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Pharmacie/Glaxo et SmithKline sur le point de devenir le n°1 mondial

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Les groupes britanniques de pharmacie Glaxo Wellcome, n°2 mondial et SmithKline Beecham, n°12 mondial, viennent d'annoncer leur projet de fusion pour créer le groupe GlaxoSmithKline, numéro un mondial du secteur, d'une valeur boursière de 189 milliards de dollars. Cette capitalisation boursière propulsera le groupe à la première place des valeurs britanniques à la Bourse de Londres, devant BPAmoco. GlaxoSmithKline a un chiffre d'affaires (pro forma 98) de 24,9 Mrds $ dont 20,9 Mrds $ pour les médicaments de prescription (plus de 23 Mrds $ en 1999), ce qui représente une part du marché mondial de 7,3 %, loin devant AstraZeneca (4,6 %), et même devant l'ensemble Pfizer-Warner-Lambert en cas d'aboutissement de leur fusion. C'est visiblement l'annonce en décembre de la retraite anticipée de Jan Leschly, directeur général de SmithKline Beecham, qui a précipité le projet d'une prochaine fusion. Ainsi, deux ans après une tentative de rapprochement ratée, les négociations actuelles paraissent en bonne voie. En effet, en janvier 1998, les deux groupes avaient déjà lancé un projet de fusion, qui avait échoué à cause de luttes de pouvoir. Jan Leschly avait refusé d'accorder le fauteuil de président de GlaxoSmithKline à Richard Sykes, président de Glaxo Wellcome, entraînant du même coup la rupture des négociations. Le français Jean-Pierre Garnier, 52 ans, qui remplacera J. Leschly en avril, pourrait être nommé directeur général du groupe jusqu'en 2002, date à laquelle R. Sykes, président non exécutif du nouvel ensemble, atteindra ses soixante ans. Il pourrait alors laisser ses fonctions à J.-P. Garnier, pour prendre un poste prestigieux à l'université. Les 14 membres du conseil d'administration de GlaxoSmithKline proviendront à parité des conseils actuels des deux compagnies. Toutefois, son comité exécutif sera numériquement dominé par les hommes de Glaxo. Sur six dirigeants, quatre viendront du champion de la pharmacie britannique. En revanche, les équipes de SmithKine Beecham tiendront deux postes clé : la direction générale (Jean-Pierre Garnier) et la R&D menée par le japonais Tadataka Yamada. Enfin, Robert Ingram, numéro deux de Glaxo sera le numéro trois du groupe en tant que directeur des opérations monde et des opérations pharmaceutiques. La fusion, qui se fera par échange d'actions, est prévue pour l'été. Il s'agit " d'une fusion d'égaux ", n'offrant pas de primes aux actionnaires de la plus petite des deux sociétés, les termes de l'échange d'actions étant basés sur les cours récents des deux groupes. Les actionnaires de Glaxo possèderont initialement 58,75 % du nouveau groupe et ceux de SmithKline 41,25 %. Ces derniers recevront 0,4552 action du nouveau groupe pour chaque action SmithKline tandis que le ratio sera de un pour un pour ceux de Glaxo. Le siège social sera situé à Londres, mais le siège opérationnel, avec l'état-major du groupe se basera aux États-Unis, dans la région de New York. En fusionnant, les deux groupes britanniques comptent dégager 1,7 Mrd $ d'économies annuelles avant impôts d'ici à trois ans, dont 415 M$ directement réinvestis en recherche et développement. Cette somme s'ajoute aux 950 M$ que doit entraîner la rationalisation en cours de l'outil de production des deux groupes. GlaxoSmithKline, leader mondial de la pharmacie, sera premier sur le marché américain, qui représentera 45 % de son chiffre d'affaires, en Europe, avec 33 % et en Asie. Il restera moins représenté au Japon, deuxième marché mondial, puisqu'il n'occupera que la 18e place. Le groupe va maintenir sa force de vente, deux ou trois fois supérieure à celle de Novartis ou de Johnson & Johnson, avec un effectif de 7 200 visiteurs médicaux sur un effectif global de 40 000 employés dans la vente. Il possédera la plus grosse force de vente aux États-Unis, premier marché pharmaceutique au monde, et une répartition géographique homogène de ses ventes dans le reste du monde. Le rapprochement va créer un potentiel colossal en recherche et développement, avec un budget cumulé annuel de 4 Mrds $. Cet investissement permettra la découverte de nouvelles molécules par des technologies de screening et de bio-informatique développées par Glaxo. Du côté de SmithKline Beecham, ce pionnier dans la recherche du génome devrait sortir une kyrielle de médicaments dans quelques années. Selon les analystes financiers, son résultat net devrait progresser plus vite que la moyenne du secteur entre 1998 et 2003. Mais SmithKline Beecham conservait une fragilité à court terme. Pour financer tous ces développements, il comptait sur le succès d'un seul grand produit, le traitement du diabète Avandia dont le potentiel est évalué à plus de 2 Mrds $ en 2003. Les récentes difficultés à le faire homologuer avaient rendu les investisseurs nerveux. Avandia va donc faire partie des projets de développement de GlaxoSmithKline, ainsi que dix autres médicaments phares dont l'Ariflo pour le traitement des affections respiratoires prévu en 2001 aux États-Unis, un anticancéreux et plusieurs vaccins. Le futur groupe qui mise également sur le nouvel antigrippal de Glaxo, le Relenza, possédera l'un des plus importants pipelines de l'industrie pharmaceutique, avec un total de 30 nouvelles entités chimiques et 19 vaccins en phase II et III de développement clinique. La fusion propulsera le groupe comme leader mondial dans trois des cinq plus importants domaines thérapeutiques mondiaux, qui représentent 50 % du marché global : les anti-infectieux, le système nerveux central, les maladies respiratoires, le métabolisme et les vaccins. GlaxoSmithKline Beecham devrait prendre la première place mondiale dans les anti-infectieux avec un CA de 6,2 Mrds $ (16,9 % du marché), les maladies respiratoires, avec des ventes de 3,6 Mrds $ (16,8 % du marché), et les vaccins pour 1,2 Mrd $ (plus de 33 % du marché). Il s'arrogerait la deuxième place dans le système nerveux central avec 4,4 Mrds $ (11,6 % du marché) ainsi que l'alimentation et le métabolisme avec 2,7 Mrds $ (7 % du marché). Enfin Glaxo et SmithKline sont positionnés sur des axes thérapeutiques complémentaires. Dans le domaine respiratoire, Glaxo est présent dans l'asthme, et SmithKline Beecham dans les antibiotiques. Même chose dans le système nerveux : les antimigraineux chez Glaxo, les antidépresseurs pour SmithKline Beecham. Chacun est positionné sur des marchés où l'autre est absent : les traitements du sida, avec notamment l'Epivir et le Combivir (Glaxo) et les vaccins (SmithKline Beecham). Les doublons sont limités aux marchés de l'herpès et des antivomitifs. De plus, le secteur des produits de soin, avec un chiffre d'affaires de 3,9 Mrds $, a atteint le deuxième rang mondial dans l'automédication et la quatrième place dans l'hygiène dentaire, avec les marques Aquafresh et Odol. Le portefeuille de produits pharmaceutiques de GlaxoSmithKline inclut 19 produits d'un CA supérieur à 415 M$ et totalise un CA global de 14,7 Mrds $, c'est-à-dire les deux tiers des ventes du groupe. L'antidépresseur Seroxat/Paxil est le médicament phare de SmithKline, avec un CA de 1,7 Mrd $, l'anti-ulcéreux vedette de Glaxo, Zantac, a atteint 1,2 Mrd $ de CA. Citons aussi l'Augmentin de SmithKline, antibiotique au CA de 1,6 Mrd $ et l'antimigraineux Imigran/Imitrex de Glaxo qui pèse 1,1 Mrd $. Cependant les brevets de deux importants produits de Glaxo, le Zantac et l'antiherpétique Zovirax, sont en train de tomber dans le domaine public. Ce qui lui a déjà coûté, en 1999, 800 M£ (1,2 Mrd $). Quand à l'Augmentin de SmithKline Beecham, le brevet tombera dans le domaine public en 2002. Une fusion de telle ampleur est toujours accompagnée de plans de restructuration drastiques. Le coût de restructuration accompagnant cette alliance est exceptionnelle, s'élevant à 1,8 Mrd $ étalé sur trois ans. L'effectif global du nouveau groupe s'élèvera à 105 000 personnes, et les syndicats redoutent quelque 15 000 suppressions d'emplois à l'échelle mondiale, dont 3 000 au Royaume-Uni. Les dirigeants des deux groupes n'ont communiqué aucun chiffre sur l'ampleur des réductions. Si la fusion de Glaxo et SmithKline Beechman aboutit à la création d'un colosse, dominant le marché pharmaceutique actuel, elle rentre également dans la stratégie générale des entreprises pharmaceutiques. Après la naissance très récente de géants comme Aventis, AstraZeneca, Sanofi-Synthélabo et la conditionnelle fusion de Pfizer-Warner-Lambert, les 7 % de marché détenus par le nouveau leader illustrent la possibilité de nouveaux regroupements de sociétés telles que Bristol-Myers Squibb, Roche, Eli Lily ou Merck. Dans une industrie qui demeure très dispersée, à la concurrence féroce, le phénomène actuel de concentration ne peut que se durcir. Le nouvel ensemble GlaxoSmithKline disposera lui-même d'un cash-flow de 2 Mrds £ (3,2 Mrds $), ce qui devrait lui permettre de réaliser d'importantes acquisitions ou alliances dans le domaine des biotechnologies. n

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