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Mesurer en continu la charge microbienne des eaux de process

NICOLAS VIUDEZ

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Mesurer en continu la charge microbienne des eaux de process

© BWT

BWT France lance un analyseur en ligne capable de détecter la présence de bactéries dans les eaux pharmaceutiques. Une solution qui promet un suivi affiné de ce secteur de l'usine, en attendant de bousculer, demain, les méthodes traditionnelles.

Le contrôle de la qualité des eaux pharmaceutiques est un secteur porteur pour les acteurs du marché de l'analyse. BWT lance une évolution de son Aqu@Sense, baptisé Aqu@sense MB. L'appareil s'inscrit en rupture, puisqu'il permet désormais de compter le nombre de bactéries présentes dans l'eau. « Le comptage des bactéries est une opération complexe car elle demeure manuelle avec une culture sur des boîtes de Petri », souligne Pierre Cullmann, responsable marché Pharma/Biotech de BWT France, filiale du Groupe Best Water Technology, leader européen du traitement de l'eau. Les délais de culture, incompressibles, portent à cinq jours le temps d'incubation et de libération des lots et ajoutent un risque de faux positifs, les cultures nécessitant des manipulations manuelles. Alors que les analyses en ligne se développent, BWT a choisi d'opter pour une technologie : la cytométrie de flux. « Notre réflexion s'est appuyée sur nos tests et des groupes tels que l'OWBA (Online Water Analysis) décrivent cette technologie comme celle faisant partie des possibles », précise Pierre Cullmann. Une technologie qui existait déjà pour les contrôles sur l'eau de consommation, et qu'il a fallu adapter à un modèle industriel.

 

Analyse en ligne : mode d'emploi

L'appareil est installé sur le retour d'une boucle d'eau, l'endroit le plus critique en termes de risque microbiologique. Une vanne est « piquée » sur la boucle d'eau, un échantillon de liquide est prélevé par l'équipement, puis un réactif est ajouté à la solution. Ce produit va colorer de manière fluorescente l'ADN des bactéries présentes dans l'échantillon d'eau. Un refractomètre mesure ensuite la longueur d'onde émise pour quantifier le nombre de bactéries. « Avec l'Aqu@Sense MB, on obtient le nombre exact de bactéries présentes dans l'eau, contrairement à la méthode traditionnelle où seulement 0,1 à 1 % des pathogènes sont mesurés », souligne Pierre Cullmann. Le risque de ce nouveau type de mesure rapide réside dans l'obtention de résultats positifs là où, par le passé, aucune bactérie n'était détectée. Pierre Cullmann se veut rassurant sur cette question de la surqualité « C'est notre travail d'industriel d'accompagner nos clients dans l'analyse de ces résultats, c'est l'historique des données qui permettra de dire ce qui pose problème ou pas », estime le responsable marché pharma de BWT France. Le responsable se veut optimiste sur l'intérêt des industriels pour cette solution en ligne, en misant sur les économies réalisées. Car l'analyse en ligne trouve sa place dans l'usine comme un facteur d'efficacité opérationnelle. « Il y a un bénéfice environnemental immédiat à utiliser cette méthode. La mesure en continu permet d'affiner les méthodes de désinfection et le recours à la vapeur ou à l'ozonation, c'est un gain important sur les utilités et c'est aussi pour cela que l'on lance ce produit sans attendre », souligne Pierre Cullmann. L'un des autres points forts de l'équipement porte sur la maintenance et la formation nécessaire pour maîtriser l'appareil, qui reste faible car en grande partie automatisée. « Chaque cartouche peut faire 1000 mesures, on ne rejette rien dans l'environnement, les effluents sont collectés et nous sont renvoyés, puis l'on recycle la cartouche », précise Pierre Cullmann. La calibration de l'appareil s'effectue une fois par an et la formation nécessaire est minimale. L'accompagnement de BWT porte davantage sur les données générées par l'Aqu@Sense MB. « Nous accompagnons nos clients sur les premiers rapports générés, les rapports édités passent par notre site d'Aesch, en Suisse. En parallèle, nous formons nos techniciens en interne et les personnels en local seront bientôt formés pour accompagner l'industriel dans l'analyse de ses données », détaille Pierre Cullmann.

 

Les endotoxines, dernier paramètre à mesurer

Lorsqu'on l'interroge sur les perspectives de ce produit, le responsable de BWT France établit volontiers la comparaison avec un autre équipement de rupture : le TOCmètre. « Désormais, toutes les lignes sont équipées de TOCmètres en ligne, même si aucune réglementation n'écrit qu'il faut installer un TOCmètre sur les boucles d'eau », constate Pierre Cullmann. L'intérêt des premiers clients confirme des profils industriels variés, allant du façonnier au géant de la pharma. Tous conscients que l'analyse en ligne arrive, avant peut-être, dans quelques années, de bousculer la méthode traditionnelle dans les recommandations. Si l'on n'en est pas encore là, il reste encore un paramètre qui résiste à l'analyse en ligne, les endotoxines. Pierre Cullmann imagine déjà l'équipement de demain : « Si nous pouvions concevoir un équipement capable d'analyser en ligne les bactéries et les endotoxines, ce serait formidable ». Un horizon encore lointain, mais qui pourrait arriver plus vite que prévu, porté par l'innovation technologique et l'accélération dans l'analyse des données

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