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Nosopharm lutte contre les maladies nosocomiales

Jacques Haas

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Finances

- À la création : 40 000 € de capital de départ

- Juin 2009 : 30 000 € d'aide à la création d'entreprise du Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes, en catégorie Émergence

- Juin 2010 : 300 000 € d'augmentation de capital

- Juillet 2010 : 200 000 € du Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes, en catégorie Création-Développement

Nosopharm lutte contre les maladies nosocomiales

Philippe Villain-Guillot, cofondateur et président de Nosopharm.

© Nosopharm

La jeune société stimule des microorganismes pour l'isolement de molécules candidates pour la mise au point d'antibiotiques. Une piste pour contrer les nouvelles infections en milieu hospitalier.

Une nouvelle menace bactérienne rôde dans les couloirs des hôpitaux : elle a pour nom NDM-1 (New Delhi metallo-bêta-lactamase-1) et a causé la mort d'un patient belge au mois d'août dernier. Pour Philippe Villain-Guillot, cofondateur et président de Nosopharm, « cet exemple illustre la recrudescence des maladies nosocomiales et multi- résistantes aux antibiotiques contre lesquelles nous entendons lutter ».

La stratégie de Nosopharm, en collaboration avec le CHU de Nîmes et des laboratoires de l'INRA, consiste à stimuler des microorganismes dans des conditions optimales pour qu'ils produisent des substances d'intérêt pharmaceutique. En effet, « pour la très grande majorité des micro-organismes, il est extrêmement difficile de reproduire in vitro les conditions environnementales naturelles qui induisent la biosynthèse d'un métabolite d'intérêt », déplore le dirigeant. Autrement dit, la plupart des gènes responsables de la biosynthèse de métabolites secondaires (pas directement nécessaires au développement d'un organisme) demeurent silencieux avec les techniques classiques de microbiologie. « Quand on isole un microorganisme, il faut arriver à lui faire produire un arsenal de molécules. C'est plus facile dans le milieu naturel, où l'organisme se défend en permanence et produit des molécules défensives. Pour y arriver, nous cherchons à reproduire artificiellement les conditions naturelles », détaille Philippe Villain-Guillot. Pour recréer ces conditions favorables, l'équipe de Nosopharm a développé et breveté la technologie Indux-Tech, qui lui permet de contraindre une bactérie à exprimer ces gènes silencieux. Elle met en jeu un système à deux bactéries : une dite néo-inductrice, l'autre dite productrice. La bactérie néo-inductrice est dérégulée au niveau de la communication intercellulaire par modifications génétiques. Elle va émettre massivement des signaux vers la bactérie productrice. Celle-ci, issue des collections de l'INRA, synthétise alors des métabolites secondaires antimicrobiens. Pour Philippe Villain-Guillot, c'est un territoire de recherche inédit. « Par cette technique, nous accédons à de nouvelles molécules bioactives encore jamais obtenues ».

Ensuite, l'équipe de Nosopharm évalue les capacités des métabolites à inhiber la croissance bactérienne avec des tests classiques comme la microdilution. « Nous déterminons les activités antimicrobiennes du métabolite contre un panel de souches bactériennes d'intérêt clinique, comme Staphylococcus aureus ou Pseudomonas aeruginosa (respectivement le staphylocoque doré et le bacille pyocyanique) », explique Philippe Villain-Guillot.

En 2007, l'idée de fonder Nosopharm découle des parcours respectifs des fondateurs, qui travaillaient ensemble à l'élaboration d'antibiotiques. « Pour réussir dans notre domaine de recherche, il faut bien connaître les molécules candidates pour les faire valider en thérapeutique », note le cofondateur. Avec leur compétence spécifique sur les produits de chimie médicale ou de microbiologie, ils cherchent des molécules antibiotiques candidates chez divers microorganismes. Une famille de microorganismes, différente du genre surexploité des streptomyces, leur paraît alors pleine de promesses. L'équipe travaille aussi sur d'autres genres microbiens qui pourraient convenir. La société a démarré en février 2009 sur un site de l'école des Mines d'Alès à Nîmes avec l'obtention d'un contrat de prestation R&D avec Deinove, « d'un montant de 300 € » précise Philippe Villain-Guillot.

En juin dernier, l'équipe a procédé à une augmentation de capital de 300 000 € grâce à l'appui d'une dizaine d'investisseurs. Au mois de juillet dernier, Nosopharm est lauréat du Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes, en catégorie Création-Développement. Un prix qui assure une subvention de 200 000 € à l'entreprise nîmoise.

L'équipe dispose d'une plateforme de biotechnologies au sein de laboratoires mutualisés. Le chiffre d'affaire de Nosopharm est de 150 000 € depuis sa création. Ces revenus sont issus de prestations de services dans la recherche thérapeutique via sa technologie Indux-Tech. Nosopharm ne vend pas des antibiotiques clés en main aux industriels, mais des molécules susceptibles de devenir les antibiotiques de demain. Quatre personnes travaillent au sein de la société, dont deux qui ont intégré l'équipe cette année.

« Les besoins stratégiques augmentent avec la multiplication des maladies nosocomiales. Dans le même temps, on observe un regain d'activité des groupes pharmaceutiques, qui demandent des contrats de licence et sont avides de molécules pour preuve préclinique », explique Philippe Villain-Guillot. Nosopharm dispose déjà d'une molécule qui sera bientôt testée sur l'animal. Mais pour le cofondateur de Nosopharm, les ambitions du groupe restent modestes. « D'abord, nous étudions plusieurs molécules antibiotiques candidates, afin d'être reconnus sur ce segment. Ensuite, nous nous lancerons peut-être sur le marché des antiviraux ».

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