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L'indépendance sanitaire passe par une production locale de principes actifs et d'intermédiaires

Sylvie Latieule
L'indépendance sanitaire passe par une production locale de principes actifs et d'intermédiaires

© Seqens

Acteur de la synthèse pharmaceutique et de la chimie fine, Seqens suggère une relocalisation au moins partielle de la production d’intermédiaires et de principes actifs pharmaceutique sur le territoire français en s’appuyant sur le tissu industriel existant et sur l’introduction de nouvelles technologies. Reste à savoir comment limiter le surcoût lié à une production plus vertueuse et l’assurance d’une sécurité d’approvisionnement. Entretien avec Pierre Luzeau, président chez Seqens.    

En ces temps de crise sanitaire, de nombreuses voix s’élèvent en faveur d’une relocalisation de la filière pharmaceutique en France, en particulier de la production de matière active. Qu’est-il arrivé pour que cette production nous échappe, au profit de l’Inde et de la Chine, ces vingt dernières années ?

Aujourd’hui, la relocalisation fait les titres des journaux mais quels sont les faits ? Au début des années 2000, 80% de la production de médicaments était encore localisée en Europe. Aujourd’hui, c’est seulement 20%, un chiffre stupéfiant. La délocalisation des usines en Asie a été particulièrement brutale et forte sur la partie amont de la chaîne de valeur pharmaceutique qui correspond à la production de précurseurs, de matières premières réglementées puis de principes actifs.

Cette perte de souveraineté est donc factuelle et justifie une réflexion sur une relocalisation des productions. En revanche, il ne faudrait pas que la loi de Murphy s’applique en bâtissant une surcapacité en Europe qui détruirait en retour notre industrie. Il faut donc élaborer les conditions permettant une relocalisation compétitive en utilisant les meilleures technologies disponibles pour assurer la sécurité des procédés et la réduction de l’impact environnemental.

Qu’est-ce qui explique cette délocalisation ?

Ce qui a conduit à la délocalisation, c’est la pression à la baisse des prix. Produire en Europe ce sont de exigences sur la qualité et l’environnement plus importantes qu’en Chine ou en Inde. Sans parler du social, c’est évident. Ces exigences sont normales et doivent impérativement être maintenues mais elles représentent des coûts qui ne sont pas supportés par nos concurrents asiatiques. Finalement, nous avons favorisé nos concurrents asiatiques et détruit en grande partie notre tissu industriel, devenu largement virtuel.

Il est important de rappeler notre responsabilité collective de ce naufrage industriel. Celle des citoyens et des gouvernements en cherchant à faire des économies sur des systèmes de santé toujours plus coûteux, les grands laboratoires à la recherche de matières premières les moins chères possibles, les industriels européens qui se sont désengagés de pans entiers de la chaîne de valeur de moins en moins rentables…

Mais la disparition de l’amont de la chaine de valeur a eu une conséquence[…]

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