à ces deux produits. Le Tamiflu, lancé aux Etats-Unis, en Suisse et au Canada, détient 70 % du marché aux Etats-Unis et devrait être lancé en Europe dès cet automne. Le Xenical, lancé il y a environ un an, est déjà le troisième produit du groupe (940 MFS) derrière la Rocéphine (1 760 MFS) et la Roaccutane (1040 MFS). Ce médicament pourrait passer à un stade supérieur de croissance avec de nouvelles indications, notamment pour retarder l'apparition de diabète de type II (non insulino-dépendant) chez les obèses. La division pharmaceutique du groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 16 487 MFS, soit une croissance de 15 % et un bénéfice avant taxes et amortissements (Ebitda) de 4 759 MFS, ce qui représente une marge bénéficiaire de 29 %. Parmi ses principaux atouts, Roche détient une importante palette de produits récents ou en phase de lancement, ce qui réduit son exposition aux risques liés à l'expiration de brevets. L'an dernier, seulement 13 % de ventes du groupe ont été réalisés avec des produits susceptibles de passer dans le domaine public dans les cinq ans à venir (contre 40 % pour Merck ou Eli Lilly et même 60 % pour AstraZeneca). Parmi les médicaments prometteurs figurent le Bondronat (cancer du sein), le Bonviva (ostéoporose) et le Pegasys (hépathite C chronique). Ces deux derniers devraient être commercialisés dès 2001. La division "diagnostics" a enregistré une croissance de ses ventes de 14 % à 5 282 Mrds FS, confortant, Roche " comme leader mondial des produits pour diagnostic " avec une part de marché de 16 %, depuis la reprise des activités de Boehringher Mannheim. Dans ce secteur, Roche a réalisé un bénéfice opérationnel (Ebitda) de 1 430 MFS (27 % du CA). La division "vitamines et produits chimiques" a bouclé l'année avec une faible hausse (1 %) de ses ventes à 3 649 MFS et un bénéfice opérationnel de 799 MFS (22 % du CA). La division "parfums et arômes" a enregistré une hausse de 5 % de ses ventes à 2 149 MFS (+5 %) et un bénéfice d'exploitation de 524 MFS, ce qui représente une amélioration de la marge bénéficiaire de 13 à 19 %. Le groupe attend le feu vert des actionnaires pour introduire cette activité en Bourse sous le nom de Givaudan, si possible avant la fin juin. En France, Roche a réalisé un chiffre d'affaires de 8 107 MFF (dont 451,8 MFF dans les vitamines). En France, la progression des ventes a également été supérieure au marché pharmaceutique et le groupe suisse se positionne comme le huitième laboratoire français et le premier sur le créneau de l'hôpital. Les ventes devraient largement augmenter avec le lancement du Tamiflu - pour lequel Roche souhaite demande le remboursement à moyen terme - et de l'Herceptin. Roche compte douze implantations sur le sol français et a investi sur ces sites 1 441 MFF depuis 1995. Le principal investissement en cours (200 MF) est la modernisation du site de Fontenay-sous-Bois qui devient le centre d'excellence du groupe pour la production d'injectables.

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