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Merck Serono s'affirme en oncologie

A Corsier-sur-Vevey, Raphaëlle Maruchitch

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MERCK, UN GROUPE FAMILIAL EN PLEINE DYNAMIQUE D'ACQUISITIONS

Les acquisitions et les ventes sont des événements routiniers au sein de Merck. Serono a été acquis par Merck en 2006, pour 10 Mrds €. Pour comparaison, l'acquisition de Millipore finalisée en juillet dernier était de 5,2 Mrds €. « L'impact de Millipore sur Merck Serono est minimal », explique Elmar Schnee, président de Merck Serono. Il ajoute que le groupe « reste toujours ouvert à de nouvelles acquisitions dans les prochaines années, pas de grosses acquisitions, mais des acquisitions de produits ». En tout cas pas d'acquisition de l'ordre du milliard dans les deux ans à venir. Le président de Merck Serono revendique la volonté d'acheter « si cela a du sens. Nous sommes détenus par une famille, notre objectif, c'est le long terme, pas ce qui peut se passer sur un trimestre ». La règle s'applique aussi pour les ventes. Au printemps 2007, Merck s'est ainsi allégé de son activité Génériques, qu'il a vendu à l'Américain Mylan. « C'était trop compliqué de gérer les génériques d'un côté et l'innovation de l'autre », résume Elmar Schnee. A noter que 30 % du capital de Merck est ouvert au public, le reste appartient à la famille Merck, et ce depuis 12 générations. Serono était également une entreprise familiale, fondée en 1906.

Merck Serono  s'affirme en oncologie

Acquis avec Serono en 2006, le centre de biotechnologies de Corsier-sur-Vevey comptera 420 personnes d'ici à 2012.

© © Merck Serono

Avec 350 millions d'euros investis dans son centre de biotechnologies de Corsier-sur-Vevey, en Suisse, Merck Serono produira en 2012 la substance active de l'anticancéreux Erbitux, jusqu'ici sous-traité chez Boehringer Ingelheim.

Les cimes des montagnes, les forêts à perte de vue et le lac Léman ; la situation géographique idyllique du centre de biotechnologies de Merck Serono, à Corsier-sur-Vevey (Suisse), a de quoi faire des envieux. L'acquisition de Serono en 2006 a permis au laboratoire allemand de mettre la main sur l'un des plus grands centres de biotechnologie du monde, de la taille de six terrains de football (35,6 ha). Une corde qui manquait encore à son arc. « En 2008, une molécule sur deux approuvée par la FDA était d'origine biotechnologique », appuie Stéphane Gourdon, spécialiste en assurance qualité et sécurité santé environnement de Merck Serono. Depuis son démarrage en 1999, le Merck Serono Biotech Center (MSBC) est l'unique centre qui assure la production de la substance active de Rebif (interféron b-1a), médicament destiné au traitement des formes récurrentes de la sclérose en plaques. Avec près de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires l'an passé, Rebif représente la plus grande part des ventes de Merck Serono.

En 2008, le laboratoire lance au MSBC un projet d'amélioration et d'agrandissement, nommé Large Scale Biotech (LSB). L'investissement totalise aujourd'hui 350 M €. Une fois le projet LSB finalisé, le centre accueillera, d'ici 2012, la production « des substances actives de l'anticancéreux Erbitux, d'Atacicept (traitement du lupus) et toutes autres protéines pour les essais cliniques », rappelle Stéphane Gourdon. Erbitux est un anticorps monoclonal commercialisé pour le traitement du cancer colorectal métastasique et le traitement des carcinomes de la tête et du cou. L'anticancéreux était également en passe d'obtenir l'approbation pour le traitement du cancer du poumon, mais a dû essuyer un échec. « Nous sommes un peu choqués par cette décision, a confié Elmar Schnee, président de Merck Serono. Nous étions sûrs que nos résultats suffiraient ». Erbitux représente un gros chiffre d'affaires pour Merck Serono. Jusqu'ici, sa production, qui a totalisé 697 M € de ventes de Merck Serono en 2009 avec une progression de 23 %, était sous-traitée à l'Allemand Boehringer Ingelheim. « Le groupe n'avait pas les moyens de le produire, explique Stéphane Gourdon. A titre d'exemple, les doses thérapeutiques d'Erbitux sont de l'ordre du milligramme alors que celles du Rebif sont de l'ordre du microgramme. »

L'Europe représente le plus gros marché, la France en tête

D'ici 2015, le groupe Merck veut faire de sa filiale Merck Serono « l'une des sociétés mondiales leader en oncologie », affirme Roberto Gradnik, responsable de l'unité maladies neurodégénératives et maladies auto-immunes et inflammatoires. Au sein du MSBC, 200 postes ont été créés dans le cadre des extensions du site, portant l'effectif total à 420 personnes. Deux lignes indépendantes à large échelle s'ajouteront aux deux lignes existantes pour produire Erbitux et Atacicept. Les huit bioréacteurs auront au total une capacité de 120 litres, contre 22 000 litres auparavant. D'autre part, le centre se dote d'une mise à l'échelle de ses unités, d'un nouveau magasin, d'une station de traitement de l'eau, d'un générateur électrique, de cuves de stockage des énergies. Le centre est certifié ISO 14001 et devrait être homologué en 2011. Merck Serono ne pouvant pas prendre le risque d'éventuelles ruptures au niveau du stockage, l'arrêt de la sous-traitance avec Boehringer Ingelheim s'effectuera de façon progressive. En 2009, Merck Serono a réalisé un chiffre d'affaires de 5,3 Mrds €, en augmentation de 6,6 %. Sur les 30 projets qui sont en cours de développement clinique au sein du groupe, la plus grande division de Merck en compte 16, « dont six en phase précoce et neuf en phase II et III », précise Pierre-Henry Longeray, président de Merck Serono France. C'est en Europe que Merck Serono réalise un peu plus de la moitié de ses ventes (51 %), puis aux États-Unis avec 17 %. Merck Serono se place à la 15e position en France, et représente un peu plus de 2 % des parts du marché. Le marché français, avec 500 M €, est le premier en Europe pour le groupe. Quant aux prévisions au niveau de la France pour l'année à venir, le groupe reste prudent. « Nous espérons avoir un chiffre à peu près stable en 2010 », confie Pierre-Henry Longeray.

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