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Lyofal élargit son offre jusque dans la pharmacie

Raphaëlle Maruchitch

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UNE ENTREPRISE FAMILIALE

« La politique en termes de ressources humaines est de garder les employés. En production, l'ancienneté tourne entre 10 et 20 ans. De plus, nous n'avons ni contrainte d'actionnariat ni fonds de pension », explique Emilie Ell. Fondée en 1984 par Jean-Luc Allemand, toujours p-dg de la société, Lyofal était alors centrée sur la lyophilisation alimentaire. Jean-Luc Allemand, en rencontrant l'explorateur Jean-Louis Étienne, avait travaillé à mettre au point des vivres légers pour les expéditions. L'entreprise était déjà basée à ses débuts en région PACA, à Pélissanne, non loin de Salon-de-Provence, et comptait six salariés. En 1993, l'entreprise abandonne l'alimentaire et déménage à Salon-de-Provence pour se développer. 113 personnes emménagent alors dans 1000 m2 d'usine. Deux ans plus tard, Lyofal recrute des responsables qualité et R&D. Les premiers audits clients seront réalisés en 1997. En 2005, 1000 m2 supplémentaires sont ajoutés à l'usine. Lyofal a réalisé un CA de 3 millions d'euros en 2009, avec une clientèle essentiellement européenne.

Lyofal élargit son offre jusque dans la pharmacie

LE LYOPHILISATEUR À AZOTE, LE PLUS GROS POSSÉDÉ PAR LYOFAL, PERMET DE RÉDUIRE LES TEMPS DE CYCLE.

© © Lyofal

Spécialisée dans la lyophilisation à façon, l'entreprise Lyofal déploie son offre au fil des besoins. Résultat, son parc machine traite des molécules toujours plus complexes et diverses pour le compte de clients qui cherchent à stabiliser leurs produits tout en réduisant leurs temps de cycles.

Quel est le point commun entre un masque utilisé en cosmétique, un extrait marin et un API ? Tous trois peuvent nécessiter une lyophilisation. Une technique délicate, cœur de métier de l'entreprise Lyofal, située à Salon- de-Provence (Provence-Alpes-Côte d'Azur). En février dernier, Lyofal a acquis un lyophilisateur sous microscope. D'une valeur de 30 euros, le bijou technologique va permettre de déterminer des températures critiques et ainsi de « fournir une analyse complémentaire à la résistivité électrique utilisée habituellement » des molécules à lyophiliser. Une corde de plus à accrocher à l'arc des compétences de l'entreprise car la lyophilisation est une technique délicate. « Le froid et le vide, notamment, doivent être précisément réglés », explique Emilie Ell, chargée d'affaires chez Lyofal. La lyophilisation est un marché de niche. Cette technique permet de sécher des molécules fragiles, de les stabiliser et de les conserver à température ambiante. Elle permet également d'obtenir une mémoire de forme. « La technique stoppe à un instant t la progression du temps », ajoute Emilie Ell. Une molécule lyophilisée garde le même aspect, elle ne vieillit plus. Deux types de lyophilisateurs peuvent être employés : par compresseur ou à l'azote liquide. Lyofal n'en possède pas moins de 27 au sein de son parc.

Un parc diversifié

Les surfaces évaporatoires des lyophilisateurs vont de 0,5 m2 à 31 m2. Un lyophilisateur à azote liquide a été récemment acquis. Il comporte un piège à -120°C et peut accueillir jusqu'à 800 kilogrammes de produit brut en une seule fois. « Les lyophilisateurs sont installés dans des salles blanches de classe D, C, et A dans B (ISO8, ISO7 ET ISO5) et les machineries sont à l'extérieur », détaille Emilie Ell. L'accès pour la maintenance en est ainsi simplifié. Avant d'être lyophilisées, les substances sont décontaminées puis stockées. L'entreprise travaille dans des conditions propres. Le point sensible reste d'éviter les contaminations croisées. « Pour les limiter, nous avons installé un ou deux lyophilisateurs maximum par salle. Chaque salle est elle-même distribuée par un couloir central, et il est nécessaire de passer par deux sas de décontamination avant de pénétrer en zone propre », ajoute Jean-Luc Allemand, p-dg de l'entreprise. Quant aux tenues qui servent à la lyophilisation, elles sont à usage unique. Au sortir du lyophilisateur, les produits n'attendent pas pour être conditionnés. L'extérieur de l'emballage est décontaminé et le produit est alors stocké dans des conditions plus ou moins froides, selon les besoins, en attendant de repartir chez le client. L'usine possède cinq centrales de traitement d'air qui fonctionnent en tout air neuf. « Nous pouvons lyophiliser des produits en vrac et en flacons », renseigne Emilie Ell.

Récemment, l'usine a réalisé des extensions de surface de 1 000 m2, pour « faire face à de nouvelles demandes de clients ». A cela, il faut ajouter la diversité des produits que Lyofal est en mesure de lyophiliser. Car le lyophilisateur à façon évolue en permanence, pour épouser l'évolution des demandes de ses clients. Le but est de pouvoir occuper le parc de machines au maximum. Donc de s'accommoder à la demande, qui peut être aussi surprenante que plusieurs centaines de kilogrammes de choux ! Les différentes zones de production de l'usine permettent de produire de quelques grammes à une tonne, et de quelques flacons à des lots de 50 000 flacons.

Une palette d'offres

En chimie fine, Lyofal lyophilise des solutions aqueuses et des suspensions, des mélanges hydro-alcooliques, des solutions hydrocarbonées, contenant diverses molécules chimiques. Les biotechnologies et la nutraceutique ont des besoins en bactéries, en biomasse, en végétaux et protéines. API, excipients peuvent également être lyophilisés au sein des salles certifiées BPF. La pharmacie, les cosmétiques et les biotechnologies représentent 95 % de l'activité de Lyofal. Chaque nouveau produit est un défi supplémentaire. Le service R&D peut ainsi apporter une aide à la formulation dans le cas des protéines par exemple. « Nous sommes en mesure de réaliser de la mise au point de cycles et de l'optimisation », explique Sophie Declomesnil, qui dirige le département R&D depuis 15 ans, date de sa création. Une mise en place qui affiche une volonté d'aller vers une démarche scientifique et de recherche. Détermination de la température critique par résistivité et visualisation des phénomènes de fusion et de collapse grâce au lyophilisateur sous microscope récemment acquis ; des paramètres qui vont permettre de gagner du temps au niveau du processus de lyophilisation. « Cela permet d'aller plus loin, résume Sophie Declomesnil. Les produits à lyophiliser sont de plus en plus complexes, les molécules biologiques de moins en moins stables en milieu aqueux. Avant, on y allait davantage par tâtonnement, aujourd'hui les techniques se précisent ». Lyofal propose alors ses services au stade du développement. L'entreprise peut accompagner ses clients à innover. « Nous ne sommes pas beaucoup à présenter une telle offre, précise Sophie Declomesnil. Or réussir à faire gagner une journée en temps de lyophilisation, pour un industriel, c'est énorme ». Sans compter que la justification des paramètres appliqués permet alors aux clients de constituer facilement leurs dossiers d'AMM. « Ces paramètres servent ensuite à programmer les lyophilisateurs de production pour traiter les produits des clients », précise Jean-Luc Allemand. Anticiper la demande, s'adapter à elle, faire du cas par cas, optimiser l'occupation de son parc de machines : Lyofal mise sur tous les tableaux.


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