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Meto&Co s'attaque aux bactéries

La société héraultaise met à profit les propriétés biocides du cuivre pour développer des revêtements antibactériens.

En France, quatre mille personnes meurent, chaque année, d'une maladie nosocomiale. Un constat alarmant qui pourrait être revu à la baisse dans les années à venir grâce à MetalSkin Medical, un revêtement antibactérien développé et breveté par la société Meto&Co. Applicable par métallisation à froid, ce revêtement à base de cuivre tire son efficacité du pouvoir biocide du métal. Aujourd'hui, les propriétés antibactériennes du cuivre sont au coeur de l'activité de R&D de la start-up héraultaise. Lorsqu'en 2007, Stéphane Pénari décide de créer Meto&Co, c'est pour développer l'activité de métallisation à froid qu'il a vu prendre de l'ampleur dans l'entreprise de fabrication de mobilier qu'il a rachetée en 1996. « Dans nos ateliers, la métallisation à froid était juste une technique de finition. Mais en dix ans, elle avait pris suffisamment d'ampleur pour en faire une activité à part », explique le fondateur et p-dg de Meto&Co. Lors de sa création, la jeune société formait des artisans à cette technique, et elle proposait des prestations de sous-traitance sur des projets décoratifs. Mais rapidement, le savoir-faire de l'entreprise a été sollicité pour mettre au point des applications plus techniques utilisant les propriétés biocides du cuivre. La start-up a donc développé une activité de R&D pour proposer des protocoles d'application innovants pour des revêtements composites antibactériens. Pour recouvrir rapidement n'importe quel support, et pour en épouser parfaitement tous les détails, la jeune société travaille sur l'association entre un métal et un liant. En fonction de l'application souhaitée, elle fabrique un liant, un polymère à base d'élastomère ou d'époxy, qu'elle charge avec un métal. « Toute la difficulté est de trouver le bon rapport quantitatif de liant et de métal pour avoir une application facile », confie Stéphane Pénari. Les revêtements à base de cuivre conservent les propriétés antibactériennes du métal. Celles-ci sont mises à profit dans le développement de MetalSkin Medical, ou du M300 Antifouling. Destiné à des applications nautiques, le M300 Antifouling est développé à partir de cuivre associé à une résine polyester hybride qui assure à la fois une bonne tenue du métal sur les carènes, mais aussi la liaison entre les particules métalliques. Le pouvoir biocide du cuivre permet d'empêcher le développement d'algues et de micro-organismes à la surface des carènes.

 

Une norme pour les matériaux biocides

 

Pour conquérir le marché des revêtements antibactériens, l'entreprise héraultaise propose deux types de service : la production du composite et la réalisation de pièces. « En général, les industriels nous demandent dans un premier temps d'être leur sous-traitant pour l'application des revêtements. Une fois qu'on a acquis des réflexes propres à leur production, nous pouvons les former et leur transmettre un savoir-faire spécifique », confie le p-dg. Et pour séduire les clients, la jeune société mise sur l'efficacité et le prix attractif de ses produits. « MetalSkin permet de diviser par trois le risque infectieux, et comme on ne dépose que deux cents micromètres d'épaisseur, on est cinq à vingt fois moins cher que du cuivre massif », illustre Stéphane Pénari. Récemment, la nouvelle clinique privée Saint-Roch à Montpellier a décidé d'équiper toutes ses installations avec MetalSkin Medical. Poignées de porte, interrupteurs, souris d'ordinateur, coques de téléphones portables, boutons d'interphone. « Ce sera le premier établissement de santé dans le monde entièrement traité en dispositif antibactérien », s'enthousiasme le p-dg de Meto&Co. Parallèlement au déploiement de ces revêtements dans le milieu médical, l'entreprise héraultaise va entrer dans une phase de R&D destinée à mettre au point une norme afin de qualifier un matériau biocide dans les conditions normales d'utilisation dans le domaine de la santé. Des recherches qui seront financées en partie grâce à la levée de fonds d'un million d'euros que la société a effectuée en novembre dernier. Le reste des investissements sera mis à profit pour structurer humainement l'entreprise, notamment par le recrutement d'un ingénieur et d'un responsable commercial. Meto&Co prévoit également de verrouiller la stratégie d'enregistrement de ses brevets à l'international. Car d'ici 2017, la jeune société espère conquérir des marchés mondiaux (Europe du Nord, USA, Canada et Japon).

 

« MetalSkin permet de diviser par trois le risque infectieux ».

 

CARTE D'IDENTITÉ

Date de création : 2007 Spécialité : développement et production de revêtements biocides à base de cuivre Effectif : six personnes Implantation : Balaruc-les-Bains (Hérault) Chiffres d'affaires (2015) : 400 000 €

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