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Pharmacie/Le Cipro de Bayer au centre de la psychose due à la maladie du charbon

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Après que Bayer ait annoncé vouloir augmenter ses capacités de production en Ciprobay (chlorhydrate de ciprofloxacine, commercialisé sous le nom de Cipro aux Etats-Unis) de 25 % à partir du 1er novembre prochain, en prévision d'une forte hausse de la demande pour ce médicament, le seul autorisé aux Etats-Unis pour le traitement de cette pathologie, le groupe a révélé qu'il devrait tripler la production du traitement aux Etats-Unis, et produire 200 millions de cachets dans les trois prochains mois. La production normale sur une telle durée n'atteignait avant que 60 millions de cachets. Selon un porte-parole du groupe de Leverkusen, " les signes d'une augmentation de la demande sont déjà visibles ", alors que les scientifiques américains ne croient pas à une contamination naturelle par le bacille du charbon en Floride, sur la base des informations qui émergent de l'enquête et en raison des caractéristiques de la bactérie incriminée (Bacillus anthracis). Le groupe a ainsi multiplié par quatre les capacités de production de l'unité française produisant le Ciflox (nom commercial du Cipro en France), en faisant tourner l'unité 6 jours sur 7 et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les mesures de sécurité de l'unité de production ont d'ailleurs été fortement renforcées. Une unité allemande sera également remise en service. Aux Etats-Unis, l'administration Bush va demander au congrès de voter un budget permettant l'achat d'une quantité de Cipro suffisante pour traiter 12 millions de personnes pendant une période de deux mois. Actuellement, les réserves en médicament du gouvernement ne permettraient de traiter que 2 millions de personnes pendant deux mois. Le secrétaire d'Etat américain à la santé a toutefois dissuadé les Américains de se jeter sur les antibiotiques. Les probabilités d'une contamination naturelle vont de " zéro à aucune ", a cependant déclaré le sénateur de Floride, Bob Graham, après s'être entretenu avec Jeffrey Koplan, directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d'Atlanta (Géorgie) qui enquête sur les deux cas, dont le premier s'est traduit par la mort d'un homme en Floride. Sur la base des informations transmises par le CDC, le sénateur a encore estimé peu probable que la contamination ait eu lieu " sans intervention humaine ". Si Bayer ne croit pas en une pénurie prochaine en Cipro, la totalité des stocks américains a été vendue à la suite des derniers événements, ce qui a poussé le groupe à augmenter la production. Les prescriptions ont augmenté de 27 % au cours de la semaine finissant le 28 septembre, par rapport à la même période l'an passé. Ironie du sort, ce traitement apparaissait, il y a encore peu, comme un élément négatif du portefeuille de Bayer, son brevet devant arriver à échéance en 2004. Le Cipro devrait voir ses ventes mondiales atteindre 1,8 Mrd $ d'ici à la fin de l'année, selon un analyste de JP Morgan à Londres. Le Cipro avait obtenu son autorisation de mise sur le marché de la FDA pour le traitement d'une exposition au charbon en août 2000. Médicament le plus vendu du groupe, Ciprobay demeure l'un de ses seuls traitements vedettes. Il a généré l'an dernier un chiffre d'affaires de 1,61 Mrd $, dont 980 M$ sur le seul marché américain. Le producteur indien de génériques Cipla, ainsi que l'israélien Teva, l'américain Barr Labs et l'indien Ranbaxy, ont proposé de fournir un générique du Cipro pour le marché américain, afin de faire face à une éventuelle pénurie, malgré le fait que ces génériques ne pourront être mis sur le marché qu'à partir de 2004, date d'expiration du brevet protégeant le médicament de Bayer. Selon Yusuf Hamied, chairman de Cipla, " le gouvernement américain devrait demander à Bayer de céder une licence de commercialisation de versions génériques de son Cipro en échange de redevances, dans le cas où une pénurie devrait survenir ". Selon un porte-parole de la FDA, l'offre en Cipro sera suffisante pour faire face à l'augmentation de la demande, tant que les gens ne se jettent pas sur le médicament de façon inconsidérée. Par ailleurs, certains médecins et scientifiques restent sceptiques sur l'utilité du Cipro en cas de contamination. " Personne ne connaît exactement la dose ou le traitement optimal, ni même si ce médicament est réellement efficace ", estime dans le New York Times le docteur Vincent Quagliarello, directeur du département des maladies infectieuses à l'université de Yale. D'après David Franz, un ancien responsable de la défense biologique de l'Armée américaine, cité par le quotidien, des essais réalisés sur les animaux permettent même de croire " qu'une fois que les premiers symptômes se manifestent, il est déjà trop tard ". Ces prises de positions vont à l'encontre de ce qu'annonce Bayer depuis août 2000. Dans une note d'informations aux patients américains, disponible sur Internet depuis cette date, Bayer revendique le fait que ce médicament est considéré comme un traitement de choix de la forme pulmonaire de la maladie du charbon par l'armée américaine et le CDC.

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