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Novartis va supprimer plus de 2 000 emplois en Suisse

Laura Hendrikx

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Novartis va supprimer plus de 2 000 emplois en Suisse

© Novartis

Le laboratoire helvète a annoncé une restructuration qui devrait entraîner le licenciement d'environ 2 150 salariés en Suisse. Cette réduction d'effectifs s'étalera jusqu'en 2022 et touchera ses activités de fabrication et de services.

Poursuivre l'adaptation de son réseau de fabrication et de ses activités de services : les objectifs que vise Novartis depuis déjà quelques années vont désormais pousser le laboratoire à supprimer environ 2 150 postes en Suisse d'ici à 2022. Ce qui représente 16 % de ses salariés dans le pays, où il emploie 13 000 personnes. Dans le détail, cette restructuration affectera 1 450 postes de production et près de 700 postes dans ses activités de services. Dans le cadre de sa stratégie lancée en 2014, Novartis a en effet créé cinq centres de services mondiaux à Dublin (Irlande), Hyderabad (Inde), Kuala Lumpur (Malaisie), Mexico (Mexique) et Prague (République tchèque), fournissant des services à moindre coût, et vers lesquels le groupe souhaite désormais transférer des capacités managériales. Ce qui devrait entraîner une réduction des effectifs pouvant atteindre 700 postes d'ici à 2022, essentiellement sur le campus de Bâle du groupe.

Environ 25 000 postes supprimés à l'échelle mondiale

Concernant ses activités de fabrication, Novartis poursuit sa stratégie lancée en 2015, qui consiste à faire évoluer son portefeuille vers une diminution du nombre de produits de grandes séries afin de se concentrer davantage sur des « médicaments spécialisés et personnalisés innovants ». Ce qui implique une adaptation de son appareil industriel, qui se détourne des « technologies de production plus traditionnelles » au profit de « plateformes de fabrication plus avancées ». Ce réajustement des unités de production entraînera une réduction des effectifs à travers le monde, qui devrait toucher environ 25 000 personnes, selon le quotidien helvète Le Temps. Des annonces ont déjà été faites pour le Japon, les États-Unis et plus récemment, le Royaume-Uni. Le 25 septembre, Novartis a en effet indiqué que 395 emplois seraient supprimés d'ici à 2020 sur son site britannique de Grimsby. En Suisse, cette stratégie a pour conséquence une réduction nette d'environ 1 000 postes à Bâle, Schweizerhalle, Stein et Locarno d'ici à 2022, indique le groupe. Mais Novartis indique également que ce chiffre tient compte de la construction récemment annoncée d'un site de production de thérapies cellulaires et géniques, susceptible de créer 450 nouveaux postes à Stein. Sans cet artifice, le nombre de postes supprimés au niveau de la fabrication en Suisse passe donc à 1 450 personnes. Mais le laboratoire a annoncé qu'il entendait former « autant de collaborateurs touchés que possible » pour qu'ils puissent travailler sur la nouvelle plateforme technologique de Stein. Ce qui ne suffit pas à rassurer les syndicats. « Le niveau de qualification sera très différent sur le site de Stein », a déclaré Christian Gusset, représentant syndical chez Unia, au quotidien Le Temps. Le groupe a également prévu de mettre en place un centre de recherche d'emploi et de procéder à des réaffectations internes et externes. Un plan social et des plans de départ à la retraite anticipée sont également envisagés.

10 % des effectifs mondiaux maintenus en Suisse

« Le solide engagement de Novartis à l'égard de la Suisse n'est pas remis en cause. Nous sommes fiers d'y maintenir notre siège mondial, notre principal centre de R&D et des moyens de fabrication avancés qui ne cessent de s'étendre », a déclaré Vas Narasimhan, directeur général de Novartis. Le groupe rappelle qu'au cours des cinq dernières années, il a investi plus d'un milliard de dollars dans de nouvelles technologies de production en Suisse, comme la plateforme Flow Through Chemistry de Schweizerhalle, l'usine de fabrication en continu de Bâle, le site de production de thérapies cellulaires et géniques de Stein, le bâtiment d'assemblage d'appareils et la nouvelle installation de lancement de Stein. Récemment, le laboratoire a également annoncé que la société issue de la scission de sa division Alcon installera son siège à Genève (CPH n°856). En tenant compte de l'impact de cette scission ainsi que de celui de la restructuration annoncée, Novartis s'attend à ce que 10 % de ses effectifs mondiaux soient maintenus en Suisse, « alors que ce marché représente moins de 2 % de ses ventes totales ». En 2017, le chiffre d'affaires du groupe s'est élevé à 49,1 milliards de dollars (CPH n°830).

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