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Nouveaux pas de Servier vers les biotechnologies

Raphaëlle Maruchitch et Aurélie Dureuil

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Le laboratoire familial investit dans un institut de recherche dans les biotechnologies et signe un accord avec la biotech néerlandaise Galapagos pour le développement de petites molécules.

La semaine dernière, deux annonces sont venues témoigner de l'engagement des Laboratoires Servier dans les biotechnologies. Alors qu'en 2008, interrogé sur les biotechnologies, le fondateur et dirigeant du laboratoire, Jacques Servier, signalait son intérêt tout en nuançant avec « les immenses possibilités restantes pour la chimie organique », le groupe se tourne aujourd'hui vers les nouvelles pistes de recherches qu'offrent les biotechnologies. Le 30 juin, les Laboratoires Servier ont annoncé le développement d'un Institut d'innovation biotechnologique au sein même du pôle de recherche Servier à Croissy-sur-Seine (Yvelines). Sur les cinq prochaines années, 50 millions d'euros vont être investis, afin « d'accroître le potentiel de Servier » dans plusieurs domaines, comme les maladies cardio-vasculaires et métaboliques, les maladies psychiatriques et neurodégénératives (notamment d'Alzheimer), l'oncologie et la rhumatologie. L'institut s'étendra sur une surface de 7 500 m2, et inclura une plateforme de pharmacologie moléculaire et cellulaire et de biologie structurale, une plateforme de pathologie moléculaire et de biologie systémique, ou encore un département de modélisation et de chimie de diversité. Le deuxième groupe français au niveau mondial emploie près de 25 % de son chiffre d'affaires total pour la R&D, avec un taux qui culmine jusqu'à 80 % en France. Servier qui emploie 20 000 personnes, compte 3 000 collaborateurs dans le secteur R&D. Cent personnes devraient travailler dans le nouvel institut. En 2008-2009, le chiffre d'affaires de Servier était de 3,6 Mrds €. Selon le laboratoire, 85 % de la consommation des médicaments de Servier est faite à l'international et l'entreprise contribue à hauteur de 29 % à l'excédent de la balance commerciale française pour l'industrie pharmaceutique.

Le jour suivant, c'est Galapagos qui annonçait la signature d'un partenariat « stratégique » de plusieurs années avec le Français pour le développement de nouvelles thérapies dans l'osthéoarthrite, appelé également arthrose. Selon les termes de cet accord, l'entreprise néerlandaise recevra un premier paiement de 7 millions d'euros pour financer la recherche. Au total, Galapagos pourrait recevoir 290 M€, auxquels s'ajouteront les royalties, pour la commercialisation de produits. Cet accord permettra à Servier de commercialiser ces futurs médicaments à l'international à l'exclusion des États-Unis, pays pour lequel Galapagos conservera les droits exclusifs. Avant d'en arriver à la commercialisation, l'entreprise de biotechnologies sera responsable de la découverte et du développement de petites molécules candidates. Pour celles qui passeront les essais cliniques de phase I, Servier disposera d'une option exclusive de licence afin de mener la suite des développements cliniques, l'enregistrement et la commercialisation. Le laboratoire français vient rejoindre certains de ces concurrents comme GSK, Eli Lilly, et plus récemment Roche (CPH n°508 et 493) parmi les partenaires de Galapagos. Lequel se targue de pouvoir recevoir plus de 3 Mrds € en paiement d'étapes et royalties pour tous les contrats qu'il a conclu avec les laboratoires. L'entreprise de biotechnologies qui emploie plus de 670 personnes dispose de quatre produits en phases cliniques et d'une cinquantaine de petites molécules au stade de découverte et pré-clinique.

Avec ces deux annonces, Servier entre un peu plus dans le secteur des biotechnologies. Début 2009, le laboratoire familial avait notamment signé des partenariats avec Celectis (CPH n°465), Pharmacyclics (CPH n°463) et prolongé pour deux ans le contrat qui le lie à Genfit.

 

« 50 M€ seront investis en cinq ans à Croissy-sur-Marne »

Pipeline de Servier

Actuellement, le laboratoire français compte 33 molécules dans son pipeline. Les axes thérapeutiques concernés sont les psychoses, la maladie d'Alzheimer, la thrombose, l'hypertension, le diabète, et le cancer. Parmi ces molécules, trois sont en phase III des essais cliniques.

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