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Peptimimesis développe une nouvelle classe de composés thérapeutiques

Raphaëlle Maruchitch

La start-up alsacienne produit des inhibiteurs qui constituent une approche innovante pour de nouvelles thérapies en oncologie, immuno-oncologie et dans les maladies auto-immunes.

L'union fait la force, c'est bien connu. La devise illustre parfaitement les origines de la start-up Peptimimesis, qui développe une nouvelle classe de composés thérapeutiques dans la thérapie ciblée du cancer et les maladies auto-immunes. En effet, c'est en 2003 lors de la fusion de l'équipe de recherche du neurobiologiste Dominique Bagnard avec celle du Dr Pierre Hubert et du Dr Gérard Crémel que le doigt fut mis sur la technologie autour de laquelle Peptimimesis a été fondée.

Dominique Bagnard, enseignant-chercheur au laboratoire MN3T(1) de l'université de Strasbourg, raconte : « La complémentarité de nos travaux a inspiré notre approche focalisée sur le rôle du segment transmembranaire des récepteurs des cellules tumorales. Nous avons alors eu l'idée de développer un inhibiteur de ce segment. » À l'époque, l'intérêt des chercheurs est d'autant plus original que le segment transmembranaire ne constitue pas une cible privilégiée d'étude en oncologie. Les trois scientifiques se lancent en 2008 dans un premier projet de recherche financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR Emergence Bio), puis dans un second en 2010 (ARN Programme blanc). Les chercheurs réussissent à synthétiser un inhibiteur de nature peptidique qui cible le segment transmembranaire, dont la valeur préclinique est aujourd'hui démontrée. Ils s'attellent ensuite à faire sauter les verrous technologiques qui s'opposent à la production à grande échelle de ce candidat médicament. Les tests chez l'animal sont effectués et démontrent une absence de toxicité. En 2013, la SATT(2) Conectus Alsace leur fait bénéficier de plus de 300 000 euros ainsi que d'un accompagnement sur la propriété intellectuelle et d'une prospection industrielle.

L'heure est alors venue de créer Peptimimesis, qui voit le jour en octobre 2015 et dont la mission sera de développer plusieurs programmes de recherche sur des cibles d'intérêt mettant en oeuvre cette approche innovante. « Nous souhaitions prendre notre temps, avoir une approche mature et une idée précise des indications thérapeutiques », explique Dominique Bagnard.

Peptimimesis va développer plusieurs programmes de recherche en plus de la famille de peptides identifiée dans les laboratoires. « Sa nature hydrophobe lui confère des propriétés naturelles de ciblage de la membrane plasmique », détaille Dominique Bagnard.

 

Des mécanismes d'action multiples

 

Les mécanismes d'action du candidat médicament sont multiples : « Il ne bloque pas la liaison du ligand au récepteur mais empêche, perturbe, interfère dans l'association de celui-ci avec ses co-récepteurs », énumère Dominique Bagnard. Résultat : il impacte un ensemble de voies de signalisation telles que l'angiogenèse et la croissance des cellules tumorales en oncologie. Le candidat médicament pourrait être utilisé seul ou en association avec d'autres traitements, à des doses thérapeutiques de l'ordre du µg/kg. Pour l'heure, « nous avons réinvesti dans un dernier tour d'optimisation de production et d'efficacité, indique Dominique Bagnard. Dès qu'il sera terminé, nous serons en mesure de débuter les essais cliniques ».

Peptimimesis fondée, l'équipe a continué à travailler, adossée au laboratoire académique MN3T au sein du Parc d'Innovation d'Illkirch, juste à côté de Strasbourg. La société de biotech alsacienne Domain Therapeutics est co-actionnaire de Peptimimesis et lui permet de bénéficier de conditions optimales pour identifier toute une génération de peptides inhibiteurs. Car si les indications actuelles du candidat médicament à l'étude sont dirigées sur le glioblastome et le cancer du sein métastatique, des programmes d'identification de cibles thérapeutiques impliquées dans d'autres cancers et maladies auto-immunes seront initiés. Pour appuyer ces développements, une à trois personnes devraient être embauchées l'année prochaine au sein de Peptimimesis et des laboratoires qui y sont associés. Dominique Bagnard ne peut être que confiant en l'avenir : « Tous les feux sont au vert », assure-t-il.

 

1) Laboratoire Inserm The Microenvironmental Niche in Tumorigenesis and Targeted Therapy, membre du Labex Medalis.

(2) Société d'accélération de transfert de technologies.

LES CHIFFRES

Créée en octobre 2015 3 fondateurs scientifiques et une biopharma 1 à 3 embauches prévues pour 2016 300 000 € de financements octroyés par le fonds de maturation de Conectus Alsace, en 2013

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