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Pfizer prend des mesures défensives

J.C.

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Évidemment, quand on génère un chiffre d'affaires de 67,81 milliards de dollars (49,1 Mrds €) pour un bénéfice net de 8,26 Mrds $, on n'est pas à plaindre. Derrière cette façade d'apparence solide, la situation est en réalité beaucoup plus périlleuse pour Pfizer. En reprenant Wyeth, il y a à peine deux ans, dans le cadre d'une gigantesque acquisition de 68 Mrds $, le leader mondial de la pharmacie pensait avoir trouvé la solution pour se prémunir d'un avenir difficile. Deux ans plus tard, il semblerait finalement que Pfizer n'échappera pas aux difficultés entrevues via la perte des brevets de ses meilleurs blockbusters. Et donc à un manque à gagner que l'aridité de son pipeline ne pourra pas combler dans l'immédiat. Du coup, le géant américain se positionne déjà fortement sur la défensive. D'un côté avec de nouvelles restructurations, de l'autre avec le lancement d'un vaste programme de rachats d'actions, de 9 Mrds $ de titres dont 5 Mrds $ dès 2011.

Alors que la firme avait annoncé en mai dernier des coupes de 6 000 postes dans ses effectifs industriels, les dernières restructurations annoncées concernent la R&D. Après une première reconfiguration à l'automne 2009, Pfizer minore à nouveau ses effectifs de recherche. Le budget passera ainsi d'une enveloppe annuelle comprise entre 8 et 8,5 Mrds $ à une fourchette de 6,5 à 7 Mrds $. Surtout, l'un des plus grands sites mondiaux du groupe, à Sandwich (Royaume-Uni) où officient 2 400 chercheurs, est aujourd'hui condamné. Pfizer devrait y avoir cessé toute activité en 2012. Le laboratoire prévoit aussi de réduire la voilure sur son site de Groton (Connecticut, États-Unis), lequel devrait se passer de 1 100 de ses 4 500 employés. Une partie de ces 1 100 postes menacés devrait être transférée vers le site de R&D de Pfizer à Cambridge (Massachusetts). A l'avenir, les activités de R&D seront de fait sous-traitées en partie à des CRO (contract research organisations) pour réduire les coûts.

Enfin, Pfizer a revu toutes ses prévisions à la baisse et table sur un chiffre d'affaires compris entre 66 et 68 Mrds $ cette année, et de seulement 63 à 65,5 Mrds $ en 2012. L'an dernier, ses ventes ont pourtant bondi de 36 %, à 67,8 Mrds $, rebond technique dû à l'intégration de Wyeth. En revanche le bénéfice net a reculé de 4 %, à 8,26 Mrds $. Cette année sera par ailleurs le tour d'honneur de Lipitor (atorvastatine). Le plus vendu des médicaments au monde a déjà perdu 6 % de ventes en un an en 2010, à 10,7 Mrds $, avec la perte de son brevet dans certains pays. La véritable ligne de mire sera désormais novembre, lorsque Lipitor perdra son brevet sur le juteux marché américain.

Au-delà du Lipitor, de nombreux blockbusters de Pfizer ne disposent plus que de un ou deux ans avant de devoir faire face aux copies génériques. Trouver de nouveaux relais de croissance constitue donc une urgence pour le groupe.

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