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MAbImprove dédie ses recherches aux anticorps

À TOURS, RAPHAËLLE MARUCHITCH

CINQ GROUPES DE TRAVAIL AU SEIN DU PROJET SCIENTIFIQUE

MabImprove est composé d'un projet formation et d'un projet scientifique. Ce dernier rassemble cinq groupes de travail :

- pharmacologie des anticorps chez l'Homme

- pharmacocinétique et biodistribution des anticorps

- pharmacodynamie des anticorps

- nouvelles pistes de ciblage

- innovations Technologiques Transversales : Imagerie et nouvelles pistes d'ingénierie

MAbImprove  dédie ses recherches aux anticorps

HERVÉ WATIER, COORDINATEUR DE MABIMPROVE.

© © MAbImprove

En mars, le laboratoire d'excellence MAbImprove a fêté sa première année de labellisation. Les projets se succèdent pour les équipes réparties entre Tours et Montpellier, dont l'objectif consiste à optimiser le développement d'anticorps.

Au titre du Grand Emprunt national, avec la mise en place du programme « Investissements d'avenir », un appel à projets compétitif a été lancé en 2010. L'objectif était de doter des laboratoires de moyens pour leur permettre de rayonner à l'étranger, en les labellisant Laboratoires d'excellence (LabEx). Le LabEx MAbImprove, à cheval entre Tours et Montpellier, fait partie des élus. « Nous avions une certaine lisibilité à l'international, mais j'avais des doutes sur notre potentielle compétitivité. Il fallait trouver une façon de dire que nous, Français, allions rattraper notre retard », se souvient Hervé Watier, coordinateur de MAbImprove, lorsqu'il évoque le dépôt de candidature. Bien le leur en a pris : un an après, de très belles perspectives de développement s'offrent au LabEx.

Le cœur du métier du LabEx MAbImprove, ce sont les anticorps monoclonaux. Les maladies que l'on traite au moyen d'anticorps sont aujourd'hui nombreuses, parmi lesquelles les lymphomes, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, la sclérose en plaques, le cancer du sein, la dégénérescence maculaire, le psoriasis ou encore l'asthme... Les anticorps couvrent des besoins de santé qui ne l'étaient pas avant leur recours. « En 2010, ils représentaient 6% du marché global (en chiffre d'affaire) du médicament de l'industrie pharmaceutique, soit 50 milliards de dollars, d'après l'OMS. Les projections du marché en 2015 font état d'une augmentation importante du marché des anticorps thérapeutiques pour atteindre 10 % du chiffre d'affaire global des médicaments », indique Arnaud Daguet, manager scientifique de MAbImprove. Or la France est à la traîne dans ce domaine. « Les chiffres manquent en France, mais on sait que l'Hexagone est le premier consommateur européen. Cependant, le territoire français ne compte qu'une usine de production d'un anticorps monoclonal, qui appartient à Novartis. D'autres industriels ont des sites de production mais uniquement destinés aux essais cliniques », complète Arnaud Daguet.

Le problème, avec les anticorps, c'est qu'il s'agit de protéines humaines. Les modèles animaux sont très limités. Le modèle clinique recommandé est le macaque, qui présente de nombreuses limites. « Nous ne pouvons pas tirer toutes les conclusions des essais sur animaux et nous arrivons aux essais chez l'homme sans filet », explique Hervé Watier.

« De meilleurs anticorps, mieux développés et mieux utilisés »

 

Le but du travail de l'équipe d'Hervé Watier est de « mieux connaître les anticorps » afin de perfectionner leurs futurs développements. En partant de la réalité clinique, d'études cliniques menées sur quelques dizaines à quelques centaines de patients, l'objectif est de revenir vers la paillasse pour arriver à comprendre le fonctionnement des anticorps. Ainsi, les investigations sont poussées, des modèles in vitro sont développés pour expliquer l'efficacité des anticorps, et en développer de nouveaux, meilleurs. « Notre originalité, qui nous confère notre compétitivité, est que nous développons une recherche chez l'Homme. Il y a maintenant en phase III beaucoup d'anticorps ayant une affinité améliorée pour le récepteur dont nous avions révélé l'importance en clinique », illustre Hervé Watier. Le "slogan" du laboratoire résume parfaitement son objectif : « De meilleurs anticorps, mieux développés et mieux utilisés ». Le travail n'est toutefois pas en concurrence avec l'industrie pharmaceutique. « Nous transférons notre savoir-faire à l'industrie, explique Hervé Watier.

En cela, il y a un versant sociétal dans notre recherche. »

Les équipes sont réparties entre Tours et Montpellier - 7 équipes à Tours, 6 équipes à Montpellier - pour un total de 200 personnes environ qui regroupe des personnes de l'Inserm, du CNRS, de l'Inra, du Centre anti-cancéreux de Val d'Aurelle, et des 3 universités de Tours, de Montpellier 1 et de Montpellier 2. Le LabEx se compose de deux projets, un projet scientifique et un projet de formation. Le projet scientifique est divisé en 5 groupes de travail (voir encadré). A travers ces différents groupes de travail, MAbImprove explore des pistes nouvelles sur la thématique des anticorps.

Le projet formation porte, quant à lui, plusieurs volets. Par exemple, depuis la rentrée 2011 à l'université de Tours, un parcours de master 2 portant sur les anticorps thérapeutiques a été créé au sein de la spécialité Infectiologie Cellulaire et Moléculaire et Vaccinologie. L'année prochaine, ce parcours deviendra une spécialité à part entière. « Il y a un besoin considérable de la part de l'industrie pharmaceutique, étaye Hervé Watier. Nous sommes également en train de réfléchir à un Diplôme universitaire. » Toujours sur ce projet, le 22 mars dernier, un Institut français des biomédicaments et des bio-actifs cosmétiques (IFBC*) a vu le jour. L'Institut a remporté l'appel à projets « Investir dans le formation en alternance », aux côtés de 15 autres projets, toujours dans le cadre des Investissements d'Avenir. Porté par le PRES - le Pôle de recherche et d'enseignement supérieur Centre-Val-de-Loire Université -, l'Institut sera une véritable force de frappe pour MAbImprove, lui aussi porté par le PRES. « Il y a deux aspects, détaille Arnaud Daguet. D'une part, l'institut de formation par alternance permettra de moderniser et d'étendre la formation en alternance pour les techniciens de l'industrie pharmaceutique. D'autre part, il y aura de la production de lots d'anticorps pour la recherche. »

A l'origine du LabEx MAbImprove, il y a le groupe de recherche (GDR) du CNRS « Anticorps et ciblage thérapeutique », créé au cours de l'année 2008, 64 équipes françaises ayant répondu à l'appel. Le GDR rassemble actuellement 90 équipes, dont un tiers d'équipes industrielles, de start-up aux groupes comme Sanofi.

Une visibilité à l'international pour la France

 

Ce réseau bénéficie d'un modeste financement qui ne peut servir à financer des programmes de recherche. La donne change avec les Investissements d'Avenir, mais impossible d'impliquer l'ensemble des équipes du GDR dans un LabEx. Malgré tout, l'idée de créer un LabEx en réseau naît. La ville de Montpellier sonne comme une évidence, de par sa complémentarité avec l'activité de Tours. Le jury international est convaincu. Le 25 mars 2011, les candidats sont labellisés officiellement. Aujourd'hui, entre les sites de Tours et de Montpellier, une dynamique a été créée.

Avec la labellisation, le laboratoire a empoché un financement qui va courir sur 10 ans, à hauteur de 8 millions d'euros. A priori, le financement sera échelonné. Cette année, le laboratoire d'excellence a touché 800 €. La somme va permettre d'acquérir du matériel de pointe - comme un équipement de visioconférence ou bientôt un automate Elisa - ou encore, d'embaucher des chercheurs à Montpellier et à Tours. Chaque groupe de travail est responsable de son budget. Le financement n'est en revanche pas destiné à être utilisé pour le fonctionnement quotidien des laboratoires. Outre l'aspect financier, un levier indéniable, Hervé Watier insiste sur la visibilité et l'identité que la labellisation a apportées aux équipes.

Il n'est pas encore défini de quelle façon, mais le LabEx MabImprove aura des comptes à rendre sur la façon dont le budget est utilisé, ainsi que les résultats obtenus. Ce qui n'a pas l'air le moins du monde d'ébranler la sérénité et la confiance des équipes.

 

* Plateau technique de 2200 m2, représentant un investissement de 20,5 M€ (plateforme technologique et logements) pour une ouverture en septembre 2014. La maîtrise d'ouvrage puis la gestion du plateau technique sont confiées par convention cadre au groupe IMT. La structure d'hébergement sera gérée par le CROUS.

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UNE SOCIÉTÉ D'ACCÉLÉRATION DU TRANSFERT DE TECHNOLOGIE EN PROJET

Afin de faire le lien entre les données et connaissances qui vont émaner du LabEx (comme la constitution de brevets, par exemple), et les sociétés de biotechnologies et industriels pharmaceutiques qui veulent utiliser ces technologies, la création d'une Société d'accélération du transfert de technologie en projet (SATT) est en cours. « L'idée, avec la mise en place d'une SATT, est d'avoir un guichet unique entre la recherche académique et les industriels », résume Arnaud Daguet, manager scientifique de MabImprove. Le LabEx est en attente de la validation du projet. La SATT serait commune aux villes d'Orléans, Poitiers, Limoges et Clermont-Ferrand.

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