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Marseille-Fos surfe sur le succès du reefer

Marseille-Fos surfe sur le succès du reefer

Les portiques du terminal de Fos chargés de transporter les conteneurs.

© Nicolas Viudez

Le Port de Marseille-Fos compte sur l'essor du transport maritime pour continuer à se développer. Si la pharma ne représente qu'une part infime des flux de marchandises en conteneur reefer celle-ci continue de se développer au point d'intéresser de nombreux acteurs. Reportage sur les quais du plus grand port français en Méditerranée.

En ce jour d'été où la canicule est au plus fort, la Camargue n'a jamais autant ressemblé à une plaine désertique. C'est dans ce paysage brûlant que se profilent les cheminées qui signalent au loin la présence du terminal Marseille-Fos. Une silhouette en trompe-l'oeil car la plateforme de Fos n'est pas que consacrée à la chimie, elle est aussi un important pôle d'échanges de marchandises.

C'est pour faire davantage connaître ce secteur que le Pharma Logistics Club organisait, le vendredi 28 juin, une visite qui réunissait acteurs du port, entreprises de la logistique et industriels. Il faut dire que les laboratoires et leurs marchandises sont courtisés. La filière pharmaceutique représente une filière à fort développement et le médicament demeure un produit à haute valeur ajoutée.

« De 2011 à 2018, nous sommes passés de moins de 50 000 à plus de 100 000 conteneurs reefers via le Port de Marseille- Fos. En 2018, le trafic du Port de Marseille-Fos pour les produits pharmaceutiques est de 75 000 à l'import/export », chiffre Guillaume Briola, business developpement manager pour le Port de Marseille-Fos.

Les principales origines/destinations des produits pharmaceutiques via le Port de Marseille-Fos sont l'Algérie, la Chine, la Tunisie, Singapour et l'Inde. Dans le transport des produits de santé, le maritime a progressivement rogné des parts de marché sur l'aérien, porté par l'essor du reefer, le conteneur version réfrigérée (voir aussi notre interview d'Alexandre De Watteville de Maersk).

Le flux reefer est promu par les armateurs qui s'équipent de plus en plus pour faire face à la demande, même si la pharma n'occupe encore que quelques pourcents du volume total de reefers. Le régional de l'étape, CMA-CGM, dispose d'une division Reefer Pharma dédiée et assure le suivi de ses conteneurs reefer pharma 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le reefer est aussi mis en avant par les opérateurs manutentionnaires qui multiplient les équipements adaptés sur les quais pour assurer la continuité en alimentation des conteneurs, comme c'est le cas sur le terminal de Fos.

Le recours au conteneur reefer dope l'activité du transport maritime.
© Nicolas Viudez

Un terminal qui continue de s'équiper

Le terminal, géré par Seayard, offre ainsi près de 400 prises pour les conteneurs réfrigérés. Des conteneurs qui transportent principalement de l'alimentaire mais dont les propriétés correspondent aux prérequis du transport pharma avec un suivi de température de plus en plus précis. Arrivés par camion, les conteneurs sont stockés sur le quai en attendant d'être pris en charge par un portique pour le chargement sur le navire.

« Le conteneur est débranché au dernier moment, de fait la période de non-branchement est extrêmement courte », souligne Jakob Sidenius, p-dg de Seayard.

L'entreprise est un manutentionnaire historique du site. En 2008, MSC, actionnaire de Seayard, signe un accord de concession de 35 ans avec le Port autonome de Marseille. En 2010, Seayard est désigné comme Opérateur de terminal et inaugure son nouveau terminal en avril 2012. Si la gestion par Seayard est récente, elle s'inscrit dans un héritage fait de lutte syndicale et de grèves dures qui ont contribué à écorner l'image du transport maritime depuis le Port de Marseille-Fos.

« Il y a encore un reliquat d'image négative venant du passé », reconnaît Jakob Sidenius, « mais la réalité aujourd'hui c'est que le Port de Marseille-Fos est aussi fiable que tous les autres ports en France et en Europe ». Pour garantir un niveau de service, le port est allé plus loin en signant la charte Reefer. Un engagement qui, selon ses termes, « assure un service permanent de l'activité reefer, 24h/24 et 7j/7, y compris en cas de mouvements sociaux nationaux ». De quoi rassurer l'industrie pharmaceutique.

Le terminal de Fos poursuit par ailleurs son évolution pour assurer un transit des marchandises plus fluide, alors que le transport reefer connaît encore d'importantes variations saisonnières. À l'accueil des camions, des portiques scannent automatiquement les conteneurs entrants. Et le port fait évoluer sa façon de prendre en charge ce flux entrant.

« Nous avons mis en place un système de prise de rendez-vous pour les camions, qui garantit un traitement prioritaire, en moyenne de 15 à 20 minutes », précise Jakob Sidenius, p-dg de Seayard.

Une solution non contraignante, rappelle l'opérateur qui tient à garder une certaine flexibilité et souhaite « rester à l'écoute de nos clients pour apporter une réponse à un besoin particulier ». Le terminal évolue dans sa prise en charge des flux entrants mais voit aussi grand pour les flux sortants.

Un port qui voit toujours plus grand

Au bord du quai de chargement se dresse un profil de géant. Le portique type Malaccamax sera bientôt prêt à charger des conteneurs sur des navires toujours plus grands. Ce portique au format XXL est un des derniers investissements réalisés par Seayard sur le terminal.

« Les navires marchands deviennent de plus en plus grands. Face à cela, il faut des quais adaptés à la taille de ces navires et disposer de grues qui puissent permettre le chargement », explique Jakob Sidenius. L'enjeu est conséquent pour Marseille-Fos. Accueillir les navires de dernière génération sur le terminal de Fos, c'est augmenter les capacités de chargement et c'est, au final, revoir à la baisse les tarifs pour les entreprises exportatrices.

Une façon de rester compétitif, alors que le coût de la traçabilité et l'entretien des équipements reefers peuvent peser sur le tarif final assuré au client. La course à l'équipement est aussi une façon d'exister sur la scène européenne et mondiale alors que des ports d'envergure sont aussi présents en Italie ou en Espagne avec Valence et Barcelone.

Mais si le terminal de Fos s'équipe, côté mer, il évolue aussi, côté terre, vers son hinterland. Si le port reçoit ainsi 86 % de ses flux par la route, le Rhône à proximité pour le transport par barges représente 8 % des flux et le train, 6 %. Alors que la question environnementale s'invite de plus en plus dans la logistique, ces deux voies offrent un potentiel de développement important pour Marseille-Fos.

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