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Merck confie son pôle Sciences de la vie à Rhenus Logistics

Merck confie son pôle Sciences de la vie à Rhenus Logistics

La collaboration entre Merck et Rhenus s'est noué en 2010.

© Merck

Dans la capitale alsacienne, le groupe allemand de services logistiques Rhenus et le laboratoire Merck ont récemment fêté leurs neuf années de collaboration. Un partenariat réussi, qui permet à Merck de compter parmi les premiers exportateurs de la région Grand Est.

Non loin de la frontière allemande, dans le quartier du port du Rhin dans l'est de Strasbourg, est implanté le groupe allemand de services logistiques Rhenus, qui tire, à juste titre, son nom du mot latin désignant le Rhin.

C'est sur cette zone historique que s'étendent des milliers de mètres carrés dédiés au stockage. C'est un site où le groupe Rhenus propose trois modèles logistiques à la carte : des clusters, à savoir des grands bâtiments ou des ensembles de bâtiments - comme c'est le cas à Strasbourg - qui regroupent plusieurs clients, des entrepôts dédiés en fonction de la demande des clients, et enfin, des entrepôts, cette fois-ci, directement sur le site du client.

Pour le transport des produits de santé, Rhenus propose deux méthodologies. D'un côté, un transport en température dirigée avec un suremballage passif, par exemple une caisse isotherme avec un dispositif de froid, comme de la carboglace. De l'autre, un transport avec un véhicule dit actif, c'est-à-dire capable de générer du froid. La glacière contre le réfrigérateur, en somme.

Une décennie de collaboration

Parmi les clients de Rhenus, il est possible de citer Lilly, Boehringer Ingelheim ou encore Allergan. Mais un de ses partenaires historiques est le laboratoire allemand Merck, pour lequel Rhenus est un partenaire privilégié pour ses trois domaines d'activités que sont « Life Sciences », « Healthcare » et « Performance Materials ». Les deux entreprises collaborent en effet depuis presque dix ans.

Rhenus expédie ainsi pour Merck à l'échelle mondiale avec des envois quotidiens pour les États-Unis, le Japon, la Chine et l'Inde. Une partie de ces expéditions à l'international transitent par l'aéroport de Strasbourg, où le fret est palettisé et sécurisé. Les envois étant réalisés depuis les grands aéroports tels que Paris, Francfort, Zurich, Luxembourg ou Bâle. Les envois en Europe sont majoritairement effectués par route. Quant aux envois urgents, ils sont réalisés par avion.

Le site de Strasbourg est une pièce du réseau de distribution de Merck qui possède un service de distribution mondial comprenant une centaine de sites de distribution parmi lesquels cinq hubs, dont trois en Europe, le hub de Strasbourg étant le principal site externalisé pour la branche « Life Sciences ». À Strasbourg, sur le site de Rhenus, Merck dispose ainsi d'un bâtiment dédié de 18 000 m2 où s'étendent des bannières aux couleurs vives du laboratoire, qui permet d'alimenter 60 % de l'Europe et réapprovisionner des centres de distribution dans près de 130 pays. L'édifice est organisé en trois cellules de 6 000 m2 chacune, dont une à la réception, une à l'expédition vers l'Union européenne et une dernière à l'expédition vers l'international. Parmi les 20 000 produits référencés en stock, des milieux de culture, des systèmes de production d'eau ultra pure, des équipements de filtration, des réactifs de laboratoire ou encore des anticorps.

Le choix de Rhenus s'est fait tout naturellement : « Avec Merck, nous partageons la culture germanique du Mittelstand », indique Patrice Kaps, le directeur pharma France de Rhenus Logistics France. Ce terme allemand difficilement transposable en français inclut les grandes entreprises familiales indépendantes, fortement attachées à leur territoire. Les deux entreprises partagent aussi un ancrage alsacien, puisque Merck a racheté, en 2010, le site Millipore de Molsheim.

Mais cette collaboration locale n'en demeure pas moins ouverte sur les évolutions du secteur, à commencer par la problématique environnementale.

© Mathilde Lemarchand
Rhenus peut stocker des produits jusqu'à -80°C.

L'environnement dans le choix du transport

En logistique, les facteurs déterminants du choix de type de transport sont la destination et les délais de livraison. Mais aujourd'hui, l'environnement s'invite dans l'équation, la tendance est ainsi à la réflexion en termes de bilan carbone, comme l'explique David Brevet, responsable distribution chez Merck Molsheim : « Dans un souci de diminuer notre bilan carbone, chez Merck, nous envisageons toujours des modes de transport alternatifs ».

Il y a quelques années, Merck avait, par exemple, opté pour le transport fluvial, plus écologique, pour desservir le port d'Anvers. Cette solution a dû être abandonnée, tributaire du niveau du Rhin et donc des restrictions de circulation. Le transport fluvial ne permettait pas des dates de livraison fiables et était donc trop difficile à gérer. Mais le laboratoire allemand ne baisse cependant pas les bras : « Nous continuons à développer le transport maritime plutôt que l'aérien. Nos partenaires modernisent leur flotte pour s'aligner sur les normes les plus récentes et offrir des solutions moins polluantes », explique David Brevet. Avant de poursuivre : « Pour les expéditions vers la Chine, Merck a étudié la possibilité de développer le transport ferroviaire. Ce mode de transport reste tout de même difficile à mettre en place en raison de la nature des produits et du suivi des températures pendant le transport ».

Une problématique environnementale également partagée par Rhenus, comme le confirme Patrice Kaps : « Dans le souci de limiter notre impact carbone, nous essayons toujours de privilégier le transport en température dirigée avec un véhicule actif, le problème majeur étant tout de même que ce type de transport n'est pas disponible dans tous les pays ». Une stratégie que le logisticien applique également pour ses zones de stockage : « Chez Rhenus, la politique environnementale va au-delà du transport. Nous optons, par exemple, pour la construction de bâtiments surisolés ou encore l'usage du photovoltaïque ».

Une démarche écologique qui reste, malheureusement peut-être, encore difficile à mettre en place : « Au vu des exigences réglementaires spécifiques liées aux produits pharmaceutiques, le facteur environnemental ne peut pas être le facteur déterminant pour le choix de logistique et de transport », conclut Sophie Conte, directrice business et opérations chez Rhenus.

Un logisticien en évolution

À l'origine spécialisé dans le transport fluvial, Rhenus propose ses services à l'industrie pharmaceutique depuis les années 90. Le logisticien est aujourd'hui une entreprise d'envergure mondiale. Depuis sa fondation en 1912, le groupe s'est, en effet, implanté sur différents continents - il s'est d'ailleurs récemment ouvert au continent américain - et a également diversifié son activité, que ce soit au niveau des modes de transport proposés ou sur les différents aspects de la logistique, comme le stockage ou la préparation connectée.

« Du fait de restructurations économiques, l'organisation des équipes supply chain chez les industriels évolue et tend vers plus d'externalisation. L'expertise logistique est donc particulièrement recherchée chez des prestataires externes », explique Patrice Kaps.

Outre ses espaces de stockage, Rhenus propose aussi des bureaux d'étude, destinés aux industriels, afin de répondre à l'ensemble des problématiques soulevées par la chaîne logistique. Et il y a de quoi faire. L'industrie pharmaceutique représente aujourd'hui environ 20 % de son activité, dont 20 % pour les API (Active Pharmaceutical Ingredient). Le groupe allemand espère faire gonfler la part du secteur pharmaceutique dans les prochaines années, comme le précise Sophie Conte : « D'ici à trois ans, nous espérons que l'activité pharmaceutique représentera 30 % de l'activité de Rhenus ».

Pour ce faire, Rhenus continue son implantation sur certains territoires français stratégiques, comme la région lyonnaise, la Normandie ou en Centre-Val de Loire, des zones connues pour héberger un nombre conséquent de sites industriels pharmaceutiques. « Notre volonté est de servir le client avec une forte valeur ajoutée et l'industrie pharmaceutique correspond tout à fait à cette démarche », poursuit Sophie Conte.

Et pour cause, depuis 2013, émanant de l'Union européenne, les normes BPDG (Bonnes Pratiques de distribution en gros des médicaments à usage humain), à l'image des normes BPF, régissent en effet la distribution des produits pharmaceutiques en imposant des normes de températures, de taux d'humidité ou de formations, par exemple. « Le marché est en pleine mutation, nos clients veulent des solutions sur mesure, mais en même temps modulables dans le temps. La sérialisation en est un bon exemple », ajoute la directrice.

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