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Oncologie : Le succès des inhibiteurs de kinases se confirme

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En 2002, dans la foulée du séquençage du génome humain, la revue Science publiait la carte du kinome humain. Le ciblage des kinases pour un effet thérapeutique spécifique est devenu un axe important de développement de l'industrie pharmaceutique.
Leurs noms se terminent avec le suffixe « nib » pour souligner leurs activités inhibitrices. Dans leurs lignes de mire: les kinases, des enzymes de régulation d'activités cellulaires diverses et variées. Les inhibiteurs de kinases occupent une place grandissante dans l'arsenal thérapeutique de divers cancers. Le fameux Glivec de Novartis a ouvert le bal en 2001 aux États-Unis. L'imatinib, désignation scientifique du médicament, est un inhibiteur spécifique de la tyrosine kinase BCR-ABL, indiqué dans la leucémie myéloïde chronique. Jusqu'à présent, ce produit fait l'objet de recherche clinique. À l'occasion du congrès annuel de l'ASH (American society of hematology), la seconde génération de cet inhibiteur, le BMS-354825, était présentée, notamment pour son aptitude à inhiber les isoformes résistantes (kinases mutées) au Glivec. Et la version actuelle de l'imatinib a aussi fait l'objet d'une conférence sur ses effets potentiels sur l'athérosclérose. À croire que l'aventure des modulateurs de kinases ne fait que commencer. Des médicaments aux indications multiples Une des dernières autorisations de commercialisation a concerné le Nexavar (sorafenib), traitement oral co-développé par Bayer Schering Pharma et Onyx Pharmaceuticals. Cet inhibiteur multikinases est indiqué depuis 2005 dans le traitement de cancer du rein avancé. Cette année, il a décroché une AMM (octobre pour l'EMEA; novembre pour la FDA) dans le traitement du carcinome hépatocellulaire ou le cancer du foie, chez les patients réfractaires aux traitements avec l'interféron-alpha ou l'interleukine-2. D'après les essais cliniques, il augmente le taux de survie de 44 %. « Le Nexavar figure parmi les trois meilleurs traitements sur le marché. La plupart des analystes prévoient des ventes de 3 à 5 milliards d'euros », a souligné Arthur Higgins, p-dg de Bayer Schering Pharma, lors d'une conférence de presse à Berlin le 12 décembre. Ce traitement qui bénéficie d'un statut de médicament orphelin vise à la fois les cellules tumorales et les cellules vasculaires tumorales. Il cible deux kinases, connues pour leur implication dans la prolifération anarchique et l'angiogénèse tumorale. Son développement se poursuit avec des extensions d'indications dans les cancers du sein, du poumon non à petites cellules et le mélanome métastasique. Cette classe moléculaire émergente a retenu l'attention de nombreux laboratoires pharmaceutiques. En effet, ces entités chimiques très spécifiques et à prise orale leur simplifient la tâche, notamment en terme de production et de logistique tout en assurant des efficacités thérapeutiques dignes des anticorps monoclonaux. Ainsi, dans le traitement des cancers du rein, Pfizer a commercialisé le Sutent, le sunitinib, qui devrait bientôt être indiqué dans le soin d'un cancer du rein mestasique. Le sunitinib est un inhibiteur de tyrosine kinases. Il a été approuvé en 2006 en Europe pour le traitement de tumeurs digestives (les GIST, gastrointestinal stromal tumors) et rénales. De son côté, GlaxoSmithKline est sur le point de lancer le Tykerb, le lapatinib, un inhibiteur de la tyrosine kinase dirigée contre le récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) et contre son récepteur 1 (EGFR). Il est indiqué dans le traitement du cancer du sein. Autre exemple: MethylGene, société biopharmaceutique basée au Canada, développe le MGCD265, un inhibiteur de kinases actif par voie orale qui cible certains récepteurs à tyrosine kinase. Genentech, plus souvent associé au développement d'anticorps monoclonaux, a signé cette année un partenariat avec la société américaine Exelixis pour développer un inhibiteur de kinases dans diverses indications oncologiques. Cette société a signé des alliances stratégiques avec bien d'autres compagnies: Bristol Myers Squibb, GSK et Wyeth, entre autres. Cette énumération est loin d'être exhaustive. Gageons qu'au cours de ces prochaines années, l'arrivée sur le marché de nouveaux produits voire même de nouveaux champs d'application de ces inhibiteurs verront le jour. Nadia Timizar

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