Nous suivre Industrie Pharma

Pantec Biosolutions

Aurélie Dureuil

Chiffres clés

2005 création de l'entreprise

20 employés

1,2 M CHF de subventions de l'Agence suisse pour la promotion de l'innovation

20 M CHF levés en 2010

Pas de chiffre d'affaires pour le moment

Pantec Biosolutions

Christof Boehler, p-dg de Pantec Biosolutions.

© © Pantec Biosolutions

La société allie un système utilisant lasers et patchs transdermiques pour délivrer les médicaments de façon intradermique sans piqûre. Elle publie les résultats de ses premières études cliniques.

Si le Liechtenstein évoque les paradis fiscaux, le pays est peu cité quand il s'agit de recherches et d'innovations dans le domaine de la santé. C'est pourtant là qu'est née Pantec Biosolutions, en décembre 2005. La société propose de s'affranchir des aiguilles pour délivrer des médicaments. Sa réponse : le laser. Pour toutes ces substances qui doivent être injectées de façon transdermique, Pantec Biosolutions développe une solution utilisant un laser afin de créer des micropores dans l'épiderme pour faciliter le passage de la substance contenue dans un patch.

Le système laser est nommé Please (Painless laser epidermal system). La société qui a reçu le brevet sur cette technologie en septembre 2009 disposera de deux équipements. Dans un premier temps, un destiné aux professionnels de la santé et, à plus long terme, un utilisable par les patients à leur domicile. La technologie Please permettra aux patients d'utiliser seuls le laser avant d'appliquer un patch. Le laser fonctionne sur une surface équivalente à une pièce de un euro. En fonction de l'application, il permet de créer entre un et environ 700 micropores. La taille des micropores pouvant être adaptée à la molécule qui doit pénétrer. En 2006, la société a mené une étude auprès de 12 volontaires sur la tolérance du laser sur la peau. Les résultats ont montré que les patients ont constaté « peu ou pas d'inconfort » et qu'« aucune brûlure n'a été relevée sur les couches adjacentes de l'épiderme ».

Reste alors à déterminer la taille des molécules qui peuvent passer à travers le derme. « Ces micropores autorisent le passage de molécules de petites et grandes tailles. Nous avons démontré que nous pouvons, par exemple, délivrer des vaccins », se félicite Christof Boehler, p-dg de Pantec Biosolutions. Pour l'heure, la société se concentre sur des traitements de l'infertilité en développant les patchs contenant des molécules actives.

Des résultats de phase I concluants

Pantec Biosolutions s'intéresse aux traitements hormonaux dans le cadre de fécondation in vitro. Un marché que la société estime entre 1,5 et 2 milliards de dollars. L'entreprise effectue actuellement des essais cliniques. Pantec entend apporter une solution aux femmes devant suivre un traitement contre l'infertilité. « Ces femmes doivent subir environ 50 injections ou plus. En général, il s'agit d'une injection par jour pendant un mois ou plus. Ce sont des procédures douloureuses et qui présentent des risques potentiels d'infection », souligne le p-dg. Pantec Biosolutions a publié en février les résultats d'une étude clinique de phase I sur la délivrance de l'hormone folliculostimulante (FSH) en utilisant le système Please et un patch. « Le but de cette étude était d'étudier les principales caractéristiques de pharmacocinétiques ainsi que la sécurité et la tolérance d'un patch de la protéine FSH sur des volontaires sains de sexe masculin », indique la société qui souligne que « la taille et les propriétés physico-chimiques de cette protéine FSH (dont la masse atomique est de 32 kiloDalton), ne permettent pas une imprégnation passive à travers la peau intacte ». Les volontaires avaient donc été préalablement traités avec le laser. « Ce pré-traitement a créé des microcanaux dans la couche la plus externe de la peau, la couche cornée, pour faciliter le passage de la FSH à travers la peau et accélérer son entrée dans la circulation sanguine ». Ainsi alors que l'hormone ne peut pas passer la barrière de l'épiderme quand il est intact, la création de micropores et l'application d'un patch ont permis à la FSH de se diffuser dans le sang « avec une pharmacocinétique reproductible et une variabilité inter-individu négligeable », selon les conclusions de l'étude.

Forte de ces résultats, la société, qui emploie 20 personnes, a procédé à une levée de fonds en juillet. Au cours d'un tour de table de 20 millions de francs suisses (15,4 M€), Pantec Biosolutions a accueilli un nouvel actionnaire, l'Autrichien The StemCell Holding spécialisé dans les investissements dans le secteur des sciences de la vie. Grâce à cette opération Pantec Biosolutions peut aborder une nouvelle étape stratégique de son développement. « Nous prévoyons une commercialisation dès l'année prochaine de notre appareil destiné aux professionnels pour les applications de dermatologie », confie Christof Boehler. En parallèle, Pantec Biosolutions poursuivra ses études cliniques sur la combinaison de deux patchs hormonaux transdermiques candidats avec le système Please dans les traitements de fécondations in vitro. Le dirigeant envisage prochainement le lancement d'essais cliniques dans le traitement de cancer de la peau.

%%HORSTEXTE:0%%

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

206 sites de production pharmaceutique en France

Exclusif

206 sites de production pharmaceutique en France

Où produit-on des médicaments sur le territoire français ? Qui sont les plus gros acteurs ? Quelles sont leurs spécialités ? … Comme chaque année, Industrie Pharma réactualise une liste de[…]

16/10/2020 | ENTREPRISESActus Labo
Enquête exclusive : 210 sites de production pharmaceutique en France

Enquête exclusive : 210 sites de production pharmaceutique en France

Baxter noue un partenariat avec Coherus

Baxter noue un partenariat avec Coherus

Servier collabore avec un institut singapourien

Servier collabore avec un institut singapourien

Plus d'articles