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Markem-Imaje déploie une offre globale pour le conditionnement

Sylvie Latieule

UNE PRESENCE SIGNIFICATIVE SUR LE TERRITOIRE FRANCAIS

La filiale française de Markem-Imaje est répartie sur trois sites Bourg-Lès-Valence (26), Antony (92) et Nantes (44), avec une particularité pour le site drômois : il jouxte le siège social, le plus grand centre de R&D et la première usine du groupe dans le monde. Cette particularité est le fruit de l’histoire. En effet, Markem-Imaje est né du rachat de la société française Imaje, spécialiste du jet d’encre, par le groupe américain Dover en 19965 puis de sa fusion avec Markem en 2007. A l’époque, l’équipe française de management a été retenue pour piloter l’ensemble du groupe qui possède cinq autres centres de recherche à travers le monde : (Keene (Etats-Unis), Nottingham (Royaume-Uni), Schoten (Belgique), Bangalore (Inde), Göteborg (Suède) et plusieurs centres de production. Au total, le groupe Markem-Imaje emploie près de 700 personnes sur le territoire français, dont 150 personnes au sein de la filiale française.

Parmi les leaders mondiaux du marquage industriel, Markem-Imaje élabore parallèlement à ses gammes de machines, des offres de services et de logiciels pour mieux répondre aux besoins de ses clients. Dernière offre en date, la suite logicielle CoLOS 5.0. Elle promet aux acteurs de la pharmacie une traçabilité totale sur toute la ligne de conditionnement des médicaments.

Markem-Imaje, le leader mondial des systèmes industriels de codage et de marquage, a décidé de s’engager un peu plus dans la voie de la traçabilité avec sa toute nouvelle offre logicielle : CoLOS 5.0. « Il s’agit d’une suite de logiciels qui est composée de deux sous-ensembles : le pack Coding qui permet de gérer l’activité de codage de l’ensemble des imprimantes d’une usine et le pack Traceability qui permet de mettre en œuvre des solutions de traçabilité globale» explique Nicolas Lemaire, chef de produit. Avec possibilité d’aller jusqu’à la sérialisation 

Le pack Codinga déjà été largement déployé dans le domaine pharmaceutique. Au cœur, on y trouve le logiciel CoLOS Enterprise. Il permet de relier et de contrôler l’ensemble des imprimantes Makem-Imaje installées sur des lignes de conditionnement. « Ce logiciel permet d’optimiser le process de marquage-codage, de sécuriser la saisie de données, de réduire les interventions manuelles et de diminuer les coûts » souligne Nicolas Lemaire. CoLOS Enterprise permet la création d’étiquettes et peut s’interfacer avec les systèmes d’information de l’entreprise de type base de données ou ERP. De cette façon, toutes les informations réglementaires de type numéro de lot, date d’expiration et code produit CIP13 peuvent être transmises directement à toutes les imprimantes tout au long d’une même ligne de production, sans risque d’erreur. Le logiciel dispose aussi d’une option « High Security » pour répondre aux exigences de la norme 21CFR11 grâce à l’ajout de signatures électroniques et la mise à disposition d’Audit Trails. Nicolas Lemaire insiste sur le fait que le pack Coding est une suite de « produits logiciels sur étagères », néanmoins très flexibles et configurables à loisir en fonction des besoins des clients.

Avec la deuxième composante de CoLOS 5.0 -le pack Traceability -, Markem-Imaje va plus loin dans sa démarche afin d’aider ses clients à réduire les risques de diversion, de contrefaçon et de rappels de produits.  Déjà le premier module, CoLOS Insite étend les capacités de CoLOS Enterprise en permettant notamment une intégration et une personnalisation accrue ainsi que l’accès à des fonctions avancées de reporting.

La « vraie » traçabilité commence avec le module CoLOS Pallet Track. Conçu pour pouvoir gérer tout type d’application palette, il permet notamment d’attribuer une identité unique à chaque palette (code SSCC), indispensable pour le suivi des mouvements de palettes dans les entrepôts lors des opérations de contrôle des stocks et des processus logistiques. « On introduit ici de la traçabilité dans la mesure où l’on ne raisonne plus en numéro de lot, mais via un numéro unique attribué à chaque palette » commente le chef de produit.

Puis le module CoLOS Coding Integrity, dont l’objectif principal est de s’assurer que le bon message soit imprimé sur le bon produit, s’interface avec des systèmes Vision afin de garantir l’intégrité des produits imprimés.

Enfin avec le module ultime, CoLOS Line Traceability, Markem-Imaje garantit   une traçabilité globale avec la création d’un code unique à tous les niveaux de conditionnement : pour chaque boîte de médicament, puis pour chaque carton, et enfin chaque palette ,avec un lien entre tous ces codes. Cette traçabilité unitaire ou sérialisation, qui garantit un suivi des flux logistiques depuis le produit jusqu’à la palette, est la seule méthode capable de lutter efficacement contre la contrefaçon. Nicolas Lemaire explique que cette solution a déjà été déployée de façon significative dans le monde, notamment   dans le domaine de la cosmétique, particulièrement vulnérable à la contrefaçon. Elle est nouvelle pour le marché français et le secteur de la pharmacie, mais promise à un bel avenir avec l’annonce d’une mise en place de la sérialisation sur le marché français au delà de 2013 (date prévue d’adoption par la commission européenne).

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Une offre étoffée de services

Cette offre logicielle vient compléter le métier historique de Markem-Imaje (filiale du groupe américain Dover, 7,1 Mrds $ en 2010) dans le codage et marquage.   Les principales technologies dont il dispose sont le jet d’encre, le laser, le transfert thermique et des systèmes d’impression-pose d’étiquettes. Dans le domaine pharmaceutique, ces technologies sont utilisées sur les lignes de conditionnement pour le marquage des emballages primaires (par exemple des blisters, des sachets, des flacons), des emballages secondaires (les étuis) et des emballages tertiaires (les cartons). Lionel Ginisty, responsable de la filiale française qui emploie plus de 150 personnes pour la commercialisation des produits de Markem-Imaje, souligne néanmoins que depuis une vingtaine d’année, la profession n’a cessé d’évoluer. « Le marquage est une opération qui s’est banalisée. Il n’y a plus de révolutions en termes d’innovations. La différenciation entre les acteurs se fait désormais sur la notion de services » explique le dirigeant. Le groupe soigne donc tout particulièrement ses prestations « avant vente », en misant sur le conseil et l’expertise technique. « Depuis la fusion d’Imaje et de Markem, nous disposons de toutes les technologies de marquage. Nous sommes en mesure d’aider nos clients dans le choix de la meilleure technologie. Il arrive parfois qu’on les fasse changer d’avis » explique Lionel Ginisty. Pour cela, les équipes de Markem-Imaje réalisent des analyses de coûts complètes qui englobent non seulement l’investissement machine, mais également le coût des consommables. Le dirigeant regrette toutefois que cette logique ne l’ait pas toujours emporté dans la récente mise en place du code DataMatrix pour des médicaments à destination du marché français. « Il y a eu un rush ces deux dernières années et les industriels de la pharmacie ont souvent opté pour la facilité de mise en œuvre proposée par la technologie tête HP, plutôt que de réaliser des études complètes de coûts. On n’a pas fini de discuter sur le sujet » estime Lionel Ginisty. Côté consommables, les technologies à jet d’encre sont les plus  gourmandes, impliquant l’achat d’encre en bidons ou conditionnée en cartouche. La technologie laser nécessite des remplacements de filtres pour traiter l’extraction des fumées, et le transfert thermique l’achat de rubans. Pour convaincre ses clients, Markem-Imaje dispose également d’un parc de machines qui permettent de réaliser des essais de marquage sur les produits des clients. Ces opérations sont réalisées soit dans les locaux de Markem-Imaje, soit sur le site client. Des kits prêts à fonctionner en 15 min ont été développés à cet effet.

Une fois le contrat de vente signé, le groupe apporte encore de la valeur ajoutée à ses clients à travers l’installation des machines, un suivi technique, la formation des opérateurs, et la mise en place de contrats de maintenance. La société a même imaginé une offre globale dans laquelle le matériel de marquage est loué, la maintenance préventive et curative assurée et la fourniture de consommables gérée sans que le client n’ait à gérer ses stocks. Enfin, la gestion de « l’après vente » est réalisée au niveau d’un helpdesk de plus d’une dizaine de personnes. « Une machine de marquage ne coûte, selon les technologies, que quelques milliers voire quelques dizaines de milliers d’euros. En revanche, l’arrêt d’une chaîne de production pharmaceutique peut coûter beaucoup plus cher à un industriel » explique Bernard Deuil, directeur marketing opérationnel France. D’où l’importance de pouvoir dépanner rapidement des clients par téléphone, ou à défaut d’envoyer au plus vite un intervenant sur le terrain. « Plus de 70% des cas sont réglés par téléphone » ajoute Bernard Deuil.

L’utilisation de machines de codage et de marquage n’est pas spécifique au secteur de la pharmacie. D’ailleurs, Markem-Imaje ne réalise que 20% de son chiffre d’affaires dans ce domaine. En revanche, Lionel Ginisty y entrevoit de vastes possibilités de développement. « Le secteur de la pharmacie est une grosse cible pour nous. C’est un secteur qui se délocalise peu ou pas. Il est très exigent sur la qualité du marquage et continue d’investir » justifie-t-il. Et puis il y a les coups de pouces réglementaires. Déjà la mise en place du code DataMatrix a dynamisé le marché ces deux dernières années. La perspective de la sérialisation pourrait apporter à nouveau de belles opportunités.

JET D'ENCRE : L'UNION D'UNE MACHINE ET SON ENCRE

A Bourg-Lès-Valence, le site de production est une plateforme de référence mondiale pour tout le groupe dans le domaine du marquage jet d’encre. « Lorsqu’il y a des évolutions de produits, c’est ici que nous réalisons toutes les opérations de qualification et de validations puis nous les déployons sur les autres sites dans le monde, en Inde, aux Etats-Unis et en Chine » explique Pascal Bredy, responsable assemblage machines à la commandes. Le site abrite ainsi la production de plusieurs gammes de produits, en particulier la nouvelle machine jet d’encre 9232. Elle est dotée d’une tête d’impression améliorée qui lui confère une fiabilité à toute épreuve grâce à un taux de disponibilité pouvant aller jusqu’à 99,6 % sans assistance. La fabrication des têtes est une activité stratégique, avec notamment la délicate étape de perçage des buses de quelques dizaines de microns de diamètre. Ce perçage est réalisé en salles blanches pour garantir la qualité du marquage jet d’encre. Certaines opérations intermédiaires sont ensuite sous-traitées auprès d’acteurs régionaux, pour un assemblage final à l’usine et la réalisation des premiers essais machines (notamment un test de déverminage). Au total, 90 personnes travaillent sur ces opérations de fabrication. Parallèlement à ce savoir faire en mécanique et électronique, le marquage requiert des compétences en chimie pour la fabrication des encres. « Depuis plusieurs années, Markem-Imaje travaille sur la réduction de son impact sur l’environnement dans la fabrication de ses encres. Au niveau du groupe, nous nous sommes fixés des objectifs chiffrés de réduction de nos consommations de solvants et d’énergie » souligne Pascal Bredy. L’ activité Encres emploie une trentaine de personnes supplémentaires sur le site où la présence simultanée de la fabrication des encres et des machines témoigne de l’indissociabilité du couple encre/machine dans la technologie de l’impression à jet d’encre.

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