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Médicaments dérivés du sang : Octapharma renforce son approvisionnement

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Chercher de nouvelles sources d'approvisionnement en plasma sanguin, telle est la préoccupation constante d'Octapharma. Produisant des médicaments dérivés du sang (MDS), le Suisse a en effet la particularité de ne dépendre que d'une matière première principale, rare et chère, et dont il n'assure pas le prélèvement, le plasma humain. C'est pour cette raison qu'il vient de faire l'acquisition de l'unité de fractionnement de plasma de la Croix-Rouge allemande, à Springe près de Hanovre. La préparation des médicaments dérivés du sang (purification, inactivation virale, remplissage aseptique, conditionnement) sera effectuée sur le site français de Lingolsheim dans le Bas-Rhin, qui atteindra de fait une capacité de production de 400000 litres. « Notre site a tout à fait les capacités, en l'état, d'absorber cette production supplémentaire », affirme Patrick Selosse, directeur de l'usine de Lingolsheim. Il faut dire que depuis 1999, le site alsacien a bénéficié de 30 M€ d'investissements afin de moderniser l'outil de production. Dernière opération en date: la réorganisation, pour 10 M€, des services laboratoire et administration du site. Un investissement auquel s'ajoute la modernisation, pour 3 Mh, de l'outil de lyophilisation du site, qui compte cinq lyophilisateurs utilisés pour la production des facteurs de coagulation ainsi que la construction d'une nouvelle cuve pour le traitement des eaux. En plus de son site français, Octapharma, basé en Suisse à Lachen, possède une unité de production à Vienne (Autriche) et une à Stockholm (Suède). Sans oublier un centre de fractionnement au Mexique, uniquement tourné vers le marché domestique. Ainsi, les capacités de production globale du groupe tourneront autour de deux millions de litres l'année prochaine, pour un chiffre d'affaires de 400 Mh en 2005, contre 344 Mh en 2004. La production par recombinaison concurrence le fractionnement Face à la pénurie de plasma, et donc de produits finis, une option envisagée peut être d'augmenter le rendement de production du plasma. Pas si simple, répond P. Selosse. « Lors du fractionnement du plasma, on obtient trois produits (facteurs de coagulation, albumine et immunoglobulines) dont il faut respecter l'équilibre. Il faut alors savoir augmenter la production d'un des produit, mais pas au détriment des deux autres ». Pour cela, on joue soit sur les paramètres de production, soit sur les technologies (filtration, chromatographie), pour les rendre plus efficaces. Mais les gains par cette voie sont souvent limités. Une solution alternative pour diminuer sa dépendance au plasma peut alors être dans les protéines recombinantes. Contrairement à l'Américain Baxter, Octapharma a décidé de ne pas miser sur les protéines recombinantes issues de lignées cellulaires de souris, pour des raisons de sécurité. Mais pas seulement. Pour l'heure, il n'est possible de produire que des immunoglobulines par la technique de recombinaison. D'où un risque de fragilisation du portefeuille des producteurs de MDS. Par ailleurs, on pensait au départ que les protéines recombinantes seraient moins chères, car on s'affranchit du coût du plasma qui peut représenter jusqu'à 50 % du coût final. Mais il s'avère, au final, que la technologie des immunoglobulines recombinantes coûte globalement très cher. « C'est pour cette raison qu'actuellement, les gros laboratoires rapatrient cette compétence plasmatique en interne grâce à des acquisitions. D'où la vague de réorganisations à laquelle on assiste », poursuit P. Selosse. Pour autant, Octapharma n'exclut pas de travailler lui aussi dans les protéines recombinantes. Il a dans son pipeline le développement d'une protéine recombinante à lignée cellulaire humaine. Ce facteur VIII, qui viendra compléter la gamme de produits de fractionnement du groupe, devrait entrer en développement en 2007. De Lingolsheim, Gwénaëlle Deboutte

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