Nous suivre Industrie Pharma

Neurobiologie : L'optimisme, c'est physiologique

Sujets relatifs :

Des chercheurs viennent d'identifier deux zones cérébrales impliquées dans l'optimisme. La source de l'insouciance, en quelque sorte.
Si certains traversent leur vie dans une béatitude complète quelles que soient les épreuves que réserve l'existence, ce ne sont pas de simples imbéciles heureux. Ces gens-là sont tout simplement bien dotés par la nature en matière d'optimisme. Ils possèdent une activité cérébrale supérieure à la moyenne dans deux zones identifiées du cerveau: l'amygdale et le cortex cingulaire antérieur rostral (RACC). Des études précédentes suggéraient déjà, qu'à l'inverse, un dysfonctionnement de ces régions cérébrales était lié à la dépression. Ces découvertes devraient ouvrir alors la voie à de nouvelles façons de caractériser puis de diagnostiquer cette maladie. Cette fois, Elizabeth Phelps et ses collègues de l'université de New York ont pris le parti de mesurer l'optimisme de 15 volontaires. En partant du constat que les Hommes misent un fort espoir sur la survenue d'événements positifs dans le futur sans garantie sur leurs manifestations concrètes. Par exemple, les gens espèrent vivre plus longtemps et en meilleure santé alors qu'ils sous-estiment leur risque de divorcer ou encore surestiment leurs chances de succès sur le marché du travail. D'où leur vient cette insolente insouciance? Des tréfonds du cerveau, au niveau du système limbique! Établissement d'un questionnaire, IRM fonctionnelle des activités cérébrales et songes plus ou moins heureux... D'un côté, les participants se sont laissés aller à des évocations heureuses, comme recevoir un prix ou une énorme somme d'argent. D'un autre côté, ils ont eu à se remémorer des passages douloureux de leur vie passée, comme un deuil ou un drame vécu dans les 5 dernières années. Ils ont aussi tenté, au cours d'une autre étape de l'étude, d'imaginer qu'ils pourraient être impliqués dans un accident de voiture dans un futur proche. En parallèle et à chacune de ces pensées, des clichés IRM ont été enregistrés. Les chercheurs ont ainsi constaté que les deux régions du cerveau s'activent ou s'illuminent justement lorsque l'optimisme est de mise. En effet, ils parlent d'une « tendance à l'optimisme » corrélée à une activation spécifique de l'amygdale et du RACC, quand les participants pensent à des événements positifs à venir. Une réaction à comparer à l'activité moindre générée par des pensées plus négatives. Ces résultats suggèrent le rôle clé joué par ces zones dans la régulation des émotions et dans la médiation des tendances à l'optimisme. Les mêmes régions montrent des irrégularités dans la dépression qui a été reliée au pessimisme. Les clichés du cerveau saisis par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle ont également révélé que les deux volets de l'évaluation – évocations passées et futures - activent les mêmes aires cérébrales. Cependant, les événements positifs, en particulier ceux qui font référence au futur entraînent une réponse beaucoup plus intense. Tali Sharot de l'université de Londres, co-auteur de l'étude, a noté, chez les sujets les plus pessimistes du test, une activation moindre de ces aires cérébrales comparée à celle de leurs camarades optimistes quand il leur a été demandé de songer à des événements heureux. Cette étude permet de comprendre comment le cerveau génère une tendance à s'engager avec enthousiasme dans les projets positifs, suggérant également la façon dont cet organe intègre et régule les informations émotives et autobiographiques des personnes en bonne santé. Qui de l'œuf ou de la poule? Auparavant, les neurobiologistes associaient les idées noires uniquement à l'activité de l'amygdale, avec une réduction de la circulation des signaux. Des autopsies réalisées sur des patients sévèrement dépressifs avaient révélé ensuite un nombre réduit de neurones dans l'amygdale mais aussi dans le RACC. Cette dernière étude corrobore donc ces données préliminaires. L'ensemble des connaissances explique également pourquoi les dépressifs souffrent très souvent d'une absence de pensées positives et/ou optimistes. Cette réduction de signaux est-elle la conséquence ou la cause d'une dépression? Alors que ces recherches se sont concentrées sur l'optimisme, cette découverte permet-elle de trancher sur les origines de cette pathologie? Pas vraiment, la question reste ouverte. Une même étude est envisageable avec des patients dépressifs. Il s'agira alors de confirmer le lien probable entre la dépression et des activités anormales de l'amygdale et du RACC. En attendant, les médecins pourraient utiliser un jour l'IRM fonctionnelle du cerveau pour diagnostiquer la maladie et même développer des traitements spécifiques. Nadia Timizar

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Nanosive planche sur le futur des crèmes solaires

Nanosive planche sur le futur des crèmes solaires

Grâce à une technologie d'encapsulation d'actifs dans des polymères bioadhésifs, la start-up Nanosive entend mettre au point des écrans solaires plus sûrs et écoresponsables, utilisant moins[…]

17/12/2018 | InnovationDermatologie
L'opération New Deal Biotech vise à attirer des porteurs de projets

L'opération New Deal Biotech vise à attirer des porteurs de projets

DNA Script automatise la production d'ADN par voie enzymatique

DNA Script automatise la production d'ADN par voie enzymatique

Des étiquettes moléculaires contre la falsification

Des étiquettes moléculaires contre la falsification

Plus d'articles