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Merci la grippe ?

Sylvie Latieule

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En 2009, les ventes du secteur pharmaceutique ont été dopées en France par la grippe H1N1, selon Christian Lajoux, président du Leem, fédération des industriels de la pharmacie. Son syndicat estime que le marché français des médicaments de ville (vendus en pharmacie) a crû de 2,3% en 2009 et devrait à nouveau progresser entre 1,5 et 2% en 2010. Il évalue la croissance du secteur de l’hôpital à 4,5% pour 2009.
Outre les vaccins, qui n’ont pas été vendus directement au public, « tous les produits de pathologie hivernale classique, les produits contre la toux, les décongestionnants, les fluidifiants nasaux, les anti-fièvre » ont bénéficié de cet effet d’aubaine. Même dans des secteurs plus pointus. Ainsi, le groupe français de diagnostic in vitro BioMérieux a estimé à 18 millions d’euros l’impact de la pandémie sur les ventes de ses tests et instruments de diagnostic.
Néanmoins, ce sont les producteurs de vaccins qui tirent le mieux leur épingle du jeu. À la mi-janvier, GlaxoSmithKline (GSK) a annoncé avoir vendu au 4e trimestre dans le monde pour près d’un milliard d’euros de vaccins anti-H1N1, contre 268 à 468 M€ pour le Suisse Novartis et 334 M€ pour le Français Sanofi-Aventis, selon des informations publiées par l’AFP.
Cependant, ces résultats ne tiennent pas compte de l’impact de la récente annulation de 50 millions de doses de vaccins sur un total de 94 millions de doses commandées initialement par le gouvernement français. Cette résiliation se partage entre GlaxoSmithKline (GSK) avec 32 millions de doses, Sanofi-Pasteur avec 11 millions de doses et Novartis à hauteur de 7 millions de doses. Des discussions sont en cours entre industriels et pouvoirs publics pour dénouer tous les noeuds juridiques de cette résiliation, et envisager des compensations. Mais selon le cabinet Arthur D. Little, les industriels de la pharmacie ne devraient pas se montrer trop gourmands.
D’une part, leur manque à gagner reste modéré. Le cabinet estime le coût de l’annulation à 224 millions d’euros pour GSK, 69 M€ pour Sanofi-Pasteur et 65 M€ pour Novartis. Des montants faibles au regard de leurs chiffres d’affaires avoisinant les 30 milliards d’euros. D’autre part, le cabinet souligne que s’ils jouent les « bad guy », ces groupes risquent de se trouver pénalisés lors des prochaines négociations de prix sur leurs nouveaux médicaments.
Dans ce cas de figure, le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, garde la face, elle qui a promis de mener « très fermement » ces négociations. Les industriels restaurent leur image, après avoir été accusés d’avoir manipulé l’OMS, en amplifiant démesurément la gravité de la pandémie.
Seul le citoyen reste sur sa faim, s’inquiétant déjà de la capacité de son gouvernement à gérer une pandémie de plus grande gravité, lui qui a été témoin d’une vaste pagaille organisationnelle et
médiatique, doublée d’un gros gaspillage.

Les annulations de commandes de vaccins n’auront qu’un faible impact sur les producteurs de vaccins.

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