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Patrick Hibon de Frohen : Réformes de l'enseignement : osons les constats et innovons

Ariane Boixiere

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La chronique de Patrick Hibon de Frohen.

C’est un fait récurrent depuis quelques années : L’industrie pharmaceutique et les entreprises en général peinent à recruter les qualifications dont elles ont besoin. Et c’est au moment où nos gouvernants se penchent sur les conditions d’entrée à l’université, sur la énième réforme de la formation professionnelle, sur l’apprentissage, qu’il me semble pertinent de soulever plusieurs constantes qui expliquent certaines déficiences.
Tout d’abord, faut-il le rappeler, le baccalauréat est le premier diplôme universitaire, et non un diplôme de fin d’études du secondaire ! Il fait donc, en soi et par principe, office de sélection pour l’accès à des études universitaires ou à des formations inscrites au RNCP
(Répertoire national des certifications professionnelles).
On se demande donc bien pourquoi il est envisagé de recourir à des phases de «?remise à niveau?» pour accéder à des diplômes universitaires. à moins d’esquisser une explication :  s’il a semblé juste de permettre à une tranche d’âge d’accéder à un baccalauréat, la poursuite des études «?supérieures?» n’a été pensée ostensiblement et orientée volontairement que sur des filières exclusivement académiques dans des conditions non préparées et insatisfaisantes. à coup de bac à près de 90?% de réussite, un système d’information et d’orientation sous l’égide exclusive de l’éducation nationale, il n’est pas étonnant que 43?% des étudiants entrant en première année en faculté, n’accèderont jamais en deuxième année ! Osons et reconnaissons-le et admettons-le : tous les jeunes ne sont pas faits ou préparés à suivre et obtenir un diplôme universitaire.
Les filières professionnelles et professionnalisantes existent aussi, mais sont encore, hélas, pensées comme non «?nobles?» et réservées, si je puis dire, aux «?moins bons de la classe?». Et que dire et penser de bons nombres de licences ou masters dits «?professionnels?» et qui n’ont de professionnels que le nom, par manque de pratiques et de mises en situations réelles.
Quant aux dispositifs d’alternance (Contrats d’apprentissage ou de professionnalisation), ils
demandent de modifier et de transformer les mentalités. D’abord, celles de l’éducation nationale, puis celles des parents, enfin celles des entreprises qui pensent encore que seuls les «?métiers manuels?» sont concernés par ces systèmes. Un chantier colossal s’ouvre pour nos gouvernants. à moins de refaire la énième réforme qui ne servira à rien, oseront-ils se poser les bonnes questions, affronter les difficiles constats, innover dans les solutions, bousculer les mentalités et travailler avec les professionnels des Centres de formation privés et publics, et s’affranchir des corporatismes toujours frileux et terriblement conservateurs ?

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