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Oncologie : L'imagerie médicale plus interventionnelle

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Oncologie : L'imagerie médicale plus interventionnelle

Quand la thérapeutique rejoint l'imagerie médicale, il en découle des solutions thérapeutiques originales en oncologie. La tendance de techniques d'imagerie à passer de l'observationnel vers l'interventionnel s'accélère.
Quand la thérapeutique rejoint l'imagerie médicale, il en découle des solutions thérapeutiques originales en oncologie. La tendance de techniques d'imagerie à passer de l'observationnel vers l'interventionnel s'accélère. Détecter, diagnostiquer, cibler, adresser et traiter in situ les tumeurs… Telles sont les actions promises par les techniques d'imagerie médicale associées à la pharmacologie. En oncologie en particulier. Car en chirurgie, certaines technologies sont devenues courantes, comme la scintigraphie-angiographie en cardiologie interventionnelle, pour n'en citer qu'une. De même la pharmaco-cinétique évaluée par imagerie permet, par exemple, de suivre le devenir d'un médicament après son administration dans l'organisme. « Elle est largement utilisée par les industriels de la pharmacie », signale Bertrand Tavitian, directeur du Laboratoire d'imagerie moléculaire expérimentale (LIME) du CEA-SHFJ (Orsay). En revanche, un domaine en forte progression est l'utilisation de l'agent d'imagerie comme médicament lui-même. La photothérapie dynamique (PDT) est sans doute un des exemples les plus anciens. Le principe repose sur l'injection dans la circulation sanguine d'une molécule qui va d'abord se concentrer autour du tissu cible (grâce à sa spécificité), avant d'être activée par la lumière. Aujourd'hui, d'autres stimulus d'activation comme les ultrasons, les rayons X ou encore un champ magnétique sont utilisés, ce qui permet au médecin, grâce à une technique d'imagerie médicale de vérifier le ciblage des molécules vers la tumeur avant d'activer leur stimulation pour provoquer leurs effets thérapeutiques (en l'occurrence, détruire le tissu malade). Les recherches portent notamment sur la nature des molécules utilisées et sur le type de stimulation requis. Elles évaluent des nano-encapsulations et tout un ensemble de sondes greffées sur ces constructions de façon à suivre une fluorescence ou encore pour améliorer le ciblage. « Dans cette approche, le niveau de contraste dans l'image correspond à l'index thérapeutique en pharmacologie. Plus les molécules injectées se concentrent autour de la tumeur, moins il y a de risque de léser les tissus sains environnants », explique Bertrand Tavitian. Quelques laboratoires se sont nichés dans ce créneau, comme l'Israélien Steba Labs, le Suisse Novartis ou encore l'Américain Axcan Pharma. Ce dernier a développé une photothérapie de cancers solides obstructifs. Elle associe l'utilisation d'une molécule photo sensibilisante à une source de lumière. Un laser est introduit à proximité du tissu à traiter et va émettre un faisceau lumineux à une longueur d'onde d'émission correspondant à celle du photosensibilisant, le porfimère sodique. Molécule qui présente une affinité toute particulière pour les tissus richement vascularisés comme les sont les tumeurs. La technologie complète l'arsenal thérapeutique des cancers et peut dans des cas précis se substituer à une chirurgie. L'effet secondaire néfaste principal est lié à l'utilisation d'un photosensibilisant. Le produit reste pendant un certain temps, de 30 à 90 jours, selon les personnes, après l'injection. « Un laboratoire australien a identifié un produit candidat pour éliminer l'effet de photosensibilité », explique Didier Boucher, directeur marketing et ventes de l'activité PDT en Europe d'Axcan Pharma. Tout en tentant de démocratiser la technique, le laboratoire poursuit les recherches pour élargir les indications à d'autres cancers (pancréas et prostate, entre autres) voire même à la neurochirurgie. En parallèle, le laboratoire explore plusieurs pistes d'améliorations : nanoencapusaltion, recherche d'une plus forte spécificité, etc. « D'autres études sont en cours pour tenter d'utiliser notre produit comme un radio sensibilisant. Nous évaluons également la réaction d'un de nos photosensibilisants aux ultrasons », ajoute Didier Boucher. Plus récents, les nanoparticules « robots » nous introduisent dans la cybernétique. La société Nanobiotix a développé des « nanobiodrugs » qui présentent un noyau « activable » par quatre types de stimulants : des rayons X ou magnétiques, le laser ou encore les ultrasons. Le tout suivi par imagerie médicale. En avril dernier, la société a apporté la preuve de concept de son produit NanoPDT dans le traitement du glioblastome multiforme, le plus prévalent des cancers du cerveau. Une autre technologie qui paraît surréaliste a été testée avec succès sur des souris. Le principe est schématiquement le suivant. Des chercheurs américains ont préparé des particules magnétiques qui portent à leurs surfaces deux sondes, une de reconnaissance des cellules tumorales et une autre fluorescente pour tracer le parcours de la particule dans l'organisme. Les constructions sont injectées dans la circulation sanguine. Une fois que les chercheurs visualisent l'interaction entre les particules et les cellules tumorales, avec l'aide d'un aimant, ils évacuent le tout vers la cavité abdominale (dans le cas de cancers des ovaires). Si ce principe est prouvé, il pourrait devenir une stratégie efficace contre les métastases. Nadia Timizar Votre titre ici
Vers un institut d'imagerie moléculaire expérimentale en oncologie au CEA Il faudra encore patienter cinq ans avant de voir l'équivalent d'un Neurospin (Saclay) en oncologie. Mais Bertrand Tavitian est aussi tenace que patient. « Cet institut sera centré autour de l'imagerie moléculaire expérimentale en oncologie avec le développement de techniques spécifiques, notamment dans le domaine des macromolécules. Il réunirait des projets de recherche fondamentale et industrielle. Nous souhaitons également incuber des projets en valorisation », détaille-t-il.Tous les avis convergent, l'espace est disponible sur le site CEA de Fontenay-Aux- Roses (Hauts-de-Seine), seul l'argent manque encore.

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