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Metafora Biosystems scrute le métabolisme cellulaire

Aurélie Dureuil

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Metafora Biosystems en chiffres

- Mars 2011 : création

- 6 employés

- 210 000 euros par le FUI

- 200 000 par Oséo Création-Développement

- 1re levée de fonds à l'été 2012 : près de 400 000 euros

- 1er chiffre d'affaires attendu en 2013

Metafora Biosystems scrute le métabolisme cellulaire

Luc d'Auriol, président et cofondateur

© Metafora Biosystems

Avec un pied à Montpellier et l'autre au Genopole d'Évry, la jeune société vient de lever 400 euros. Un financement qui lui permet d'ouvrir son 1er laboratoire.

La société créée entre Montpellier et Évry a initié en juin sa première levée de fonds de 400 000 euros. Un résultat de bon augure pour le développement de Metafora Biosystems dont la création officielle date de mars 2011. « L'histoire de Metafora remonte à une dizaine d'années », précise Luc d'Auriol, président et cofondateur de la jeune société. A l'époque, il discute avec un ami « rétrovirologiste » comme lui : Marc Sitbon, directeur de recherches à l'Inserm et responsable d'un groupe à l'Institut de génétique moléculaire de Montpellier. « Il avait fait une découverte et se demandait comment la valoriser », ajoute le dirigeant de Metafora. La rencontre entre Marc Sitbon et Vincent Petit, rétrovirologiste également, va permettre de concrétiser le projet. En 2008, les trois amis se lancent. Vincent Petit, alors engagé comme ingénieur de valorisation au CNRS, va travailler au développement des preuves de concept dans différents domaines d'application. Étape indispensable pour la mise au point d'un business model. En mars 2011, les trois fondateurs créent Metafora Biosystems. Luc d'Auriol et Vincent Petit intègrent la société tandis que Marc Sitbon poursuit ses activités au sein de l'Inserm.

Metafora Biosystems développe et commercialise en premier lieu des biomarqueurs du métabolisme cellulaire pour le contrôle qualité de cellules utilisées en médecine régénérative et pour la toxicologie préclinique. L'expertise de la société repose sur l'établissement de manière simple et rapide du profil d'expression de transporteurs de nutriments à la surface cellulaire. Ces transporteurs représentent autant d'acteurs clés du métabolisme et sont restés longtemps sous-exploités, malgré les informations qu'ils fournissent sur la physiologie de la cellule. Parmi eux figure le transporteur de glucose Glut1, également utilisé comme récepteur par les virus HTLV (responsables de leucémie chez l'homme). « L'identification de Glut1 comme récepteur des virus HTLV est une découverte du groupe de Marc Sitbon. Les virus HTLV étaient connus depuis 30 ans, mais nous ne connaissions pas le récepteur », indique le directeur général. « Cette découverte a été rendue possible par la construction d'une protéine fusion entre la partie de l'enveloppe du virus responsable de l'interaction avec Glut1, et un fragment constant d'immunoglobuline. Ce ligand recombinant de Glut1 utilisé de manière recombinante est un peu équivalent à un anticorps monoclonal pour quantifier l'expression de Glut-1 », détaille Vincent Petit. Les chercheurs de l'équipe de Marc Sitbon ont travaillé depuis sur les glycoprotéines d'enveloppe d'autres rétrovirus qui reconnaissent d'autres transporteurs à la surface de la cellule. Les outils, dérivés de la même manière que pour Glut1, sont utilisés dans différentes techniques de marquage et d'imagerie cellulaire, et permettent de suivre l'état physiologique de la cellule. « Grâce à cet outil moléculaire, on regarde comment les cellules se nourrissent », souligne Luc d'Auriol. Baptisée MetaScreen, cette technologie brevetée par le CNRS et dont Metafora possède la licence exclusive utilise les ligands de transporteurs de métabolites pour établir un profil d'expression à la surface de la cellule. « Nous visualisons ainsi l'état physiologique de la cellule », indique Vincent Petit. La société peut ainsi évaluer l'action de médicaments lors d'essais cliniques, la toxicité des produits, notamment dans le domaine de la cosmétique, mais également l'état d'une cellule avant qu'elle ne soit injectée à un patient. « Dans le cadre d'une greffe de neurones, par exemple, on greffe des cellules avant qu'elles ne deviennent des neurones. Notre outil permet de dire si elles vont devenir des « bons neurones », cite Luc d'Auriol. Metafora propose donc ses tests MetaScreen « pour le contrôle d'agents de biothérapie jusqu'au lit du patient dans des essais cliniques de médecine régénérative ». La technologie sera également développée pour « l'imposer comme un test à terme homologué par les instances réglementaires dans les essais de toxicologie prédictive ». Enfin, la société espère « démarrer un premier programme pour l'identification de biomarqueurs cliniques Meta-Screen Liver, centré sur les pathologies chroniques du foie ». Ce plan de développement est fixé sur les trois prochaines années pour Metafora qui vendra des produits et des contrats de prestation de service.

Côté financement, la société se porte bien. Un an après sa création, elle est lauréate du Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes dans la catégorie Création-Développement. Metafora fait également partie du consortium StemSafe retenu pour un financement par le Fonds unique interministériel (FUI). Ces aides publiques « conséquentes » et la première levée de fonds serviront au développement de la société et en premier lieu, à l'ouverture d'un laboratoire début octobre. Un autre laboratoire sera ouvert en janvier. La société ayant un pied à Montpellier et l'autre au Genopole d'Évry. Ces premières installations de recherche représentent un investissement de près de 150 000 euros, essentiellement pour des équipements de laboratoire. « Nous disposons notamment d'un laboratoire de type P2 pour la manipulation des cellules. Cela garantit de bonnes conditions de stérilité », note Vincent Petit, directeur général de Metafora. Cet investissement dans un laboratoire de biologie moléculaire et cellulaire s'accompagnera de l'embauche de quatre personnes, portant ainsi l'effectif à six. « Cette levée de fonds de proximité nous met en piste pour prétendre à des levées de fonds plus institutionnelles. Avec le laboratoire, nous aurons, par ailleurs, un outil à présenter à nos clients », souligne Luc d'Auriol qui confie avoir de très bons contacts et prévoit de dégager un premier chiffre d'affaires en 2013.

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