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Maladies infectieuses : Grippe aviaire: mobilisation générale des industriels

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Alors que la souche H5N1 du virus de la grippe est devenue l'ennemi sanitaire numéro un, les industriels multiplient les annonces soulignant leurs efforts dans ce domaine. À commencer bien sûr par Roche qui, face au succès de son antiviral Tamiflu (oseltamivir), va doubler ses capacités de production. Le groupe vient ainsi de voir l'une de ses usines américaines certifiées par la FDA pour la production du médicament. La production sur ce site devrait démarrer dans les prochaines semaines. Rappelons que le laboratoire avait déjà doublé sa production en 2004, et que les nouvelles capacités américaines avaient été annoncées en juin dernier. Ce sont ainsi plus d'une douzaine d'usines qui produisent désormais l'antiviral, dont la moitié appartient à des partenaires du groupe. Toutefois, malgré ses efforts, Roche ne pourra répondre à lui seul à la demande, alors que plus de quarante gouvernements lui ont passé commande. Le procédé de fabrication de Tamiflu est en effet particulièrement complexe et long à mettre en œuvre. Lundi dernier, la Commission européenne a réitéré son appel aux États membres pour qu'ils fassent des efforts sur les stocks d'anti-viraux, jugeant leur niveau insuffisant en cas de pandémie. Bruxelles souhaite que les États « prévoient une couverture de 25 % de la population par des médicaments antiviraux », conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Aussi, différentes pistes sont envisagées par le laboratoire en externe. Pour la première fois la semaine dernière, le laboratoire s'est ainsi déclaré prêt à accorder des licences de production soit à des gouvernements, soit à d'autres compagnies, pour mettre en place des capacités supplémentaires. Le groupe a aussi précisé qu'il n'avait eu à ce jour qu'une seule offre de collaboration présentée par un gouvernement, en l'occurrence celui de Taiwan. Le fabricant indien de génériques Cipla souhaite pour sa part fabriquer une version générique du Tamiflu. Le groupe veut commercialiser ce générique en trois mois dans les pays en voie de développement, dans lesquels le génériqueur n'enfreindrait pas les brevets de Roche. L'efficacité de Tamiflu sur la souche H5N1 n'a pour l'instant été démontrée que chez l'animal. Le médicament, qui agit en bloquant la neuraminidase, une enzyme qui permet au virus de pénétrer dans les cellules de l'organisme infecté, a été développé à l'origine par la société américaine Gilead Science, qui en a confié la commercialisation à Roche. Les partenaires sont d'ailleurs en conflit à propos de leur alliance, Gilead estimant que Roche n'a pas assez soutenu le développement de ce médicament. Roche profite néanmoins pleinement des craintes d'une pandémie. Il prévoit ainsi que le chiffre d'affaires de Tamiflu atteigne cette année des ventes comprises entre 1,1 et 1,2 milliards de francs suisses (708 à 773 M€). Ses prévisions précédentes tablaient sur un chiffre d'affaires annuel d'environ 644 M€. Et sur les neuf premiers mois de l'année, ses ventes ont progressé de 263 % par rapport à la même période de 2004. Les vaccins entrent à peine en clinique Roche n'est pas le seul à être impliqué dans la préparation à une pandémie de grippe aviaire. GlaxoSmithKline (GSK) vient ainsi de rappeler qu'il avait investi 2 Mrds $ dans de nouvelles capacités de production de son propre antiviral, Relenza (zanamivir), et qu'il va continuer à agir en ce sens. Une nouvelle ligne de fabrication de l'antiviral devrait ainsi être construite au sein de l'usine du groupe à Melbourne. Elle ne devrait être opérationnelle qu'en juin prochain. GSK commercialise Relenza sous licence accordée par le laboratoire australien Biota. Ce dernier touche 7 % des ventes du médicament. Suivant l'exemple de Gilead avec Roche, la société australienne a intenté un procès à GSK, pour les mêmes motifs. En dehors des antiviraux, GSK est aussi actif dans les vaccins. Dans ce domaine, il devrait bénéficier de nouvelles capacités en Amérique du Nord après le rachat d'ID Biomedical, en marge de l'extension de son usine allemande de Dresde, dont la taille va être doublée pour produire 70 millions de doses par an. Il a aussi annoncé l'entrée en clinique en 2006 d'un vaccin expérimental spécifique à la grippe aviaire, tout en mettant en avant son nouveau procédé de production faisant appel à la culture de cellules. De son côté, Sanofi-Aventis a déjà lancé en mars dernier un essai clinique pour un vaccin spécifique de H5N1. Et a signé fin septembre un contrat de 100 M$ avec le gouvernement américain pour sa fabrication en vrac (CPH n°311). Il a annoncé que les essais cliniques devraient être finalisés avant la fin de l'année. Il travaille comme GSK sur un procédé plus flexible que l'incubation d'œufs de poules. D'autres laboratoires ont des vaccins semblables en développement. À l'instar d'Akzo Nobel, via sa filiale spécialisée dans les vaccins Nobilon. Son vaccin candidat, qui fait appel à un procédé de production par culture de cellules, ne devrait entrer en clinique qu'au début 2006. Un vaccin administrable par voie intranasale est aussi développé par MedImmune en partenariat avec les NIH (National institutes of health) américains. Si aucun produit n'est encore homologué, on peut imaginer qu'en cas de déclaration d'une pandémie, les procédures d'évaluation, tant au niveau des vaccins que des unités de production, seront accélérées. Reste un obstacle difficilement contournable: le délai nécessaire au démarrage effectif d'une production à grande échelle. DuPont fait l'article de son désinfectant Les chimistes comptent également apporter leur pierre à l'édifice. Ainsi, DuPont a révélé qu'il enregistre actuellement une forte croissance de la demande pour son désinfectant Virkon, commercialisé par sa filiale DuPont Animal Health Solutions. Ce produit a déjà été utilisé en 1999 en Italie et en 2003 aux Pays-Bas pour lutter contre les épidémies de grippe du poulet, et en 2001, dans la lutte contre l'épizootie de fièvre aphteuse britannique. La demande pour Virkon, fabriqué par l'usine britannique de Sudburry, progresse de 10 %. Et DuPont estime qu'il peut facilement en multiplier la production de 3 à 5 fois dans un délai de 72 heures. Ainsi, lors de l'épizootie de fièvre aphteuse britannique, DuPont a fourni en moins d'un mois l'équivalent d'une année de production. Les capacités de l'usine ont déjà progressé de 20 à 30 % par an ces dernières années.

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