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Pharmacie/Fournier réaffirme son indépendance

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Après le décès en mars dernier du "patriarche" et fondateur des Laboratoires Fournier, Jean Le Lous, le groupe réaffirme sa décision de poursuivre sa route dans l'indépendance. " La feuille de route que m'a légué mon père est très claire : assurer la pérennité des entreprises, poursuivre le développement par l'innovation permanente et la croissance internationale [...], maintenir la cohésion de l'actionnariat et assurer un financement durable ", explique Hervé Le Lous, directeur général du groupe, et fils de Jean Le Lous. La succession qui semble avoir été réalisée sans heurts est un "non-événement", explique Daniel Juban, directeur d'Urgo, une filiale du groupe, et porte-parole des actionnaires. Jean Le Lous qui avait racheté en 1941 une petite droguerie familiale du nom de Fournier pour la transformer en un groupe de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2001, avait réglé ce problème en temps utile, en devenant progressivement actionnaire minoritaire, aux côtés de ses héritiers. Il a ainsi réussi à éviter l'écueil auquel certains laboratoires familiaux se sont heurtés lors des successions comme le Laboratoire Upsa qui avait été vendu à Bristol-Myers Squibb, lors du décès de son fondateur. Ainsi la famille Le Lous contrôle aujourd'hui 80 % du groupe, le solde étant détenu par "des familles alliées", explique Daniel Juban. L'indépendance et " l'absence de dictature de la Bourse ", font ainsi partie des atouts de Fournier qui " n'est pas à vendre ", affirme Daniel Juban, même si de nombreux leaders de l'industrie pharmaceutique sont venus toquer à la porte ces derniers mois. " L'entreprise se porte bien et gagne de l'argent ", poursuit le porte-parole des actionnaires, avec un résultat net de 65 millions d'euros, soit 8,6 % de marge nette. En outre, " elle n'est pas endettée ", a rappelé Bernard Hélain, p-dg du pôle pharmaceutique qui avec un chiffre d'affaires de 542 M€ et un bénéfice net de 54 M€ (en 2001) représente le c?ur du groupe et même 90 % de son bénéfice net. Le "credo" de Jean Le Lous est donc toujours d'actualité. " Tant que l'entreprise se développe et a des perspectives ", l'indépendance reste de mise, explique Daniel Juban. " En revanche, comme le pensait Jean Le Lous, si l'entreprise n'a plus les moyens de son développement ", il sera alors temps de se tourner vers des acquéreurs potentiels, " de préférence des étrangers qui n'ont pas d'implantation en France comme certains japonais ou coréens ", afin d'éviter l'hémorragie des fusions/restructurations. De fait, le groupe compense sa petite taille par le recentrage de sa recherche sur deux principaux domaines thérapeutiques : le cardiovasculaire et le métabolisme (diabète). Fournier mise aussi sur la multiplication des partenariats, à la fois pour développer et commercialiser ses propres molécules comme la distribution de son médicament vedette, le Lipanthyl (fénofibrate) assuré par Abbott outre-Atlantique ou le développement en commun avec Glaxo d'un antithrombotique oral, l'odiparcil, mais aussi pour reprendre des licences. Cette dernière activité " constitue une priorité afin d'étoffer notre chiffre d'affaires et redéployer notre portefeuille produit en restant dans nos secteurs thérapeutiques ", souligne B. Hélain. Mais elle n'a pas toujours été couronnée de succès comme la reprise de la licence de la cérivastatine (Cholstat) de Bayer que Fournier distribuait en France. Ce produit anticholestérol rapportait aux Laboratoires Fournier 150 M€ de chiffre d'affaires avant son retrait décidé par le groupe allemand. Malgré ce coup dur, Fournier " compte maintenir en 2002, le même niveau de chiffre d'affaires qu'en 2001 et même accroître de 10 % son résultat net ", affirme B. Hélain.

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