Nous suivre Industrie Pharma

Peptides thérapeutiques : VenomeTech

Sujets relatifs :

Peptides thérapeutiques : VenomeTech

La start-up sophipolitaine passe au crible des toxines de venins de serpents et d'araignées, entre autres, pour identifier des peptides traitant la douleur. Elle a besoin de 2 millions d'euros pour ces trois prochaines années.
La start-up sophipolitaine passe au crible des toxines de venins de serpents et d'araignées, entre autres, pour identifier des peptides traitant la douleur. Elle a besoin de 2 millions d'euros pour ces trois prochaines années. L'adage selon lequel « c'est n'est pas la petite bête qui mange la grosse » est souvent contredit par la nature. Dans les fonds marins, par exemple, il existe un petit mollusque de la famille des conidés, capable de chasser des gros poissons. Son secret ? Une arme chimique ayant la capacité de foudroyer un poisson sur place. Il s'agit à proprement parler d'un cocktail complexe de peptides qui ciblent plusieurs récepteurs nerveux. Une telle efficacité inspire les chercheurs qui voient dans les venins des réponses thérapeutiques prometteuses. C'est ce que propose d'explorer la société VenomeTech, créée en avril 2009, dans le traitement de la douleur dans un premier temps. Pour y parvenir, elle a acquis un savoir-faire dans le criblage et l'identification de molécules actives issues de venins, les peptides en particulier. La plupart les fuit, Pierre Escoubas, lui, connaît bien ces animaux venimeux. Il a commencé par la fourmi. « Je suis entomologiste et j'ai été formé aux techniques de bioséparation », raconte-il. Après un doctorat en écologie chimique sur les venins de fourmis, il réalise son post-doctorat aux états-unis puis poursuit ses recherches pendant neuf ans au Japon. Naturaliste, biologiste et chimiste des produits naturels, il complète ce background avec une formation en biologie cellulaire et en pharmacologie moléculaire. « Du coup, on retrouve cette approche holistique dans les projets de VenomeTech », observe Pierre Escoubas, président de VenomeTech. C'est au Japon qu'il s'intéresse spécialement aux peptides plutôt qu'aux petites molécules. En 1998, il rejoint l'unité de Michel Lazdunski à Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes) dans l'Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire, « une sommité dans le domaine des canaux ioniques ». Quand il décide de créer VenomeTech, il s'entoure de Nicolas Gilles, chercheur au CEA de Saclay, spécialiste des toxines animales, ancien membre du laboratoire d'André Ménez, autre sommité dans le domaine. La vénomique pour identifier des leads Nombreux sont les médicaments qui visent justement ces canaux ioniques ou alors des récepteurs couplés aux protéines G. Ces deux grandes familles de molécules peuvent être spécifiquement ciblées par les peptides thérapeutiques. « Les toxines sont difficiles à travailler mais elles ont une excellente affinité et une grande sélectivité, à l'égard de sous-types de récepteurs ou de canaux. En ciblant des sous-types, le traitement provoquera moins d'effets secondaires », explique Pierre Escoubas. La création de VenomeTech s'appuie sur la valorisation de deux candidats médicaments du pipeline ciblant des canaux ioniques, impliqués dans la douleur. Les brevets sur les peptides et leurs indications appartiennent à l'université de Nice Sophia-Antipolis et au CNRS. Le modèle d'affaire de VenomeTech n'est pas figé mais a priori les produits seront vendus sous licence à un stade de développement « qui reste à définir ». VenomeTech fait donc du drug discovery mais elle possède une deuxième corde à son arc, avec sa technologie d'investigation des venins pour identifier des têtes de séries. « Nous pouvons proposer cette activité de service en nous appuyant sur une approche de "vénomique", couplant la génomique à la protéomique », souligne Pierre Escoubas. VenomeTech alimente régulièrement sa banque de venins d'animaux (araignée, scorpion, serpent, anémone de mer) qui sera à terme « la plus grande banque de venins assemblée à ce jour », entre 500 et 1 000 venins. Un venin contient en moyenne deux à trois cents peptides. Tout l'art de VenomeTech est de disséquer ces cocktails peptidiques, pour identifier la molécule d'intérêt. « La richesse des venins est énorme. Ils fournissent des molécules très prometteuses, déjà pré-optimisées et pré-criblées par la nature », explique-t-il. Matériellement, la banque contient aujourd'hui des échantillons purifiés à partir de venins mais la production par voie de synthèse n'est pas exclue. Le fractionnement des venins par chromatographie est un peu contraignant. Il utilise le principe du « Bioassay guided fractionation » qui guide la purification au moyen d'un test physiologique. « Nous avons développé avec des collègues australiens une approche qui s'affranchit de ces tests physiologiques. Nous visons à reconstituer in vitro les banques de peptides par reproduction recombinante ou par synthèse peptidique. Notre approche combine protéomique et génomique », explique-t-il. Par le biais de la spectrométrie de masse, il génère et utilise un fragment de séquence du peptide étudié comme une amorce pour amplifier l'ADN correspondant. Cette technique permet de travailler sur des quantités infimes de venins, issus de très petits animaux. « Nous pouvons travailler sur des échantillons très petits et analyser le venin d'une araignée d'une taille de 4 mm », explique Pierre Escoubas, président de VenomeTech. La plupart des animaux venimeux sont en effet de faible taille. Pierre Escoubas constituera une équipe à Sophia-Antipolis avec deux chercheurs, un technicien et un chargé du développement. Leur mission : amener les deux premiers candidats au stade préclinique et développer l'activité de la plateforme d'identification. Nadia Timizar Votre titre ici
Finances ? 1 000 euros, prix régional Cap innovation, juillet 2008 ? 42 000 euros, Incubateur Paca-Est Sophia-Antipolis, juillet 2008 ? 2 M€ recherchés auprès d'un fond d'amorçage pour cet automne pour financer trois ans de recherche

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Nanosive planche sur le futur des crèmes solaires

Nanosive planche sur le futur des crèmes solaires

Grâce à une technologie d'encapsulation d'actifs dans des polymères bioadhésifs, la start-up Nanosive entend mettre au point des écrans solaires plus sûrs et écoresponsables, utilisant moins[…]

17/12/2018 | InnovationDermatologie
L'opération New Deal Biotech vise à attirer des porteurs de projets

L'opération New Deal Biotech vise à attirer des porteurs de projets

Des étiquettes moléculaires contre la falsification

Des étiquettes moléculaires contre la falsification

Un microscope lève le voile sur l'intimité des protéines

Un microscope lève le voile sur l'intimité des protéines

Plus d'articles